TĂ©lĂ©phone: +33 2 35 88 11 62. Adresse : 3 place 19 Avril 1944, Rouen, Seine-Maritime, 76000. ArrĂȘts et stations de transports en commun proches. 160 m Beaux Arts. 210 m Palais de Justice. 280 m Square Verdrel. 298,575,155 stock photos, 360° panoramic images, vectors and videosEnterpriseLightboxesCartCreate an accountBuy imagesSell imagesLightboxesContact usSearch for imagesSearch for stock images, vectors and videosCaptions are provided by our detailsFile size MB MB Compressed downloadDimensions3455 x 5184 px x cm x inches 300dpiLocationPlace du 19 avril 1944, Rouen, Normandy, FranceSave up to 70% with our image packsPre-pay for multiple images and download on discountsBuy this stock image now
Personal usePersonal prints, cards and gifts, or reference for artists. Non-commercial use only, not for resale.$ or newsletters$ stock photos by tags Agendad’un lycĂ©en, semaine du 19 avril [2] Il est un peu plus de minuit le 19 avril 1944. Les 160 000 personnes vivant dans l’agglomĂ©ration dorment. En cette nuit de terreur et de dĂ©solation, pendant 50 minutes, plus de 6 000 bombes de tous calibres s’abattent sur Rouen et ses alentours. 121 n’ont pas Ă©clatĂ©. On relĂšve 285 points Rouen25, place de la CathĂ©draleCS 30666 76008 RouenTel +3302 32 08 32 40Foreign exchange office +3302 35 89 48 60Email accueil Elbeuf7 cours Gambetta76500 ElbeufTel + 3302 32 96 30 40Email lafabrique JumiĂšgesRue Guillaume le ConquĂ©rant76480 JumiĂšgesTel + 33 02 35 37 28 97Email jumieges DuclairMairiePlace du GĂ©nĂ©ral de Gaulle76 480 DuclairTel + 3302 35 05 91 50

1944 : Incendie de la tour St Romain. Un incendie touche la charpente du bas cÎté Sud, aprÚs l'incendie du quartier compris entre la cathédrale et la Seine. Dans la nuit du 18 au 19 Avril (1944), la cathédrale est éventrée par 7 torpilles dont une, tombée dans le choeur, n'explosera pas. Les bas cÎtés de la nef et les chapelles du

HISTOIRE DE L’HÔPITAL Aux origines de l’HĂŽpital » l’ancienne Maison de Saint-Yon L’histoire de hĂŽpital du Rouvray commence au XVIIIe siĂšcle avec le Couvent de Saint-Yon, administrĂ© par les FrĂšres des Écoles ChrĂ©tiennes actuel PĂŽle des Savoirs en 1740, cette maison d’éducation se dota d’un pensionnat de force » et d’une section destinĂ©e aux jeunes aliĂ©nĂ©s. Le couvent disparut Ă  la RĂ©volution 1792. Un DĂ©pĂŽt de MendicitĂ© y fut instituĂ© en 1808. Il fut remplacĂ© en 1821 par l’Hospice d’AliĂ©nĂ©s oĂč furent mises en Ɠuvre les toutes nouvelles thĂ©ories de Pinel et Esquirol. MalgrĂ© plusieurs sĂ©ries de travaux, l’hospice se trouva vite en surpopulation. Il ouvrit bientĂŽt une succursale » Ă  Quatre-Mares, matrice du futur CHR. De 1845 aux annĂ©es 1920 À la fin du XIXe siĂšcle, l’hospice Ă©tait divisĂ© en deux parties distinctes. Celles-ci furent longtemps administrĂ©es sĂ©parĂ©ment, seuls les Services GĂ©nĂ©raux et la Commission de Surveillance Ă©tant communs. Sur les terres de Sotteville, la partie nommĂ©e Quatre-Mares » Ă©tait dĂ©diĂ©e aux hommes. Elle fut Ă©difiĂ©e entre 1845 et 1854 par l’architecte GrĂ©goire, sous l’égide de Deboutteville et Parchappe. La partie orientale, connue sous le nom de Saint-Yon » et situĂ©e sur la commune de Saint-Etienne, Ă©tait dĂ©diĂ©e aux femmes. ProjetĂ©e dĂšs 1867, elle fut construite entre 1875 et 1879 sur les plans de Desmarets. Elle resta administrĂ©e par la communautĂ© des sƓurs de Saint-Yon. Bien que conçus sĂ©parĂ©ment, les deux asiles rĂ©pondaient parfaitement par le choix du site et l’ordonnancement des bĂątiments aux nouveaux standards de l’architecture fonctionnelle, hygiĂ©niste et tout particuliĂšrement aliĂ©niste Pinel, Esquirol, Parchappe. Dans un cadre champĂȘtre et aĂ©rĂ©, les malades Ă©taient ainsi sĂ©parĂ©s selon le sexe, la classe sociale et le degrĂ© d’agitation. Ils vivaient cependant isolĂ©s du monde par de longs murs et en totale autarcie. Les bĂątiments de chacun des asiles, rĂ©partis selon un plan rationnel, prĂ©sentaient alors une grande homogĂ©nĂ©itĂ© architecturale et Ă©taient agrĂ©mentĂ©s de jardins cours intĂ©rieures, vastes allĂ©es plantĂ©es, etc.. Les espaces Ă  vocation vivriĂšre cultures, vergers, pĂątures Ă©taient rejetĂ©s Ă  la pĂ©riphĂ©rie. Seuls la ferme et les ateliers se situaient au centre, Ă  la jonction des deux asiles. En effet, ces services Ă©tant communs, les travaux Ă©taient confiĂ©s aux hommes tandis que les femmes Ă©taient employĂ©es au linge. Carte postale ancienne reprĂ©sentant la grille d’entrĂ©e de l’Asile de Quatre-Mares au dĂ©but du XXe siĂšcle architecte GrĂ©goire, 1845-1854, aujourd’hui dĂ©truite. De l’entre-deux guerres Ă  la Sectorisation Les deux asiles furent rĂ©unis en une Direction commune en 1920 sous le nom de Maison de SantĂ© DĂ©partementale. Celle-ci devint HĂŽpital Psychiatrique DĂ©partemental en 1938, disposant dĂ©sormais d’un meilleur confort chauffage central, sanitaires, quoique surpeuplĂ©. Par ailleurs, l’hĂŽpital commença Ă  s’ouvrir sur l’extĂ©rieur avec la crĂ©ation d’un Service libre. Pendant la deuxiĂšme guerre mondiale, l’hĂŽpital fut bombardĂ© en 1942 et partiellement Ă©vacuĂ© en 1943. Il subit un dramatique bombardement durant la terrible Semaine Rouge 18-19 avril 1944 60 Ă  70 % de ses infrastructures furent dĂ©truites par plus de 800 bombes. Il fut partiellement occupĂ© par l’armĂ©e amĂ©ricaine jusqu’en 1946 mais des travaux intervinrent dĂšs 1944 pour qu’un service d’une centaine de lits pĂ»t rouvrir en 1945. L’aprĂšs-guerre vit la trĂšs lente reconstruction de l’hĂŽpital, en lien cependant avec les approches nouvelles de la psychiatrie et l’apparition des neuroleptiques moins d’enfermement, davantage de prophylaxie, amĂ©lioration et continuitĂ© des soins somatiques, personnel mieux formĂ©, services ouverts, structures extra-hospitaliĂšres créées dĂšs 1951 Mignot, BonafĂ©. L’hĂŽpital Ă©tait dĂ©sormais dĂ©fini par quatre entitĂ©s lui permettant d’ĂȘtre autosuffisant unitĂ©s de soins, blocs des spĂ©cialitĂ©s mĂ©dico-chirurgicales, centre social et services gĂ©nĂ©raux/administration. Il Ă©tait alors pensĂ© comme un village dotĂ© de pavillons. De petits groupes de malades y Ă©taient rĂ©partis selon la nature de leur pathologie et leur potentiel de sociabilitĂ©, avec toujours la sĂ©paration hommes/femmes. Carte postale ancienne reprĂ©sentant le bĂątiment de l’administration de l’Asile de Saint-Yon au dĂ©but du XXe siĂšcle architecte Desmarets, 1875-1879, dĂ©truit en avril 1944. De la Sectorisation gĂ©ographique 1951-1963 Ă  l’Inter-sectorialitĂ© En 1963, une importante rĂ©forme de la psychiatrie rĂ©organisa complĂštement l’offre de soins en santĂ© mentale, en crĂ©ant de nouvelles unitĂ©s correspondant Ă  un dĂ©coupage sectoriel du dĂ©partement et en dĂ©veloppant les soins extra-hospitaliers. Les consĂ©quences furent immĂ©diates avec la recomposition du plan de l’établissement non plus selon la sĂ©paration par sexe mais autour d’un zonage par type d’activitĂ©s. D’anciens bĂątiments disparurent au profit de petits pavillons modĂ©lisĂ©s Ă  l’espace fortement structurĂ©. Le projet dĂ©finitif fut adoptĂ© en 1969 et les premiers travaux menĂ©s de 1971 Ă  1972. ParallĂšlement, le cadre juridique de la sectorisation se mit en place. L’annĂ©e 1968 vit l’ouverture du Centre Autonome de Neuropsychiatrie Infantile ainsi que la mise en application de la loi modifiant le statut des hĂŽpitaux psychiatriques. L’Établissement Public DĂ©partemental vit le jour, disposant dĂ©sormais d’une commission administrative dotĂ©e d’un pouvoir de dĂ©cision. Il prit en 1973 le nom de Centre Psychiatrique du Rouvray puis en 1979, Centre Hospitalier SpĂ©cialisĂ© du Rouvray, enfin en 1991 celui de Centre Hospitalier du Rouvray ».

Veneznous rencontrer. Nous vous accueillons place St Marc, ainsi que place du 19 avril 1944. Cette seconde adresse est spĂ©cialisĂ©e dans la transaction, pour l'achat et la location. Nos mĂ©tiers et nos collaborateurs : Foncia Hauguel c’est avant tout 40 collaborateurs recrutĂ©s pour leur diplĂŽme et expĂ©rience, dont les domaines de

UNE ENTREPRISE PUBLIQUE DANS LA GUERRE LA SNCF, 1939-1945 TroisiĂšme partie Les cheminots dans la guerre et l’occupation Yves Machefert-Tassin – Le bilan des bombardements aĂ©riens des installations ferroviaires en France, leurs consĂ©quences stratĂ©giques et humaines tactiques incohĂ©rentes, rĂ©sultats discutables, victimes civiles exorbitantes et destructions Ă  long terme inutiles ? L’histoire du bombardement aĂ©rien des voies ferrĂ©es depuis la guerre 1914-1918 a pour rĂ©sultat, en 1940, une stagnation Ă©vidente et bien peu de moyens du cĂŽtĂ© des AlliĂ©s1. En revanche, la campagne de France allemande de mai 1940 prouve l’efficacitĂ© relative et la prĂ©cision des bombardements en piquĂ© Stukas ou 342 Junker 87 B, sur des objectifs de faibles dimensions, dont les installations ferroviaires fixes et mobiles. En consĂ©quence, le nombre de victimes civiles ou cheminotes est, pour cette campagne, fort rĂ©duit. Avant mĂȘme l’armistice, la rĂ©plique britannique en est le bombardement Ă  basse altitude, encore localisĂ©, des ports du Nord de la France et des voies de dessertes impliquĂ©s dans le rassemblement des barges prĂ©vues pour un Ă©ventuel dĂ©barquement allemand en Angleterre. Les premiĂšres installations du rail ainsi touchĂ©es par le Bomber Command de la RAF sont celles de Boulogne-sur-Mer dĂšs le 12 juin 1940, puis Calais, Dunkerque et Saint-Omer de 1940 Ă  19422. Cependant, lors de la campagne de mai-juin 1940, le rĂ©seau français n’avait Ă©tĂ© atteint que par des destructions mineures, ne touchant pas les ouvrages stratĂ©giques. La reconstruction, entreprise fin 1940, est achevĂ©e en 1942 pour 2 100 d’entre eux. Quelques ouvrages majeurs entiĂšrement reconstruits, tel Longeray sur le RhĂŽne, ont Ă©tĂ© Ă©pargnĂ©s par la suite en 1944, tant par l’aviation que par le minage et, Ă  l’inverse, certains, Ă©pargnĂ©s en 1940, ont Ă©tĂ© dĂ©truits par les Allemands en retraite lorsqu’ils en avaient le temps, comme dans le Nord et l’Est de la France. La difficultĂ© d’ “ asphyxier ” un adversaire par l’interruption du trafic qui le ravitaille n’est donc apparue qu’aprĂšs bien des Ă©checs. Ce n’est que bien aprĂšs 1945 que les militaires ont constatĂ© l’incohĂ©rence entre les moyens aĂ©riens qu’ils avaient dĂ©veloppĂ©s dans un but de guerre totale, de bombardements de terreur sur les zones urbaines allemandes et la faiblesse des rĂ©sultats obtenus quand ils Ă©taient appliquĂ©s aux objectifs prĂ©cis, spĂ©cifiques que sont les voies de communication, surtout ­ferrĂ©es. 1940-1943 UN ÉCHEC STRATÉGIQUE À la suite des raids aĂ©riens allemands de fin 1940 Ă  dĂ©but 1941 sur les docks de Londres, puis sur des villes industrielles britanniques, en particulier sur les usines d’aĂ©ronautique Rolls Royce Ă  Coventry, par exemple, arrĂȘtĂ©s par la bataille d’Angleterre oĂč s’illustre la chasse anglaise, une contre-attaque est lancĂ©e aussitĂŽt vers le continent. Les opĂ©rations sont locales, menĂ©es de jour et sur la zone cĂŽtiĂšre de la Manche par des bombardiers moyens, lĂ©gers et rapides bimoteurs Maraudeurs et Mosquitos. Les objectifs visĂ©s, lorsqu’ils sont ferroviaires, vont des ouvrages d’art, tel le viaduc de Morlaix, Ă  l’ouest 29 janvier 1943, 39 morts civils, Ă  quelques installations du Nord, telles Abbeville, Saint-Omer, et jusqu’à Amiens et Tergnier attaquĂ©s d’avril 1942 Ă  juillet 1943. Devant le peu de rĂ©sultats de ces raids lĂ©gers dits “ tactiques ”, le Bomber Command “ lourd ” reprend les opĂ©rations, qu’il conforme Ă  sa pratique des arrosages “ punitifs ” de grandes surfaces, comme sur les villes allemandes, puisque selon son propre chef, Harris, “ c’est la seule chose qu’ils sachent faire ”3. Ajoutons que cette dĂ©cision du cabinet de guerre britannique, qui est essayĂ©e d’avril 1942 au 8 mars 1943 sur 29 objectifs ferroviaires en France, est dĂ©jĂ  contestĂ©e par les AmĂ©ricains de l’US Air Force arrivant en Grande-Bretagne pour Ă©tablir leurs propres bases d’attaques aĂ©riennes. Mais leurs dĂ©buts se rĂ©vĂšlent dĂ©sastreux Rennes-triage, le 8 mars 1943, 10 % d’impacts sur le site SNCF et 300 morts civils, ou Rouen-Sotteville et, pour servir la vanitĂ© d’Ira Eaker et de sa 8e USAF, les essais infructueux de coupure de la liaison vers l’Italie Marseille-Vintimille, par des attaques multiples du viaduc d’AnthĂ©or. Il faudra 6 expĂ©ditions successives Ă  partir de 1943, relayĂ©es par la RAF tout aussi malhabile, pour finir par encadrer le viaduc d’Agay, pris pour celui d’AnthĂ©or le 12 fĂ©vrier 1944 ! Si, au sol, les dĂ©gĂąts civils sont relativement minimes, il en est de mĂȘme du point de vue ferroviaire, puisque quelques cratĂšres sur la voie interrompent seulement de quelques heures Ă  quelques jours une liaison majeure germano-italienne. De tels rĂ©sultats conduisent Ă  l’abandon de toute idĂ©e d’attaques sur les ouvrages d’art. Il sont trop difficiles Ă  atteindre par les bombardiers lourds Ă  haute altitude et l’on ne pense pas Ă  dĂ©velopper les attaques en piquĂ© en utilisant les bimoteurs rapides existants. Qu’en est-il de la dĂ©fense passive des installations de la SNCF ? Si les AlliĂ©s n’ont dĂ©veloppĂ© leurs moyens de bombardement qu’à partir de 1943, en revanche le continent avait renforcĂ© ceux de sa dĂ©fense passive depuis 1939 et, parfois, dĂšs 1937. En France, avant mĂȘme la crĂ©ation de la SNCF en 1937, les autoritĂ©s militaires demandent aux rĂ©seaux d’effectuer des “ travaux de protection des carrefours ferroviaires contre les attaques aĂ©riennes, car ils sont essentiels pour la continuitĂ© des transports militaires ”. C’est ainsi que des installations importantes sont pourvues, en 1938 et 1939, d’abris bĂ©tonnĂ©s d’urgence, enterrĂ©s ou en surface, gĂ©nĂ©ralement de petite surface 4 Ă  20 mÂČ, soit pour 4 Ă  20 hommes. Le toit, d’environ 1 m Ă  1,5 m d’épaisseur, ne peut rĂ©sister qu’aux bombes explosives de 300 kg considĂ©rĂ©es comme le maximum de l’époque ! ; en revanche, ces abris sont Ă©quipĂ©s le plus souvent pour rĂ©sister aux attaques chimiques par gaz de combat. Des variantes, abris simplifiĂ©s dits individuels, prĂ©fabriquĂ©s, Ă  toiture conique, aussi bien que des abris plus importants, pour 20 Ă  40 personnes, sur les sites oĂč la main-d’Ɠuvre est plus nombreuse bĂątiments administratifs, ateliers, apparaĂźtront de 1939 Ă  19444. Les consĂ©quences des tergiversations de la RAF et de l’USAF et le rapport “ Butt ” Les rĂ©sultats dĂ©sastreux des attaques aĂ©riennes de jour Ă  haute altitude de l’USAF en 1943, mĂȘme si la chasse adverse est faible, conduisent la RAF Ă  essayer de son cĂŽtĂ© quelques raids de jour, avec des bombardiers moyens et rapides accompagnĂ©s de chasseurs jusqu’à ce que la maĂźtrise de l’air sur la Manche leur soit assurĂ©e. En principe complĂ©mentaires des raids “ lourds ” de nuit, ils concernent des objectifs ferroviaires trĂšs divers, comme Ă  Caen 10 fĂ©vrier 1943 puis Ă  Tours fĂ©vrier 1943 oĂč interviennent des formations de Mosquitos Ă  trĂšs basse altitude. Devant le peu de rĂ©sultats obtenus, la RAF revient aussi aux bombardiers lourds sur Modane 17 septembre et 11 novembre 1943 avec non moins de 340 appareils. Ici encore les rĂ©sultats sont ambivalents, sinon nuls interruptions de circulation allant de un Ă  quatre jours, au prix de nombreuses vies humaines, tant cheminotes que civiles, et d’équipages5. Le comble est atteint avec le raid avortĂ© de 548 appareils du 5 dĂ©cembre 1943, dont 3 seulement trouvent l’une de leurs multiples cibles, au coĂ»t de 9 appareils disparus pour rien. À la suite de ces rĂ©sultats qui commencent Ă  se savoir, Churchill demande un rapport “ civil ” qui porte le nom de son auteur principal “ D. N. Butt ”, basĂ© sur les rĂ©sultats des raids de nuit de toutes catĂ©gories mais principalement sur l’Allemagne. Ses conclusions sont d’une sĂ©vĂ©ritĂ© sans appel pour le Bomber Command britannique. Elles rĂ©vĂšlent les dĂ©fauts de principe d’une stratĂ©gie qui consiste en flux opĂ©rationnels longs, de ce fait trĂšs risquĂ©s pour les derniers avions, ainsi que l’inefficacitĂ© complĂšte du Carpet bombing “ en tapis ” ou “ de surface ” , d’une dispersion et d’une imprĂ©cision faciles Ă  constater sur les reconnaissances photographiques postĂ©rieures malgrĂ© la prĂ©cision des “ marquages ”6. Churchill, dĂ©but 1943, se pose donc sĂ©rieusement la question continuer ou arrĂȘter ? La question d’éthique des reprĂ©sailles de terreur sur des objectifs civils n’est guĂšre abordĂ©e, bien que les voix de quelques lords et de l’évĂȘque de Chichester s’élĂšvent en ce sens. Churchill est presque contraint par l’état-major de la RAF qui n’a aucun autre moyen d’attaque, et en l’absence d’alternative disponible que seraient des chasseurs-bombardiers lĂ©gers et rapides, de persister dans la voie de l’ “ ar­rosage ” nocturne, approximatif, “ de surface ”. Harris “ the Bomber ” gagne ainsi le maintien officiel de l’espoir d’atteindre le moral des troupes par la destruction des maisons et par la “ terreur des familles ”. Mais il atteint aussi ses Ă©quipages, qui dĂ©couvrent que la DCA n’est pas rĂ©servĂ©e Ă  des zones militaires quasi inaccessibles comme la base de Cherbourg, presque jamais attaquĂ©e. L’ANNÉE 1944 Les grandes opĂ©rations prĂ©paratoires au dĂ©barquement mars Ă  juin 1944 Quel est exactement le plan alliĂ© ? Le gĂ©nĂ©ral Eisenhower le prĂ©cise “ C’est la dislocation des lignes de communications ennemies sur une zone bien plus Ă©tendue que la rĂ©gion mĂȘme du dĂ©barquement [
]. Durant la pĂ©riode de prĂ©paration, soit seulement en mai 1944, des forces aĂ©riennes tac­tiques seront utilisĂ©es contre les objectifs ferroviaires. ” Cela n’est pas du goĂ»t du Bomber Command Harris car ces forces aĂ©riennes tactiques reprĂ©sentent environ 2 400 chasseurs ou chasseurs-bombardiers et 700 bombardiers lĂ©gers alors qu’existaient dĂ©jĂ  4 000 bombardiers lourds. Par ailleurs, ce n’est pas de gaietĂ© de cƓur que le gĂ©nĂ©ral Eisenhower se dĂ©cide Ă  dĂ©truire le systĂšme des communications françaises, dont il espĂšre bien pouvoir se servir, Ă  son tour, pour progresser vite, alors que F. D. Roosevelt y Ă©tait indiffĂ©rent7. “ Je me rendais compte, Ă©crit-il, que les attaques contre les gares de triage et les centres ferroviaires par les forces stratĂ©giques et tactiques entraĂźneraient de nombreuses pertes de vies françaises. En outre, une trĂšs importante part de l’économie française serait incapable de fonctionner pendant un laps de temps considĂ©rable [
]. NĂ©anmoins, pour des raisons purement militaires, j’ai considĂ©rĂ© que le systĂšme des communications françaises devait ĂȘtre disloquĂ©. ” Et il obtient gain de cause, cette fois, contre Churchill qui craignait des rĂ©actions justifiĂ©es8. Reportons-nous en mars 1944. Ce qu’il faut obtenir, c’est “ l’encagement du champ de bataille ”. Les Ă©tats-majors allemands, mais non la Luftwaffe, sont persuadĂ©s que l’invasion se fera par le Pas-de-Calais. Ils y ont maintenu et concentrĂ© la 15e ArmĂ©e, tandis qu’en Normandie ils n’ont groupĂ© que dix divisions, dont une blindĂ©e. Les AlliĂ©s doivent donc empĂȘcher la 15 e ArmĂ©e et les autres rĂ©serves de se dĂ©placer vers la Normandie durant les opĂ©rations ou du moins retarder leur progression et maintenir les Allemands dans le doute sur le lieu du dĂ©barquement, tout en coupant l’accĂšs aux installations de V1 et V2 qui viennent d’ĂȘtre identifiĂ©es. La campagne s’ouvre, en mars 1944, par des bombardements sur le rĂ©seau ferroviaire du Nord-Ouest de l’Europe. L’état-major de l’Air alliĂ© a Ă©tabli l’ordre de prioritĂ© suivant 1 / ponts principaux ; 2 / nƓuds ferroviaires et installations – dĂ©pĂŽts, plaques tournantes [sic], – postes d’aiguillage, – commande-signaux [sic], – gares de triage ; 3 / trains mitraillage. À partir de la mi-avril, les bombardiers des forces aĂ©riennes stratĂ©giques abandonnent les objectifs lointains allemands pour concentrer leurs attaques sur les rĂ©seaux ferroviaires français et belge. Les points visĂ©s sont en premier lieu LiĂšge, Namur, Mons, Charleroi, Arras, d’une part, les gares de triage de la rĂ©gion parisienne, d’autre part. Le commandement alliĂ© a, en outre, prĂ©vu l’établissement d’une “ ligne d’interdiction ” par la rupture des ponts sur la Seine entre Paris et Le Havre. À partir du 27 mars, ce plan entre en application. Afin de tromper les Allemands sur le lieu de dĂ©barquement, cette premiĂšre ligne d’interdiction est bientĂŽt doublĂ©e d’une seconde qui longe le canal Albert et la Meuse. L’attaque des objectifs ferroviaires et routiers doit atteindre son paroxysme au mois de mai. Elle porte sur quatre secteurs distincts — entretien des destructions sur la ligne LiĂšge, Mons, Arras et attaques dans le quadrilatĂšre Rouen, Paris, MĂ©ziĂšres, Dunkerque servant aussi d’accĂšs aux installations V1 et V2 ; — rupture des ponts routiers et ferroviaires sur la Meuse et la Seine ; — bombardements sur les centres ferroviaires de l’Allemagne occidentale Hamm, Aix-la-Chapelle, TrĂšves, Mannheim, du Luxembourg et de l’Est de la France Épinal, Thionville, Belfort, Mulhouse, Strasbourg ; — attaques des installations ferroviaires dans la rĂ©gion de la Loire OrlĂ©ans, Tours, Nantes, Saumur et dans le Sud-Est de la France Nice, Avignon, NĂźmes. On note, cependant, que ce programme fait l’objet de vives controverses, trĂšs directes, entre les principaux responsables anglais et amĂ©ricains, y compris entre Churchill et Eisenhower. HĂ©sitations tactiques et rĂ©sultats La conception amĂ©ricaine du bombardement dit “ de prĂ©cision ” parce qu’il Ă©tait supposĂ© devoir atteindre son but, Ă  haute altitude et de jour, en formation serrĂ©e et sans escorte, est vite rĂ©duite Ă  nĂ©ant par la chasse de la Luftwaffe. Outre les effets des attaques sur le moral des civils touchĂ©s, elle entraĂźne des pertes excessives en appareils et Ă©quipages en octobre 1943, un tiers du 8e Bomber Command USAF fut dĂ©truit en une semaine. La RAF reprend alors des opĂ©rations nocturnes, relayant ou remplaçant l’USAF. Jusqu’en juin 1944, les opĂ©rations menĂ©es par les deux armĂ©es de l’air concurrentes sont entiĂšrement distinctes, la coordination ne venant qu’aprĂšs le dĂ©barquement ! Ce qui ne suffit pas Ă  expliquer certaines incohĂ©rences des raids ferroviaires. À quoi aboutissent ces dĂ©bats, vus du rail et du sol, dans la rĂ©alitĂ© des faits ? En fĂ©vrier-mars 1944, les Anglais doivent renforcer, sous le nom de leurre de Fortitude, leur protection contre les armes de reprĂ©sailles en cours d’ins­tallation au Nord-Ouest de la France. Un dĂ©barquement en Pas-de-Calais de­vient incertain. Ils doivent aussi assurer avec les AmĂ©ricains la prĂ©paration de la tenaille d’Overlord entre Seine et Loire. La rĂ©ponse Ă  ces obligations tient dans les premier raids aĂ©riens massifs sur les cibles ferroviaires dĂ©signĂ©es par le nom, gĂ©nĂ©rique, de “ triages ” français, regroupant 80 installations de la SNCF aussi diverses, en dehors des triages eux-mĂȘmes, que faisceaux de garage, ateliers d’entretien du matĂ©riel roulant, dĂ©pĂŽts de locomotives, mais aussi gares de marchandises, bifurcations, ensuite seulement les ouvrages d’art. Cette premiĂšre vague de prĂ©paratifs pour Overlord est censĂ©e brouiller les pistes et Ă©viter de dĂ©voiler les vĂ©ritables zones choisies pour le dĂ©barquement. L’offensive commence par “ 27 triages ”. AprĂšs les essais prĂ©cĂ©dents, regrettables Ă  tous points de vue, y compris leur inutilitĂ©, qui ont marquĂ© 1943, c’est Le Mans-triage qui dĂ©bute la sĂ©rie en mars 1944. Bien que l’objectif soit rĂ©putĂ© facile Ă  atteindre parce que les habitations sont Ă©loignĂ©es, que la dĂ©fense au sol et la chasse allemande sont rĂ©duites, le succĂšs reste douteux9. Les destructions ferroviaires utiles Ă  court terme du point de vue militaire sont presque nulles, les relevĂ©s aĂ©riens le prouvent dans ce cas comme dans les suivants. De ce fait, la rĂ©pĂ©tition de ces raids lourds devient impossible Ă  Ă©viter. Comme ils sont difficiles Ă  organiser, donc espacĂ©s en temps, la reconstruction partielle des itinĂ©raires de voies essentielles peut ĂȘtre menĂ©e Ă  bien entre deux raids, ce qui ne gĂšne guĂšre les transports militaires, sinon en ralentissant de quelques jours les ravitaillements. Curieusement, Ă  la mĂȘme Ă©poque, des raids extrĂȘmement prĂ©cis sont lancĂ©s contre les stations de radars allemands 40 sur 47, dispersĂ©s de Cherbourg Ă  la Belgique, dans le but d’entretenir la confusion sur les zones de dĂ©barquement. EffectuĂ©s par des chasseurs-bombardiers Typhoon ou Spitfire, ou Mosquitos parfois pourvus de fusĂ©es-bombes, ils se rĂ©vĂšlent extrĂȘmement efficaces et peuvent se rĂ©pĂ©ter et harceler l’adversaire sans risques majeurs. Quoique la rĂ©sistance française et belge connaisse, approuve et aide ces opĂ©rations, il ne semble pas, Ă  cause du cloisonnement et des luttes intestines entre Ă©tats-majors, que l’on ait pensĂ© Ă  les utiliser contre les voies ferrĂ©es avant plusieurs mois. En ce qui concerne les attaques de trains, les cheminots n’y Ă©taient guĂšre prĂ©parĂ©s ils connaissaient leurs risques, mais ne soupçonnaient pas encore l’absence de discernement des attaquants qui allaient confondre convois militaires et civils, voies normales et voies Ă©troites. Quant aux bombardements de gares, ils n’étaient pas plus efficaces dans le cas de 30 % des objectifs atteints, la SNCF pouvait remettre en service des voies de traversĂ©e en quelques heures, sinon en quelques jours en dĂ©pit des bombes Ă  retardement. Ces constats sont valables pour tous les raids de mars Ă  juillet 1944, car, malgrĂ© les perfectionnements du ciblage par radar H2S notamment, les radios de bord et d’identification IFF sont trop bavardes, et permettent aux radars allemands de diriger avec plus de prĂ©cision la chasse nocturne. Celle-ci est pourvue, dĂšs fĂ©vrier 1944, de radars de pistage prĂ©cis SN2 qui Ă©quipent 480 appareils JU88 et ME110 en avril et de nouveaux canons obliques qui tiennent compte des angles morts des bombardiers britanniques. S’ensuivent des pertes atteignant, selon l’aveu mĂȘme des Anglais, une “ quantitĂ© presque insupportable ”, qui vont durer jusqu’à la mise en service des chasseurs d’accompagnement Ă  grand rayon d’action type P51 Mustang permettant aux AmĂ©ricains de prendre le relais des raids diurnes en juin-juillet. Mais auparavant, bien des citĂ©s cheminotes, voisines des objectifs “ rail ”, comptent des destructions d’habitations considĂ©rables. Bien que les familles se dispersent, la nuit, loin des cibles, il y a encore trop de victimes civiles. Citons les exemples de Tergnier, Aulnoye, Laon, Lens ou Lille-DĂ©livrance au nord, en rĂ©gion parisienne Vaires10, Villeneuve-Saint-Georges, Juvisy et Trappes ; plus Ă  l’ouest et au sud, Rouen-Sotteville, Le Mans, Saint-Pierre-des-Corps et Les Aubrais. Les comptes rendus d’observations des rĂ©sultats des Ă©quipages alliĂ©s en fin de mission se signalent par leur optimisme, exagĂ©rĂ© comme le rĂ©vĂšlent les photos aĂ©riennes prises ensuite, dĂ» surtout aux faibles pertes qui caractĂ©risent les objectifs ferroviaires Ă  cette Ă©poque 1,1 Ă  1,5 % des appareils. À l’opposĂ©, cĂŽtĂ© SNCF, la tendance des rapports, qu’ils soient ou non officiels, et prĂ©vus pour des usages multiples, est aussi d’amplifier les dĂ©gĂąts – il s’agit d’éviter la rĂ©pĂ©tition des bombardements et les prĂ©lĂšvements de matĂ©riel intact – tout en Ă©valuant assez justement les temps de remise en Ă©tat des voies principales. La SNCF peut ainsi rĂ©clamer un maximum de matiĂšres et de matĂ©riels de remplacement aux occupants11 en arguant des longueurs totales de voies atteintes par les bombes, alors que le rapport entre voies nĂ©cessaires Ă  la continuitĂ© du rĂ©seau et voies de garage est de 1 Ă  10, voire de 1 Ă  20. La multiplication des objectifs et leur importance entraĂźne une montĂ©e trĂšs rapide des effectifs employĂ©s sur les chantiers de remise en Ă©tat, cheminots et civils de diverses provenances. Ils passent de 4 000 en avril Ă  plus de 15 000 courant mai au rĂ©seau Nord, de 3 000 Ă  7 ou 9 000 Ă  l’Ouest. Le total atteindra 65 000 pour toute la SNCF. La RĂ©sistance est consciente de cette augmentation du nombre de victimes potentielles alors que l’état-major aĂ©rien britannique ne la prend que peu en compte. Dans tous les cas il n’est pas en mesure de changer rapidement de tactique, alors qu’Overlord se profile dans moins de trois mois. On constate alors que sur 26 attaques aĂ©riennes majeures, impliquant 4 264 bombardiers et le lĂącher de 15 290 t de bombes, explosives pour la plupart, 15 Ă  25 % selon le succĂšs du raid atteignent leurs objectifs, au sens large. Les pertes en avions, qui restent beaucoup plus Ă©levĂ©es sur l’Allemagne, oĂč est concentrĂ©e la majoritĂ© des dĂ©fenses, restent trĂšs faibles sur les objectifs ferroviaires français 1,5 Ă  2,3 % du nombre d’appareils, ce qui reprĂ©sente nĂ©anmoins plus de 1 000 manquants, morts, prisonniers ou disparus cĂŽtĂ© AlliĂ©s, davantage amĂ©ricains que britanniques. À la veille du D Day, les observateurs voient pour un rare moment correspondre le taux estimĂ© de “ coups au but ” Ă  la rĂ©alitĂ©. C’est au prix de la mort de prĂšs de 2 000 civils et cheminots et de la destruction de 14 000 maisons ou immeubles. DU BILAN PROVISOIRE DU 6 JUIN 1944 AU BILAN DÉFINITIF Retarder les transports allemands Le “ prix ” humain Ă  payer est alors considĂ©rĂ© par les Britanniques comme infĂ©rieur aux prĂ©visions, mais les rĂ©sultats des opĂ©rations le sont aussi ils jugent qu’elles ne sauraient retarder suffisamment les renforts allemands. C’est pourquoi on passe en juin 1944 Ă  des opĂ©rations tactiques, ponctuelles, concernant davantage les ouvrages d’art que les voies elles-mĂȘmes comme les observateurs au sol le demandaient depuis longtemps. Le rendement global du systĂšme ferroviaire français contrĂŽlĂ© par l’Allemagne tombe assez bas pour que le ravitaillement de l’armĂ©e et de l’organisation Todt rencontre des difficultĂ©s considĂ©rables pour parvenir d’Allemagne en France, alors que le trafic est encore trĂšs actif Ă  la Deutsche Reichsbahn. Les mouvements de troupes postĂ©rieurs Ă  l’invasion du 6 juin subissent des retards importants et des dĂ©routements de plusieurs centaines de kilomĂštres sont imposĂ©s aux troupes en cours de transport par rail12. En fĂ©vrier 1944, l’ensemble de l’organisation des transports allemands en France reprĂ©sente un trafic de 60 Ă  70 trains par jour circulant entre l’Allemagne et les cĂŽtes françaises de Dunkerque Ă  Nantes. À la fin d’avril, il ne passe plus que 48 trains par vingt-quatre heures. Fin mai, le trafic tombe Ă  32 par jour dont 12 convois de charbon sarrois 20 trains seulement restent disponibles pour la troupe, ce qui suffit en certains cas pour acheminer les renforts. Ici encore, ce ne sont pas les attaques des gares et du matĂ©riel qui ont Ă©tĂ© efficaces, mais les goulets d’étranglement provoquĂ©s et, surtout, entretenus sur la Seine et la Loire par les attaques des ouvrages d’art. Autres objectifs, qui poursuivent des buts tactiques, sont les mitraillages de convois, bombardements de pleine voie et de petites gares oĂč sont dispersĂ©s les matĂ©riels les reconnaissances aĂ©riennes ont permis aux observateurs de reconnaĂźtre enfin que le matĂ©riel roulant “ sensible ” trains-parcs, trains de secours13, et surtout locomotives avait Ă©tĂ© dispersĂ© pour le sauver des destructions massives des “ nƓuds ” ferroviaires14. L’USAF recommande donc des opĂ©rations multiples et dispersĂ©es, diurnes, Ă  basse altitude plutĂŽt que l’énorme gaspillage de moyens que reprĂ©sentent des raids nocturnes “ en surface ”. Cependant les premiers essais amĂ©ricains Ă  partir des bases britanniques, puis ceux depuis l’Afrique du Nord vers la Provence, effectuĂ©s Ă  moyenne altitude pour protĂ©ger les appareils, sont tout aussi peu efficaces, qu’ils s’agisse de leurs rĂ©sultats militaires Ă  court terme ou des destructions et pertes de vies civiles. L’incomprĂ©hension des motifs des actions aĂ©riennes domine chez les ­cheminots, alors qu’on dĂ©nombre Ă  l’étĂ© 16 600 logements SNCF atteints dont 6 800 sont irrĂ©parables comment les AlliĂ©s articulaient-ils destruction matĂ©rielle Ă  long terme et action militaire Ă  court terme ? Bien qu’ils soient frĂ©quemment rĂ©sistants ou qu’ils appuient la RĂ©sistance, et en contact avec Londres, les cheminots rĂ©agissent brutalement aux bombardements alors qu’ils se mobilisent pour rĂ©unir des informations Ă  propos des armes secrĂštes V1 Ă  V3 et des lignes ferroviaires qui permettent leur approvisionnement, ce qui est aussi risquĂ© pour eux. Les actions tactiques complĂ©mentaires Depuis 1942, d’autres actions localisĂ©es ont Ă©tĂ© menĂ©es par des formations plus lĂ©gĂšres, mitraillages ou tentatives pour endommager les installations Ă©lectriques fournissant Ă©nergie et courant de traction. Citons, Ă  titre anecdotique, le lĂącher, dĂ©but 1943, de groupes de ballonnets sphĂ©riques traĂźnant des filins d’acier. LancĂ©s depuis la Grande-Bretagne par vent nord-ouest favorable, ils Ă©taient censĂ©s provoquer des courts-circuits des lignes Ă  haute tension, voire des ruptures. Les rĂ©sultats Ă©tant ridicules par rapport aux moyens mis en Ɠuvre, les AlliĂ©s en reviennent, Ă  l’étĂ© 1943, aux opĂ©rations aĂ©riennes clas­siques contre des postes haute tension et des sous-stations. La consommation mensuelle d’énergie haute tension de la SNCF reste la mĂȘme jusqu’en mars-avril 1944 et ne chute vraiment, dans un rapport de 10 Ă  1, que de juin Ă  octobre 1944. Les destructions sont moins en cause que la rĂ©duction dĂ©libĂ©rĂ©e des circulations de trains Ă©lectriques. La part des actions sur les postes ou sous-stations l’emporte sur celle des opĂ©rations aĂ©riennes dans les destructions totales, qui restent faibles15. Seule exception, peu comprĂ©hensible, les installations Ă©lectriques de la ligne Paris-Le Mans sont visĂ©es dĂšs le 18 avril 1943 par 650 bombes qui tombent autour des 4 sous-stations successives de Chartres au Mans, dont 2 seulement sont touchĂ©es. La SNCF tire de cet Ă©chec relatif des conclusions qui ne semblent guĂšre comprises Ă  Londres, Ă  savoir la dispersion, pour les mettre en rĂ©serve, de tous les seconds groupes Ă©lectriques et du matĂ©riel alors difficile Ă  rĂ©approvisionner. C’est Ă  la suite des incessantes attaques des sous-stations de pleine ligne Ă  partir d’avril 1944 jusqu’à 8, plus 5 mitraillages Ă  CondĂ©-sur-Huisne d’avril Ă  juillet 1944 et des coupures de catĂ©naires que la SNCF rĂ©duit la traction Ă©lectrique sur cette ligne de mai Ă  fin aoĂ»t, entraĂźnant un ralentissement opportun du trafic, y compris militaire. En revanche, sur le rĂ©seau Sud-Ouest, moins systĂ©matiquement visĂ©, bien que les postes d’interconnexion “ Nord ” de Chevilly et de Chaingy aient Ă©tĂ© mis en partie hors service dĂšs le 3 octobre 1943 le courant est coupĂ© quelques heures entre Juvisy et les Aubrais, la traction Ă©lectrique est maintenue et la rĂ©paration des catĂ©naires prĂ©cĂšde souvent la rĂ©fection des voies. AprĂšs le 6 juin, les cheminots voient bien l’intĂ©rĂȘt de paralyser, momentanĂ©ment et sans prĂ©avis, ou parfois dĂ©finitivement, la traction Ă©lectrique des lignes susceptibles d’amener des renforts en Normandie, Ă  condition de ne pas apporter de dĂ©gĂąts irrĂ©mĂ©diables aux installations. Il fallait adapter les mé­thodes de sabotage, aviser la rĂ©sistance extĂ©rieure au rail et l’aviation alliĂ©e de cette rĂ©serve. Il Ă©tait suggĂ©rĂ© Ă  Londres, pour permettre la reprise rapide du trafic plus tard, de ne plus recourir aux bombardements aĂ©riens aveugles sur les installations de traction Ă©lectrique. RĂ©parer, reconstruire Afin de prĂ©venir de nouveaux dĂ©gĂąts et prĂ©voir l’avenir, tout en essayant de s’assurer des rĂ©serves de matĂ©riel “ sensible ” ou difficile Ă  renouveler, la SNCF dĂ©cide, dĂšs 1943, de crĂ©er 24 “ trains-parcs ” constituĂ©s d’équipes de districts Voie, de stocks de secours et de matĂ©riel de dĂ©pannage, de matĂ©riaux empruntĂ©s aux rĂ©serves allemandes bien connues des cheminots. 135 000 journĂ©es d’agents affectĂ©s aux trains-parcs sont utilisĂ©s pour la seule RĂ©gion Ouest dĂšs 1943. Ils remplacent cette annĂ©e-lĂ  60 000 traverses et prĂšs de 100 km de rails sur un total de 150 000 traverses et 186 km de rails pour l’ensemble du rĂ©seau. Les Ă©quipes sont prĂȘtes pour 1944, mais sans se douter encore de l’énormitĂ© du travail qui va se prĂ©senter, d’autant plus dĂ©licat Ă  mener qu’il fallait alors rĂ©parer en provisoire, sans passer de suite au dĂ©finitif. L’ACCOMPAGNEMENT DE LA PROGRESSION DES ARMÉES ALLIÉES JUIN-AOÛT 1944 ET LA RECONSTRUCTION PROVISOIRE DES INSTALLATIONS FERROVIAIRES Ouest et rĂ©gion parisienne AprĂšs le 6 juin, les bombardements aĂ©riens prennent de l’ampleur, mais prĂ©sentent plus de discernement dans le choix de leurs objectifs. La crainte de l’arrivĂ©e des renforts allemands vers la Normandie impose le maintien du blocus des voies ferrĂ©es d’accĂšs par la coupure des ouvrages d’art importants des bassins de la Seine et de la Loire, si bien que les opĂ©rations tactiques, Ă  effet immĂ©diat, prennent enfin le pas sur les destructions “ en surface ” des triages, dĂ©pĂŽts et ateliers. Mais le manque de prĂ©cision des bombardiers, enclins par ailleurs aux dĂ©lestages prĂ©maturĂ©s pour mieux manƓuvrer afin d’éviter la chasse adverse, continue de causer des destructions civiles dĂ©sastreuses. Alors que le rythme des bombardements Ă  objectifs ferroviaires s’élĂšve en juin 6 Ă  27 missions par jour et en juillet 3 Ă  20, les opĂ©rations ponctuelles prĂ©dominent. Elles culminent en aoĂ»t 36 le 7 aoĂ»t, et 44 le 13 avec une majoritĂ© d’attaques et mitraillages de trains ou de petites gares, y compris les installations en voie mĂ©trique du Blanc-Argent, des CĂŽtes-du-Nord ou du Petit Anjou ! Il est vrai qu’à haute vitesse, en altitude, l’échelle est difficile Ă  apprĂ©cier16. S’y ajoutent les bombardements “ lourds ” multipliĂ©s jusqu’au succĂšs visant Ă  dĂ©truire les ponts et viaducs. Les rĂ©sultats sont spectaculaires et moins meurtriers. Citons OrlĂ©ans et le pont sur la Loire, Cinq-Mars-la-Pile, Saint-CĂŽme prĂšs de Tours, les ponts de la VendĂ©e et de Pirmil Ă  Nantes, atteints en juin et juillet 1944. De mĂȘme, tous les ouvrages de la Seine, depuis ceux de la Grande Ceinture Athis, 5 fois bombardĂ© du 27 mai au 8 juin ; Maisons-Laffitte, 6 fois du 26 mars au 24 juin ; cependant les plus grandes brĂšches n’affectaient souvent qu’une demi-largeur, si bien que les militaires ont pu utiliser la Grande Ceinture de façon permanente comme grande ligne de rocade17. Ce fait, ignorĂ© des AlliĂ©s jusqu’à ce qu’ils en profitent Ă  leur tour, rendait en partie inutile la destruction des ponts sur la Seine. D’ailleurs, sauf les exceptions mentionnĂ©es ici, la quasi-totalitĂ© des grands ouvrages d’art de la SNCF qui ont Ă©tĂ© dĂ©truits complĂštement et durablement l’ont Ă©tĂ© par le gĂ©nie militaire allemand en retraite, non par l’aviation. Provence et zone du RhĂŽne au Rhin juin-juillet 1944 Bien que nous ayons dĂ©jĂ  signalĂ© les essais de coupure du trafic vers l’Italie Ă  Modane RAF et sur la ligne de cĂŽte RAF et USAF d’AnthĂ©or Ă  Vintimille, les AlliĂ©s n’avaient guĂšre affaibli le trafic militaire ou d’intendance vers le front italien, qui atteignait plus de 20 000 t/jour, dont 14 000 par la cĂŽte. Les objectifs ferroviaires en Provence ne sont donc dĂ©voilĂ©s que fin mai. Les AlliĂ©s privilĂ©gient les opĂ©rations de jour, par l’USAF Ă  partir du 25 mai sur Carnoules et Badan 34 et 38 morts, VĂ©nissieux et AmbĂ©rieu. Suivent, quelques jours aprĂšs, Arles, puis Toulon, Montpellier, BĂ©ziers, surtout Avignon 27 mai avec 525 morts, soit autant que Coventry en 1940, la “ rĂ©fĂ©rence ” anglaise. C’est, aprĂšs une courte accalmie, le 12 juillet, encore Miramas, Arles et Balaruc, Cannes-la-Bocca, La Seyne ; le 2 aoĂ»t, encore Avignon ; le 6 aoĂ»t se renouvelle le malheureux raid de Lyon-Vaise et Croix-Rousse, Chasse, Badan, Valence, Tarascon, encore Miramas, ne laissant plus de doutes sur le dĂ©barquement de Provence et la remontĂ©e prĂ©vue ensuite des troupes par la vallĂ©e du RhĂŽne, vers le Rhin. L’USAF va alors Ă©viter, en principe, de prendre pour objectif la rĂ©gion lyonnaise et les lieux tragiques que sont dĂ©sormais Saint-Étienne qui a comptĂ© le 26 mai un maximum de 1 084 morts civils et 15 000 sinistrĂ©s sans destructions d’installations ferroviaires, Lyon-Mouche 63 morts, mais surtout Lyon-Vaise, toujours le 26 mai, avec 717 morts, 1 129 blessĂ©s et 20 000 sinistrĂ©s, pour un rĂ©sultat bien maigre, puisque sont atteints un dĂ©pĂŽt et des voies de garage de seconde importance, situĂ©s dans une zone trĂšs urbanisĂ©e. “ Sacrifices Ă©normes pour rĂ©sultats insignifiants ”, indique le cĂąble du chef rĂ©gional FFI adressĂ© Ă  Alger. A-t-il atteint les responsables de la 15e USAF ? Nous l’ignorons, puisque, par exemple, Lyon-Vaise est encore “ revisitĂ© ” le 6 aoĂ»t avec autant d’inconscience. Ce sinistre 26 mai, l’USAF manque les faisceaux de la Buisserate Ă  Grenoble 37 morts. Pire encore, Ă  ChambĂ©ry, 72 Liberators totalisent 120 morts pour 400 impacts, dont 80 seulement touchent les emprises SNCF, le reste causant 3 000 sinistrĂ©s. À Nice Saint-Roch, toujours ce fatidique 26 mai, on compte, pour 180 impacts, 384 morts et 5 600 sinistrĂ©s, pour la destruction de “ seulement ” 159 wagons et 5 locomotives, mais aussi de 30 tramways, sans parler d’un train civil atteint sur le pont du Var, avec 52 morts et 58 blessĂ©s. À croire que les aviateurs de la 15e USAF venant d’Afrique du Nord Ă©taient vraiment des dĂ©butants inconscients, ou incapables, d’autant que la chasse adverse et la dĂ©fense anti-aĂ©rienne n’étaient pas au rendez-vous de ces opĂ©rations, contrairement au Nord-Ouest de la France. Il ne leur reste aucune excuse pour ces lĂąchers incohĂ©rents, criminels et sans commentaires ­ultĂ©rieurs
 Mais les sentiments antibritanniques de la population augmentent dĂšs le lendemain, 27 mai, Ă  Marseille, Ă  tort, puisque c’est encore l’USAF-15 qui, avec moins de 120 appareils, Ă  4 000 m d’altitude, saupoudre certes les gares Saint-Charles et Blancarde de 100 bombes, mais aussi la ville et ses banlieues de plus de 700 autres bombes, lui confĂ©rant le triste privilĂšge du record absolu de victimes en un seul raid avec 1 752 morts recensĂ©s, 18 000 sinistrĂ©s, et des dĂ©gĂąts, lĂ  encore, insignifiants portĂ©s aux installations ferroviaires, visĂ©es ou non, port, gares et dĂ©pĂŽts compris. L’état des lieux jusqu’à fin aoĂ»t 1944 et la nĂ©cessaire reprise des transports par rail Les attaques aĂ©riennes s’arrĂȘtent Ă  la fin du mois d’aoĂ»t 1944, le 18 pour les bombardements majeurs. Le bilan des destructions a Ă©tĂ© dressĂ© par la SNCF plus tard. Il arrĂȘte les comptes “ Ă  la LibĂ©ration ”, date qui n’était pas la mĂȘme pour les zones successivement libĂ©rĂ©es, allant de dĂ©but juillet en Cotentin et Normandie au 9 mai 1945 sic pour la “ poche ” de Dunkerque. DĂšs le 31 mai 1944, R. Le Besnerais constatait que 29 triages sur 53 sans l’Alsace-Lorraine Ă©taient inutilisables, 70 dĂ©pĂŽts sur 167, 3 grands ateliers sur 9. Ce qui explique, en partie, une baisse de trafic de moitiĂ© par rapport aux mois de janvier Ă  mars. Certes, les difficultĂ©s de circulation, auxquelles commencent Ă  s’ajouter les coupures d’ouvrages d’art, rĂ©duisent trĂšs fortement les circulations voyageurs 20 % des valeurs 1938. Le trafic ­mar­chandises, transports allemands compris, est encore de prĂšs de 100 000 wa­gons chargĂ©s par semaine, contre 188 000 en janvier et 232 000 en 1943. Pour sa part, le trafic militaire allemand, prioritaire, dĂ©passe encore la moitiĂ© des prĂ©visions sur la rĂ©gion Ouest, il reprĂ©sente 78 % du trafic sur le Sud-Est et 82 % sur le Sud-Ouest. Mais le chiffre du Nord, 21 % seulement, semble indiquer les effets de l’opĂ©ration de dissuasion Fortitude. En effet, ces actions se conjuguent par hasard avec les opĂ©rations Crossbow dĂ©cidĂ©es en consĂ©quence des craintes britanniques de reprĂ©sailles. Grandissantes, Ă  juste titre, jusqu’à la mi-juin, elles entraĂźnent des actions continuelles sur les voies ferrĂ©es d’alimentation des trĂšs nombreuses bases de lancement des V1 350 prĂ©vues, 100 rĂ©alisĂ©es. Plusieurs milliers de ces bombes volantes, Ă  partir du 13 juin et durant tout l’étĂ©, survolent en effet le “ dĂ©troit ” de la Manche vers Londres. Les actions prĂ©ventives ou rĂ©pressives contre ces armes nouvelles, jusqu’alors sporadiques tant qu’elles Ă©taient en construction, vont occuper dĂ©sormais les unitĂ©s “ tactiques ” autant que le Bomber Command. Les opĂ©rations dites tactiques sont effectuĂ©es par de petits groupes de 3 ou 6 bombardiers moyens bimoteurs. Depuis les tentatives de 1943, ils sont moins utilisĂ©s pour des objectifs ferroviaires, sauf en reconnaissance ou encore, Ă  partir de mai 1944, pour le harcĂšlement, avec mitraillage, de tout convoi surpris en route, y compris ceux des chemins de fer Ă©conomiques aprĂšs la Normandie, la Somme et le Pas-de-Calais. Sous le nom code de RAMROD, la RAF, avec des Spitfire adaptĂ©s, Ă©quipĂ©s de roquettes aussi bien que de bombes, avait entrepris des opĂ©rations en piquĂ© Ă  moyenne altitude 3 000 Ă  1 200 m environ plus prĂ©cises que les prĂ©cĂ©dentes sur des objectifs ferroviaires18. Bien que ces raids soient ineffi­caces dĂšs que la couche nuageuse est importante, la moyenne statistique dĂ©montre qu’ils sont plus prĂ©cis et mettent moins en danger Ă  la fois les Ă©quipages et les civils ou cheminots travaillant au voisinage des coups au but. Avant mĂȘme le dĂ©barquement du 6 juin, non moins de 1 284 bombardements aĂ©riens ont frappĂ© 793 localitĂ©s en France, dont 363 attaques aĂ©riennes d’installations ferroviaires, ce qui est encore peu en comparaison des 800 raids encore Ă  venir jusqu’à fin aoĂ»t. Les pertes humaines du cĂŽtĂ© des cheminots, malgrĂ© la reprise des mitraillages de convois, sont, bien qu’éle­vĂ©es, proportionnellement trĂšs faibles par rapport Ă  celles des “ civils ”. Pour les cinq premiers mois de 1944 et plus de 232 raids, 470 cheminots sont morts et 1 100 autres blessĂ©s par faits de guerre en service. De 1941 Ă  1943 on avait comptĂ© 464 cheminots et 2 000 civils tuĂ©s pour moins de 80 raids. Mais Ă  partir de mars 1944 les bombardements “ de surface ” vont faire dix fois plus de morts civils encore autour d’objectifs ferroviaires. Des destructions mieux ciblĂ©es – mais beaucoup moins nombreuses – causent des pertes rĂ©duites, ce qui dĂ©montre bien les rĂ©sultats hasardeux des bombardements “ de surface ”. De plus, la hĂąte des occupants Ă  reconstruire au plus vite un passage, mĂȘme Ă  voie unique, dans les zones sinistrĂ©es, soit environ 200 km de voies Ă  reconstruire, requiert un nombre de plus en plus important de personnel pour travailler sur des chantiers Ă  trĂšs haut risque des bombes Ă  retardement ayant parfois explosĂ© cinquante jours aprĂšs le raid. Ce qui conduit la direction gĂ©nĂ©rale de la SNCF a Ă©crire fin juin 1944 au ministre de tutelle secrĂ©taire d’État Ă  la Production industrielle et aux Communications, Ă  l’intention des autoritĂ©s allemandes HVD, que 
 tout rĂ©cemment, plusieurs RĂ©gions ont reçu presque simultanĂ©ment de la part des AutoritĂ©s d’Occupation des ordres formels leur enjoignant d’augmenter d’urgence leurs effectifs, de maniĂšre Ă  remettre complĂštement en Ă©tat un certain nombre de grands triages pour lesquels le programme Ă©tabli en commun ne prĂ©voyait que le rĂ©tablissement minimum des voies indispensables. Sur certains points, des requis civils ont Ă©tĂ© envoyĂ©s d’office par ces AutoritĂ©s d’Occupation en vue des travaux en question. S’ensuivent des considĂ©rations sur l’incapacitĂ© de la SNCF, devant une telle demande, Ă  dĂ©passer le niveau prĂ©sent des effectifs sur les chantiers de rĂ©tablissement des circulations, “ effectif d’ouvriers de toutes conditions dĂ©passant 40 000 hommes ”19. La lettre demande en conclusion que l’on renonce aux mesures envisagĂ©es20. Nous ignorons la suite donnĂ©e Ă  cette requĂȘte, dont la satisfaction eĂ»t Ă©tĂ© de toute façon sans effet en juillet-aoĂ»t 1944. Les AlliĂ©s prĂ©voyaient d’utiliser pour leur part ces moyens dispersĂ©s, nĂ©cessaires Ă  leur progression de Cherbourg Ă  Carentan, Le Mans et Paris. Comme la reconnaissance aĂ©rienne leur permettait d’ĂȘtre informĂ©s du progrĂšs des travaux, aucune directive de sabotage ferroviaire ne fut donnĂ©e Ă  la rĂ©sistance active, sauf dans les zones de retraite des armĂ©es allemandes aprĂšs le mois d’aoĂ»t. Ce qui n’empĂȘcha pas la destruction des ouvrages par les Allemands en retraite, beaucoup plus mĂ©thodique et radicale que celle effectuĂ©e par les Français en 1940. C’est sans doute pourquoi, selon les relevĂ©s quotidiens de juillet et aoĂ»t 1944 que nous possĂ©dons pour le Sud-Ouest, les actions aĂ©riennes, bien que plus nombreuses encore qu’en juin jusqu’à 45 opĂ©rations par jour, jusqu’à 10 au seul rĂ©seau Sud-Ouest ne sont-elles plus que des attaques locales, spĂ©cifiques, de trains en circulation le plus souvent, effectuĂ©es par un groupe d’avions ou des appareils isolĂ©s. Les grosses attaques “ de surface ” concernent les gares d’approvisionnement en armes V1 et V2 du Nord-Ouest de la France. Au 31 aoĂ»t 1944, les chantiers avaient dĂ©jĂ  reçu plus de 16 600 t de ­bombes, en 94 raids depuis 1943, dont 15 opĂ©rations avec les “ Tallboys ” de 5,4 t21. Le bilan global, fin 1944 Le bilan global ne s’est alourdi cependant que modĂ©rĂ©ment, et la paralysie complĂšte du rĂ©seau ferrĂ© voulue par les cheminots, fin aoĂ»t, dans les rĂ©gions encore en pleine guerre permet aussi d’éviter de nouveaux bombardements lourds. Deux exceptions sont constituĂ©es par la RĂ©gion Est, oĂč se reportent les opĂ©rations liĂ©es au repli allemand, et les “ poches ” qui provoquent de nouvelles victimes civiles inutiles, dont des cheminots. Ces pertes sont les plus lourdes quand on les compare Ă  la valeur stratĂ©gique rĂ©elle des lieux visĂ©s, qui avait Ă©tĂ© exagĂ©rĂ©e par les Ă©tats-majors, coupables d’une erreur d’apprĂ©ciation. Nous voulons citer ici, par devoir de mĂ©moire, outre les quelques 12 000 morts dĂ©jĂ  atteints sur des objectifs strictement ferroviaires, les civils du Havre, de Royan, mais aussi de Boulogne et Calais, cette derniĂšre ayant le triste privilĂšge d’un bombardement “ ami ”, par erreur, en fĂ©vrier 1945 97 morts au lieu de Dunkerque qui Ă©tait visĂ©. Ici, il n’y eut aucune “ repentance ”, ni indemnitĂ©s posthumes. Et c’est pourquoi, fin 1945, une Ă©tude amĂ©ricaine citĂ©e entre autres par E. Florentin basĂ©e sur les premiers bilans de destructions, ceux mis Ă  leur disposition par la SNCF, conclut tardivement que “ les attaques prĂ©cĂ©dant le D. Day contre les triages français n’étaient pas nĂ©cessaires, les 70 000 t d’explosifs qui y ont Ă©tĂ© dĂ©versĂ©es auraient pu ĂȘtre affectĂ©es Ă  d’autres cibles ”22. Nous n’en voulons pour preuve que les statistiques gĂ©nĂ©rales qui colla­tionnent les donnĂ©es transmises par les RĂ©gions SNCF et les arrondissements, indiquant par exemple l’évolution du parc disponible d’engins moteurs ou celui du matĂ©riel roulant marchandises. MalgrĂ© une Ă©norme rĂ©duction, de 217 000 wagons encore thĂ©oriquement au parc dĂ©but mai 1944 Ă  moins de 174 000 en septembre, l’effectif disponible pour des transports militaires Ă©tait acceptable et n’a pas entravĂ© au degrĂ© souhaitĂ© le repli des armĂ©es allemandes vers l’Est. Les photos aĂ©riennes alliĂ©es de reconnaissance qui ont identifiĂ© de tels trains en tĂ©moignent. Les AmĂ©ricains, en aoĂ»t dans le Cotentin, ont utilisĂ© en prioritĂ© du matĂ©riel SNCF disponible, heureux de retrouver des locomotives Baldwin ou Alco de
 1918. MĂȘme si l’on prend en compte les indisponibilitĂ©s ou avaries dues aux bombardements aĂ©riens et aux ­transferts en Allemagne, les 74 000 ou 76 000 wagons “ manquant ” au parc hors Alsace-Lorraine ne reprĂ©sentent “ que ” 30 % du parc total, alors que les transports militaires nĂ©cessitent 20 Ă  25 % des wagons du parc utilisable. Ce qui montre bien, une fois de plus, l’ineptie de la “ stratĂ©gie ” de destruction des triages et des matĂ©riels garĂ©s sur leurs voies et, le plus souvent, vides. Les transports militaires alliĂ©s de l’hiver 1944 n’ont que peu manquĂ© de wagons et de locomotives, d’autant que le trafic entre les ports et les fronts ne dĂ©passait guĂšre le million de tonnes mensuelles les 500 locomotives dĂ©barquĂ©es dĂšs fin aoĂ»t Ă  Cherbourg, puis les quelques milliers de wagons en “ kit ”, ou montĂ©s qui les suivent permettent alors de passer de 12 000 t transportĂ©es quotidiennement pour les AmĂ©ricains en octobre Ă  15 000 t en dĂ©cembre et de multiplier par 8 les trains-kilomĂštres. Ce qui ne reprĂ©sente guĂšre plus de 30 trains de 1 000 t brutes, soit 2 trains par heure au plus. Mais la limite de capacitĂ© est celle des lignes Ă  voie unique, d’oĂč l’intĂ©rĂȘt pour les AlliĂ©s de remettre en service des doubles voies Ă©lectrifiĂ©es
 ce qui est fait dĂšs mi-novembre pour Paris-Le Mans23 alors que le 1er train venant de Cherbourg arrivait aux Batignolles le 30 aoĂ»t 1944 !. Pour les lignes de la vallĂ©e du RhĂŽne il en est de mĂȘme. La liaison Aix-en-Provence – Grenoble est ouverte immĂ©diatement derriĂšre la progression des troupes dĂšs le 15 septembre Ă  Sisteron, et le 25 septembre est ouverte la ligne de la rive gauche du RhĂŽne jusqu’à Lyon, de mĂȘme que Valence-Grenoble. Le rail suit donc bien les troupes, en l’absence de toute rĂ©action ennemie. POUR FINIR QUELLE LEÇON À TIRER DES BOMBARDEMENTS DE VOIES FERRÉES ? On sait que malgrĂ© les ruines, qui dĂ©passent l’imagination, des villes rasĂ©es par l’aviation alliĂ©e outre-Rhin depuis 1942, la production allemande industrielle de guerre a atteint des sommets
 en 1943-1944. Alors que la France comptait pĂ©niblement 6 000 Ă  7 000 locomotives en Ă©tat de marche fin 1944, l’Allemagne en disposait de 36 000, dont prĂšs de 11 000 Kriegsloks neuves, type 150 Ă  vapeur, puissantes et robustes, aptes au trafic lourd ou militaire, et ce n’est qu’un exemple. Faut-il conclure que les bombardements aĂ©riens ont toujours Ă©tĂ© un Ă©chec ? Certainement pas si nous considĂ©rons globalement leur rĂŽle dans la prĂ©paration et le succĂšs du dĂ©barquement et, surtout, l’appui tactique qu’il ont donnĂ© au sol Ă  la progression des troupes. Il est inutile, en revanche, de revenir sur les insuffisances de l’aviation qui devait poursuivre Ă  titre “ tactique ” le harcĂšlement nĂ©cessaire Ă  la fixation des troupes allemandes au jour “ J ” du dĂ©barquement en Normandie. Il est vrai que l’offensive fut l’enjeu de luttes intestines, d’oĂč l’incohĂ©rence apparente des opĂ©rations menĂ©es sur les cibles ferroviaires et les lourdes erreurs qu’elle a parfois entraĂźnĂ©es. Ce n’est certainement pas en annihilant les gares, les citĂ©s cheminotes et le matĂ©riel roulant de la SNCF Ă  ce moment-lĂ  que le cours de la guerre a changĂ© ; et le rĂ©sultat obtenu ne peut faire oublier la mort de 78 000 innocents en France, dont 15 000 sur des sites ferroviaires voir tableau 1. AprĂšs la bataille du rail, les cimetiĂšres alliĂ©s Selon les sources officielles, la RAF a perdu 8 655 avions en cours d’opĂ©ration, plus 1 600 en cours d’entraĂźnement ou portĂ©s disparus. L’USAF en a perdu 9 466 en tout. En hommes d’équipage, cela signifie 74 000 pour la RAF, dont 55 750 morts au combat ou par accident. Pour l’USAF, les 8e et 15 e Air Force qui nous intĂ©ressent ici ont perdu environ 30 000 hommes, au total 47 000 avec 4 750 avions perdus sur 12 731 utilisĂ©s, soit 37 % des B17, taux qui semble supĂ©rieur Ă  celui de la RAF. Le choix des AlliĂ©s, si tant est que ce fut un choix, pour les bombardiers lourds, leur a coĂ»tĂ© au total plus de 100 000 hommes jeunes et entraĂźnĂ©s24. Était-ce un sacrifice inĂ©vitable ? Le sujet reste encore contestable puisque des questions fondamentales ne trouveront de rĂ©ponse qu’avec l’accĂšs Ă  certaines archives britanniques papiers Churchill et Lindeman lord Cherwell, soit seulement Ă  partir de 2019. À une Ă©poque oĂč les acteurs ou tĂ©moins revendiquant chacun “ leur ” version de l’histoire auront disparu, le sujet pourra peut-ĂȘtre, enfin, ĂȘtre abordĂ© sans a priori ni appel aux Ă©motions vĂ©cues25. “ L’efficacitĂ© de l’impact direct l’emporte sur le tapis de bombes ” c’est l’avis des analystes, anciens ou actuels, de la stratĂ©gie comparĂ©e Ă  la tactique, en ce domaine sensible et difficile oĂč la technique a Ă©voluĂ© plus vite que la rĂ©flexion26. Il est regrettable que ces leçons durement acquises n’aient pas empĂȘchĂ©, depuis lors, d’illusoires attaques du rail en Europe. L’histoire reconnue, analysĂ©e et comprise sans passion reste encore Ă  apprendre par les pouvoirs, qui ignorent trop ses leçons. _______________ 1. Les forces aĂ©riennes françaises disposaient en 1940, avant les constructions dĂ©cidĂ©es par R. Dautry, de moins de 500 chasseurs modernes, et d’aucun bombardier rĂ©cent. La production prĂ©vue Ă©tait de 400 appareils nouveaux par an. Les Britanniques en Ă©taient au mĂȘme point avec une production prĂ©vue annuelle de 220 bombardiers. Mais ils n’en disposaient d’aucun en France, et de 130 chasseurs seulement. Au total, alors que les Allemands disposaient de plus de 1 500 bombardiers et de 1 000 chasseurs lors de la campagne de France, les AlliĂ©s ne totalisaient que 700 appareils, toutes catĂ©gories confondues. Quant aux chasseurs bombardiers capables d’attaques en piquĂ©, 342 Allemands s’opposaient Ă  54 Français et aucun Anglais voir bibliogr. [15]. 2. Boulogne-sur-Mer a vu 52 attaques aĂ©riennes se succĂ©der sur le port et les installations ferroviaires, du 12 juin 1940 Ă  fin 1941. Mais le premier raid contre une gare SNCF se place le 4 avril 1942 Ă  Saint-Omer, oĂč 12 Boston et 4 Wellington obtiennent un effet heureusement nul sur la gare, bĂątiment patrimonial, mais avec dĂ©jĂ  des morts civils. De nouvelles attaques suivent donc. La RAF s’essaie aussi, toujours en vain, sur Cherbourg 15 avril 1942, Hazebrouck 13 avril et 29 juin 1942 et mĂȘme Lille 20 juillet 1942, opĂ©rations suivies d’un rĂ©pit de prĂšs de six mois. 3. Voir Florentin [1] et Regan [17], confirmant les dĂ©clarations peu nuancĂ©es de Hastings [11]. Voir aussi Jones [14]. 4. Comme il en existe encore des vestiges de nos jours, Ă  Narbonne ou Dijon par exemple, avec la fonction de magasin pour matiĂšres dangereuses ! Signalons la tentative d’installations protĂ©gĂ©es beaucoup plus complĂštes, et complexes, dont l’abri de poste de commandement et rĂ©gulation du trafic Est parisien dĂ©nommĂ© de nos jours le “ Bunker ” rĂ©alisĂ© en juillet 1939 sous les quais 2 et 3 de la gare de l’Est Ă  Paris. Cet abri de dĂ©fense unique sur le rĂ©seau français, qui fut opĂ©rationnel, offrait 120 mÂČ protĂ©gĂ©s, et pouvait abriter 72 personnes. 5. La plupart des objectifs du rail français, sauf au Nord, Ă©taient assez Ă©loignĂ©s des terrains de la chasse de nuit allemande et surtout restaient en avant de la cĂ©lĂšbre “ ligne Kammhuber ”, barrage d’interception combinant radars, projecteurs et contrĂŽle des chasseurs de nuit, trĂšs redoutĂ© des bombardiers alliĂ©s, dont seuls les secteurs marginaux sud, dits zones 7, 8 et 9, intĂ©ressaient la France, de Givet Ă  Troyes par Rethel. De jour, bien des cibles Ă©taient proches de terrains actifs comme Laon 2 terrains de chasse, Cambrai 3, Longueau 2, Caen 2, sans parler des 64 terrains du Nord et de la Picardie ou de l’Oise. Ce fut, en partie, Ă  l’origine des dĂ©sastres de Rennes, Rouen, Lille-Lomme. Citons, plus tard, en 4 opĂ©rations avec 617 appareils, les pertes de 19 avions et plus de 150 hommes d’équipage dans la nuit du 10 au 11 avril 1944, sur Tours-Saint-Pierre, Tergnier, Laon et Aulnoye. Ces 3 % de pertes s’accompagnent Ă©videmment d’un nombre anormalement Ă©levĂ© de bombes dispersĂ©es en dehors des objectifs. 6. Il semble, aujourd’hui encore, difficile Ă  concevoir que les ordres de formation des vagues de bombardiers sur raids ferroviaires comportaient 7 Ă  12 appareils de front, soit une couverture d’au moins 500 Ă  800 m, pour atteindre, en long, des gares de largeur allant de 100 m Ă  300 m au plus
 MĂȘme en cas de faible vent latĂ©ral, la surface “ arrosĂ©e ” est toujours au moins le double de celle des objectifs correctement ciblĂ©s. De plus, dans le cas de vagues successives, si les premiers lĂąchers sont bien marquĂ©s, la fumĂ©e obscurcit complĂštement l’objectif, et dĂšs la 3e il y en avait jusqu’à 10 ! les lĂąchers Ă©taient faits au jugĂ© et au plus vite. On constate d’ailleurs des rĂ©sultats encore plus mauvais si l’attaque est perpendiculaire Ă  l’objectif exemples du viaduc d’AnthĂ©or et de certains ponts sur la Seine et la Loire. 7. Voir [23]. 8. Voir [11]. 9. Un des griefs les plus rĂ©pĂ©tĂ©s des informateurs alliĂ©s Ă©tait l’absence de prise en considĂ©ration des rapports du sol par les Ă©tats-majors des forces aĂ©riennes. On constate mĂȘme avec surprise, connaissant l’existence de telles observations, et la certitude de leur transmission, l’absence de leur mention par les War Diaries ­de la RAF agendas de combat et bombardements, publiĂ©s en 1985 seulement, voir bibliogr. [13]. Plus curieusement encore, dans le cas d’opĂ©rations ayant mal tournĂ©, il semble qu’au lieu des rapports prĂ©cis et souvent protestataires, Ă©manant d’agents britanniques travaillant en France avec la RĂ©sistance, on trouve seulement la mention “ Pas de rapport local Ă©manant du sol. ” C’est le cas des raids les plus meurtriers de civils, comme Rennes, Nantes, Rouen, Lille, Saint-Étienne, Besançon, Lyon-Vaise. Une exception AmbĂ©rieu, oĂč, aprĂšs une premiĂšre attaque inutile, la RĂ©sistance obtient de Londres l’arrĂȘt des raids aĂ©riens, aprĂšs avoir fait la preuve de l’efficacitĂ© locale des sabotages, qui avaient coĂ»tĂ© de nombreux otages et dĂ©portĂ©s. 10. Une exception due au hasard est le cas de la gare de triage de Vaires oĂč un convoi de munitions stationnĂ© parallĂšlement Ă  des trains de troupes a provoquĂ© la mort de 1 200 Ă  1 300 militaires lors de la premiĂšre attaque des 29-30 mars 1944. Des hĂ©catombes analogues, avec destructions importantes de matĂ©riel de guerre, ont eu lieu plus tard, au voisinage des ponts sur la Seine, lors du repli des troupes allemandes de Normandie ou lors d’attaques des trains de V1 oĂč 33 wagons Ă©quivalaient Ă  prĂšs de 100 bombes de 1 t. Mais c’était alors le fait des chasseurs-bombardiers tactiques attaquant en piquĂ© Ă  moyenne altitude, et non des ­quadrimoteurs lourds et malhabiles du Bomber Command ou de l’USAF. 11. La masse de matĂ©riel neuf ou de remplacement demandĂ© reste dans des limites encore trĂšs raisonnables jusqu’en mai. Une preuve en est la demande de la SNCF Ă  la “ Hauptverkehrsdirektion Paris – 29, rue de Berri ” d’un contingent d’acier pour rĂ©parer certaines installations en fĂ©vrier 1944, alors estimĂ©es prĂ©cisĂ©ment Ă  277 t seulement outre 38 t dĂ©jĂ  obtenues, pour couvrir les rĂ©parations de Mohon, Chaingy, Chevilly, Persan Beaumont, Sotteville ateliers, Tergnier 145 t Ă  lui seul et mĂȘme les ponts sur le Doubs, Ă  Lyon et au Teil faits de rĂ©sistance pour 40 t
 Par prĂ©vision, un supplĂ©ment de 500 t seulement est demandĂ©, alors que plusieurs milliers de tonnes vont ĂȘtre bientĂŽt nĂ©cessaires. 12. Telle la 4e division blindĂ©e dont les trains pour venir de Gand en Normandie font quatre dĂ©tours et mettent dix jours au lieu de trois Ă  quatre pour couvrir le trajet. Un officier d’état-major allemand, chargĂ© jusqu’à la fin d’octobre 1944 des transports sur le front de l’Ouest, a dĂ©clarĂ©, aprĂšs avoir Ă©tĂ© fait prisonnier “ Des mouvements qui devaient ĂȘtre effectuĂ©s Ă  la cadence quotidienne de 10 Ă  12 trains ne se faisaient plus qu’au taux de deux Ă  trois par jour. ” 13. Ou “ trains de travaux ”, trains de secours dĂ©pendant du Service Voie et BĂątiments, composĂ©s de voitures amĂ©nagĂ©es pour hĂ©berger le personnel d’un chantier, de wagons ateliers pourvus de l’outillage nĂ©cessaire et de wagons magasins chargĂ©s de matĂ©riaux. PrĂ©vus en service normal pour effectuer des travaux ou des rĂ©parations en cas de catastrophe naturelle ou d’accident, la SNCF en maintenait 1 Ă  2 par grande rĂ©gion. Ce nombre a Ă©tĂ© multipliĂ© par 3 Ă  partir de 1943. 14. On retrouve alors facilement sur les Ă©tats ou relevĂ©s SNCF un nombre Ă©levĂ© d’engins garĂ©s, ou en rĂ©paration, dans les remises ou ateliers de dĂ©pĂŽt, ceux actifs Ă©tant dispersĂ©s, surtout de nuit, en de multiples lieux plus discrets. 15. L’ensemble des lignes Ă  haute tension SNCF de 60 kV Ă  220 kV avariĂ©es par faits de guerre reprĂ©sentent 1 236 pylĂŽnes et 225 km de ligne Ă  rĂ©parer, soit moins de 5 % du rĂ©seau Ă©lectrifiĂ©, alors de 4 872 km. 16. Nous n’en citerons, comme preuve antĂ©rieure, que l’attaque en 1940 par la Luftwaffe du cĂ©lĂšbre train miniature britannique cĂŽtier Romney Hythe and Dimchurch Railway dans le Kent. À l’échelle 1/4 de voie de 38 cm, il va devoir s’équiper d’un train blindĂ© anti-aĂ©rien pour rĂ©pondre aux attaques de pilotes un peu myopes
 Mais, en France, presque toutes les voies Ă©troites, en zone de bataille ou non, seront souvent confondues avec des voies ­normales. 17. Se reporter Ă  l’article “ Ouvrages d’art de la Grande Ceinture ” par M. Leduc, Revue gĂ©nĂ©rale des chemins de fer du 11 dĂ©cembre 1945, Ă©galement mentionnĂ©s dans le film La renaissance du rail 1947 d’A. PĂ©riĂ© et M. Leduc produit par la SNCF. On constatera le peu d’attaques des ouvrages d’art jusqu’en juin 1944. MĂȘme aprĂšs que des ponts sur la Seine infĂ©rieure et la Loire ont Ă©tĂ© visĂ©s, ceux qui sont touchĂ©s par des attaques aĂ©riennes le sont Ă  cause d’autres objectifs par exemple, le viaduc de Maintenon, Ă  cause du dĂ©pĂŽt de munitions voisin. Citons enfin le cas exemplaire de Bielefeld en Allemagne, ou le viaduc systĂ©matiquement bombardĂ© Ă  de trĂšs nombreuses reprises, y compris avec “ Tallboys ” de 5,4 t, Ă©tait, depuis les premiĂšres attaques, court-circuitĂ© par une dĂ©viation en vallĂ©e, extrĂȘmement bien camouflĂ©e, qui a pu Ă©chapper Ă  l’observation aĂ©rienne, et assurait la continuitĂ© d’une des principales artĂšres de la Ruhr dĂ©but 1945. Une situation analogue a existĂ© en France lors de la destruction du tunnel de Saumur, Ă©galement par les premiers “ Tallboys ”, grĂące Ă  la dĂ©viation de Thouars Ă  Tours via la ligne dite de la VendĂ©e, et les ponts du Cher et de la Loire encore praticables. 18. On peut citer comme exemple le raid 921 du 25 mai 1944 sur Longueau et Amiens qui a impliquĂ© 36 Spitfire, dont 26 chasseurs-bombardiers pourvus chacun d’une seule bombe de 500 livres. Sept autres centres ferroviaires Ă©taient visĂ©s ce jour-lĂ  dans le Nord, l’Oise, la Seine-InfĂ©rieure. En employant la mĂȘme tactique que pour les sites de V1, l’opĂ©ration fut au moins aussi efficace en coups au but 12 sur 26 que des vagues massives de 150 ou 200 bombardiers lourds. Cependant, les autres opĂ©rations ne sont pas toujours payantes ce mĂȘme jour, les attaques de Spitfire ou Typhoon sur ArmentiĂšres et Hazebrouck, Buchy, Gisors, Formerie, Motteville et Cassy dont 4 gares en substitution aux objectifs couverts de nuages de Valenciennes et du Grand Verdret, soit, au total, 133 appareils, se solderont par 157 bombes lĂąchĂ©es, entre 1 200 et 1 800 m, et moins de la moitiĂ© au but. Ce qui n’est toujours pas si mal, puisque, malgrĂ© la DCA parfois trĂšs active Gisors, 2 appareils seulement sont touchĂ©s. 19. Un effectif qui varie en fait de 36 000 Ă  65 000, Ă  comparer avec le maximum de 11 000 ouvriers spĂ©cialisĂ©s, SNCF et d’entreprises, ayant reconstruit les ponts et tunnels de 1940 Ă  1942. 20. “ D’autre part, il est Ă  craindre que le rĂ©tablissement de tels triages dans leur intĂ©gritĂ© ne provoque de nouvelles destructions rendant vains et par suite inopportuns les efforts que nous aurons fournis et provoquant de nouvelles pertes de matĂ©riel. Les AutoritĂ©s d’Occupation paraissaient avoir compris, comme nous-mĂȘmes, l’inopportunitĂ© de tels efforts et nous avaient autorisĂ©s Ă  entreprendre certains travaux en vue d’assurer une dispersion de nos moyens de triage dans des Ă©tablissements moins importants ; une partie de ces travaux est dĂ©jĂ  rĂ©alisĂ©e. ” 21. [8]. 22. [23, 27]. 23. AprĂšs leur blocage de quelques semaines dans la pĂ©ninsule de Cherbourg, puis la reddition des Allemands, les AmĂ©ricains y ont trouvĂ© en Ă©tat de marche Ă  leur arrivĂ©e 50 locomotives, 1 384 wagons, mais seulement 11 voitures Ă  voyageurs. Ce qui explique que, dĂšs fin juillet 1944, ils faisaient dĂ©jĂ  circuler pour l’approvisionnement du front, bien avant les Britanniques, vers Saint-LĂŽ ou Lison, plus de 230 trains de marchandises transportant 32 000 t de matĂ©riel, et 102 trains de personnel ! La part de matĂ©riel arrivĂ© puis Ă©vacuĂ© des ports par voie ferrĂ©e, d’octobre 1944 Ă  mai 1945, croĂźt ainsi de 10 Ă  48 % et atteint 13 millions de tonnes du 16 octobre 1944 au 24 mars 1945, pour la seule Normandie. De mĂȘme, les transports militaires d’ouest en est de la Seine sont, dĂ©but 1945, de 10 au rail pour 1 Ă  la route. Certains militaires alliĂ©s reconnaissent alors qu’heureusement les “ dĂ©tours ” Ă©taient partout possibles pour Ă©viter les obstacles, ou coupures majeures effectuĂ©es par les armĂ©es en retraite bibliogr. [27]. 24. Si l’on tient compte globalement de l’Ouest europĂ©en, 955 000 t de bombes RAF, 1 million de tonnes USAF ont Ă©tĂ© lĂąchĂ©es. Avec le pourcentage moyen d’objectifs ferroviaires de 14 % RAF et 26 % USAF, on trouve moins de 1 t au but pour 7 larguĂ©es et 1 homme d’équipage perdu pour 32 t lĂąchĂ©es
 ce qui explique la pertinence des interrogations, hĂ©las tardives. Par contre, fort heureusement et bien que ce soit toujours trop Ă©levĂ©, les cheminots français ont comptĂ© 2 361 morts en service, dont plus de 90 % suite aux raids aĂ©riens, mais non moins de 309 fusillĂ©s et 2 480 dĂ©portĂ©s, transportĂ©s par rail comme les autres. 25. Il n’est pas inintĂ©ressant de mentionner qu’un projet de publication d’un atlas ferroviaire aĂ©rien couvrant cette pĂ©riode, avec le regrettĂ© J. Salin de La Vie du rail, n’a pu aboutir dans les annĂ©es 1970, trente ans aprĂšs les faits, pour cause supposĂ©e de “ secret-dĂ©fense ” cĂŽtĂ© français. La guerre restait tiĂšde sous les cendres, ou mal refroidie. 26. Les conclusions de 1945 dans le domaine ferroviaire rejoignent celles constatĂ©es pour la marine, et citĂ©es par P. Masson en 1988 bibliogr. [9], au sujet des limites de la puissance aĂ©rienne le rĂŽle de l’aviation s’est rĂ©vĂ©lĂ© capital, mais, dĂšs les premiĂšres annĂ©es de guerre, les thĂ©ories amĂ©ricano-britanniques sur les bombardements Ă  haute altitude en vol horizontal se sont “ uniformĂ©ment soldĂ©es par des Ă©checs ” sur des objectifs prĂ©cis. Quant au rail français, s’il y eut bien des constats posthumes d’inutilitĂ©s et d’erreurs, aucun des AlliĂ©s, hors cas spĂ©cifiques locaux, ne mit de vigilance ou de cĂ©lĂ©ritĂ© Ă  changer de politique ou de directive, en cours d’action pour Ă©viter davantage de victimes civiles françaises, l’inertie du systĂšme valant bien celle de la SNCF, fin 1944, comme le rappelait trĂšs rĂ©cemment Pierre Sudreau, Ă  propos des derniers trains de dĂ©portĂ©s vers l’Allemagne Le Rail, no 81 juillet-aoĂ»t 200, p. 40. _______________ TABLEAU 1. — Raids aĂ©riens “ Desert Rail ” en France de mars Ă  juillet 1944 96 raidsRĂ©sultats constatĂ©s sur les opĂ©rations majeures impliquant plus de 50 avions MoisRaidsnombreAvionsimpliquĂ©sPertes BombesdĂ©versĂ©es Pourcentage de “ rĂ©ussite ”ImmeublescivilsdĂ©truits, nonrĂ©parables1944RAF +USAFBombar-diers seulsAvions%Tonnage testimĂ©eselonRAF/USAFdĂ©comptĂ©e sur photos Mortscivilsy. MarsRAF 14 1 783 261,4 6 5682112 1 375 816AvrilRAF 16 3 991 471,1 7 0796035 ? 589MaiRAF 26 4 264 982,3 15 9202626 1 341 1 674JuinRAF 15 2 245 743,2 8 6136730 1 582 2 100JuilletRAF 18 2 612 752,8 8 5404120 3 795 1 800Mars et seule 7 667 121,6 1 6805010 3 982 3 465Total en 5 mois96 15 562 332 - 2 300 morts2,1 48 400462211 97510 444Sur total France170195 000 2 900 - 21 000 morts 610 000 ? ? ?67 078Proportion Rail % 8 11 8 15,5 _______________ Bibliographie En langue française [1] Eddy Florentin , Quand les AlliĂ©s bombardaient la France. 1940-1945, Paris, Perrin, 1997. [2] T. A. Siefring, L’US Air Force dans la DeuxiĂšme Guerre mondiale, Paris, EPA, 1979. [3] ClĂ©ment Ader, Les vĂ©ritĂ©s sur l’utilisation de l’aviation militaire avant et pendant la guerre 1914-1918, Toulouse, Douladourre, 1919. [4] Ducellier, La guerre aĂ©rienne dans le Nord de la France, 5 vol., Abbeville, Paillart, 1994-1999. [5] Maurice Wolkowitsch, “ Le rĂ©seau ferrĂ© français du dĂ©barquement du 6 juin 1944 Ă  la capitulation de l’Allemagne le 8 mai 1945 ”, in “ ArmĂ©es et chemins de fer ”, Revue d’histoire des chemins de fer, 15 automne 1996, p. 225-235. [6] L. C. P. Paquier ; C. Postel, La bataille aĂ©rienne d’Allemagne mars 1942 – mai 1945, Paris, Payot, 1947. [7] R. Hautefeuille, Constructions spĂ©ciales, Paris, Auteur-Ă©diteur, 1995. [8] [Coll.] “ Les chemins de fer au service des armĂ©es juin-aoĂ»t 1944 ”, La Vie du rail, no 1840. [9] P. Masson, La rĂ©vĂ©lation de la puissance aĂ©rienne NorvĂšge, CrĂšte, Tarence, in Actes du Colloque SHM, 1988. [10] Rapports divers SNCF, 1942-1945, Destructions et remise en route, non publiĂ©s Ă  ce jour, et Notre mĂ©tier, 1945-1946. En langue anglaise [11] Max Hastings, Bomber Command, Penguin, 1997. [12] Jan Drury, Bomber Command 1939-1945, Collins Harper, 1997. [13] M. Middlebrook, C. Everitt, The Bomber Command War Diaries, Midland Publ., 1985-1995. [14] R. V. Jones, Most Secret War, Wordsworth Ed., 1978-1998. [15] Martin Marix Evans, The Fall of France, Osprey Military, 2000. [16] Kenneth Macksey, Military Errors of World War Two, Cassel Military Classics, DAG, 2000. [17] G. Regan, Air Force Blunders, Guinness Publ., 1996. [18] Air Ministry Account, September 1939 – July 1941, Bomber Command, HMSO, 1941. [19] A. Price, Bomber Aircraft, Arms and Armour Press, 1976. [20] R. A. Freeman, Raiding the Reich, Arms and Armour Press, 1997. [21] R. Conyers Nesbit, The RAF in Camera, A. Sutton Publishing, PRO, 1996. [22] S. Badsey, Campaigne Series-Normandie 1944 Osprey Military, Reed International, 1990. [23] L. C. W. Geffen USAF, Command and Commanders in Modern Warfare, US Air Force Academy, 1969. [24] Col. John Hughes-Wilson, Military Intelligence Blunders, London, Robinson, 1999. [25] RAF Marshall Sir John Slessor, These Remains A Personnel Anthology, 1968. [26] General H. E. Von Manteuffel, Decisive Battles of World War II, A German View, 1965. [27] General J. A. Van Fleet, Rail Transport and the Winning of Wars, AAR-Washington DC, 1956. En langue allemande [28] A. C. Mierzeyewski, Bomben auf die Reichsbahn, EK Verlag, 1988. [29] Ron Ziel, RĂ€der mĂŒssen rollen. Die Eisenbahn im Zweiten Weltkrieg, 1, Stuttgart, Franckh Verlag, 1974. [30] Alfred B. Gottwaldt, Deutsche Kriegslokomotiven. Die Eisenbahn im Zweiten Weltkrieg, 2, Stuttgart, FranckhVerlag, 1973.

Placedu 19-Avril-1944 Udsigt til springvandet fra pladsen. Situation; Kontakt information : 49 ° 26 '36' nord, 1 ° 05 '38' Ăžst: Land: Frankrig: OmrĂ„de: Normandiet : Afdeling: Seine-Maritime: By Rouen: Morfologi; Type Firkant: redigere : Det sted, hvor 19-April-1944 er en motorvej af byen af Rouen. ResumĂ©. 1 Beskrivelse. 1.1 Placering og adgang; 1.2 BenĂŠvnelse; 2 Noter og referencer. 2.1 Que voir, que visiter Ă  Rouen une journĂ©e ? Que faire Ă  Rouen en 2 jours ou 3 jours ? Comment y aller, oĂč stationner Ă  Rouen ?Rouen, capitale de la Normandie et chef-lieu du dĂ©partement de Seine-Maritime, compte habitants, et habitants dans son ville se love dans un mĂ©andre de la Seine, aux pentes assez flĂšche de la magnifique cathĂ©drale de Rouen, la plus haute de France avec ses 151 mĂštres, domine fiĂšrement la capitale normande, ville aux vieilles rues et aux cent clochers » selon Victor patrimoine rouennais est exceptionnel Rouen est la sixiĂšme ville française comptant le plus de monuments centre historique est vaste, et pour cause Rouen, riche ville portuaire, a Ă©tĂ© jusqu’au XVIIIe siĂšcle la seconde ville de France aprĂšs Paris par sa sont les meilleures activitĂ©s Ă  Rouen ? Suivez le parcours de visite complet de la souris ! 😉Sommaire1 Plan de Rouen2 Comment aller Ă  Aller Ă  Rouen en OĂč se garer gratuitement Ă  Aller Ă  Rouen en train3 Visiter Rouen les activitĂ©s incontournables4 Panorama de la cĂŽte Sainte-Catherine5 Visiter Rouen en 1 jour le vieux Rouen Ă  Maisons Ă  pans de bois Ă  Place du Vieux-MarchĂ© de Église Sainte-Jeanne-d’ Place de la Pucelle et hĂŽtel de Palais de justice de Place de la CathĂ©drale Notre-Dame de Rue Église AĂźtre Rue Rue Rue Abbatiale Rue Quartier des musĂ©es6 Quais de Seine Ă  Rouen7 Port de Rouen8 Jardin des Plantes de Rouen9 Visiter Rouen en 2 ou 3 jours les musĂ©es de MusĂ©e de MusĂ©e de la MusĂ©e de la Ferronnerie Le Secq des MusĂ©e des AntiquitĂ©s et musĂ©um d’Histoire naturelle de MusĂ©e Flaubert et d’Histoire de la MusĂ©e national de l’Éducation10 MusĂ©es de l’agglomĂ©ration de Rouen11 OĂč manger Ă  Rouen les meilleures adresses de restaurants 12 OĂč dormir Ă  Rouen13 Que faire Ă  Rouen quand il pleut14 Avis de la souris sur Rouen15 Que voir aux alentours de Basse vallĂ©e de la Le Havre patrimoine mondial de l’ CĂŽte d’AlbĂątre16 Ces articles aussi vont vous intĂ©resser !Plan de RouenAfficher une carte plus grandeAller Ă  Rouen en voiturePour aller Ă  Rouen, il suffit d’emprunter l’A13 ou autoroute de Normandie, depuis le pĂ©riphĂ©rique parisien ou depuis Caen. En un peu plus d’une heure hors bouchons !, vous y ĂȘtes ! 🙂Les Franciliens du nord de la rĂ©gion privilĂ©gieront l’A15 puis l’ex-N14 via le 2X2 voies en Île-de-France devient une simple dĂ©partementale peu roulante en Normandie pas de zones de dĂ©passement, nombreux villages traversĂ©s. Mais c’est un itinĂ©raire totalement 28 et l’A 29 relient rapidement Rouen Ă  Amiens et Lille d’une part, et au Mans et Nantes d’autre se garer gratuitement Ă  RouenIl n’est pas du tout Ă©vident de se garer Ă  Rouen !Le centre-ville historique, grossiĂšrement Ă  l’intĂ©rieur des boulevards circulaires bld de l’Yser, bld de Verdun, etc ainsi qu’autour de la gare de Rouen-Rive-Droite est payant et limitĂ© Ă  2 h ne souhaitez pas payer un parking souterrain environ 3€ de l’heure ou 18 €/jour ?Sachez qu’on se gare gratuitement Ă  Rouen sur la place du Boulingrin et dans les roues autour, au nord des boulevards de l’Yser ou de sur le quai du PrĂ© aux Loups en amont du pont Corneille ou encore sur l’üle trouverez ici la carte dĂ©taillĂ©e des zones de stationnement payant Ă  Ă  Rouen en trainChaque jour, de nombreux trains directs ou semi-directs TER Normandie relient Paris-Saint-Lazare Ă  Rouen et Le une frĂ©quence d’environ un train par heure pour les trains directs et 1 h 12 de trajet sans en thĂ©orie
 L’axe ferroviaire Paris-Rouen-Le Havre est particuliĂšrement saturĂ©, et les retards sont trĂšs frĂ©quents !La gare de Rouen-Rive-Droite est assez proche du centre historique, Ă  moins de 600 mĂštres 10 mn de marche du Vieux Rouen, en descendant la rue Jeanne-d’ en passant le beau bĂątiment des voyageurs de style Art dĂ©co, inaugurĂ© en 1928, avec son campanile et ses fresques ! Visiter Rouen les activitĂ©s incontournablesla cathĂ©drale Notre-Dame et sa plus haute flĂšche de France, qui inspira Claude Monetle Vieux-Rouen et ses centaines de maisons Ă  pans de boisle Gros-Horloge, l’image emblĂ©matique de Rouenle magnifique palais de justice de Rouen, chef-d’Ɠuvre de l’art gothiquel’église Saint-Maclou, joyau du gothique flamboyantl’insolite aĂźtre Saint-Maclou, ancien charnier Ă  la dĂ©coration macabrel’abbatiale Saint-Ouen, joyau du gothique rayonnant et son orgue remarquableles riches musĂ©es de Rouen, en particulier les Beaux-Arts et Le Secq des Tournelles, gratuits pour tousla cĂŽte Sainte-Catherine et son exceptionnel panorama sur Rouen et la vallĂ©e de la SeinePanorama de la cĂŽte Sainte-CatherineLa terrasse de la cĂŽte Sainte-Catherine, Ă  Bonsecours, juste Ă  l’est du centre de Rouen, offre un magnifique panorama !On peut y admirer la courbe de la Seine, la ville, ses cent clochers » bon, une vingtaine quand mĂȘme ! et l’agglomĂ©ration de Rouen. A voir de jour et au crĂ©puscule, quand le soleil disparaĂźt en face et que les lumiĂšres de la ville s’allument ! L’avantage du zoom c’est qu’on peut mieux apprĂ©cier certains monuments ! 😉La cathĂ©drale de Rouen bien sĂ»r vue sur le chevet, la flĂšche hĂ©las durablement en travaux, grrrL’ancienne abbatiale Saint-Ouen et sa superbe tour-lanterne Et la belle Ă©glise Saint-Maclou, avec Ă  l’arriĂšre-plan les toits du palais de justice, sommet de l’art gothique !AccĂšs facile Ă  la cĂŽte Sainte-Catherine en Ă  pied pour les courageux, par le sentier, dotĂ© de quelques centaines de marches 525 pour ĂȘtre prĂ©cise !.Il dĂ©marre au bout de la rue du Faubourg-Martainville prolongement de la rue Martainville, juste aprĂšs le passage sous la nationale Rouen en 1 jour le vieux Rouen Ă  piedPour visiter Rouen en 1 jour, je vous propose ce circuit de promenade dans le vieux relie les principales curiositĂ©s du centre ville historique, en passant par la magnifique cathĂ©drale, peinte par Ă  pans de bois Ă  RouenRouen compte plusieurs centaines de maisons Ă  pans de bois Ă  colombages, du XVe au XVIIIe plus anciennes, jusque vers 1520, sont Ă  encorbellement les Ă©tages supĂ©rieurs dĂ©bordent sur les niveaux infĂ©rieurs. Certaines sont opulentes, d’autres bien nombre de maisons Ă  pans de bois suivent les poutres et sont bien tordues !MalgrĂ© les regrettables destructions de la Seconde Guerre mondiale qui en a dĂ©truit environ 700, on peut encore en admirer beaucoup Ă  Rouen prĂšs de 2000 !Vous en verrez le plus entre la place du Vieux-MarchĂ© et l’église Saint-Maclou sur l’axe ouest-est, le long de la rue du Gros-Horloge, de la rue Saint-Romain qui longe le flanc nord de la cathĂ©drale puis de la rue Martainville et ses alentours rue Damiette, rue d’Amiens.Pas mal d’autres maisons Ă  colombages se situent le long de la rue des Bons Enfants puis de la rue Ganterie et la rue de l’HĂŽpital, autre axe ouest-est aboutissant devant l’abbatiale de la rue des Bons enfants et de la rue GanterieVous souhaitez en voir d’autres encore ? Allez voir le long de la rue Beauvoisine et de la rue Beffroy, juste au nord du musĂ©e des Beaux-Arts !Je vous propose un itinĂ©raire reliant les principaux points d’intĂ©rĂȘt du centre de Rouen, en passant le long des rues les plus faut absolument visiter le Vieux Rouen Ă  pied, le centre Ă©tant largement piĂ©ton. D’ailleurs la rue du Gros-Horloge a Ă©tĂ© la premiĂšre voie piĂ©tonne urbaine de France en 1971. Suivez la souris ! 😉Place du Vieux-MarchĂ© de RouenLa place du Vieux-MarchĂ© Ă  Rouen est bordĂ©e de maisons Ă  pans de bois du XVI au XVIIIe c’est mignon quand mĂȘme comme moi, hum.On y trouve les nouvelles halles marchĂ© tous les jours sauf le lundi, l’église moderne Sainte-Jeanne-d’Arc, et la Croix de la se situe Ă  l’emplacement du bĂ»cher oĂč Jeanne d’Arc fut brĂ»lĂ©e le 30 mai 1431, lieu d’exĂ©cution des condamnĂ©s au Moyen Âge. Hum, moins mignon du coup
Aujourd’hui, la place du Vieux-MarchĂ© est au cƓur de l’animation de compte de nombreux restaurants, dont La Couronne, remontant au XIVe siĂšcle, et rĂ©putĂ©e ĂȘtre la plus vieille auberge de France ! J’ai testĂ©, approuvĂ©, et j’en parle plus bas justement
 🙂A deux pas, rue de la Pie, la maison-musĂ©e Pierre Corneille est installĂ© dans la maison natale du poĂšte, auteur du Cid. On y trouve quelques gravures et son cabinet de gratuit, c’est une jolie maisons Ă  colombages, alors n’hĂ©sitez pas Ă  entrer voir ! 😉Église Sainte-Jeanne-d’ArcL’église Sainte-Jeanne-d’Arc, inaugurĂ©e en 1979, possĂšde une forme de bateau toiture est recouverte d’écailles en ardoise, Ă©voquant les drakkars vikings !Elle incorpore les vitraux Renaissance de l’ancienne Ă©glise St-Vincent, malheureusement dĂ©truite par un bombardement en idĂ©e de recyclage, n’est-ce pas ? 😉 Place de la Pucelle et hĂŽtel de BourgtherouldeA l’angle sud-est de la place du Vieux-MarchĂ© Ă  Rouen, allez dĂ©couvrir la place de la Pucelle sic.On y trouve des maisons anciennes, et surtout le superbe hĂŽtel de Bourgtheroulde prononcez boutroude », un superbe hĂŽtel particulier qui accueille dorĂ©navant
 un hĂŽtel de standing. N’hĂ©sitez pas Ă  entrer dans la cour, c’est vraiment beau ! Faites comme moi, admirez les dĂ©tails des bas-reliefs Renaissance ! 😉 Empruntez ensuite la rue du Gros-Horloge, le principal axe commercial piĂ©ton du le chocolatier Auzou, Ă  l’angle de la rue de la VicomtĂ©, vous pourrez acheter des larmes de Jeanne d’Arc », des amandes enrobĂ©es de chocolat, spĂ©cialitĂ© de la maison ! miam ! 🙂Gros-HorlogeLe Gros-Horloge, immense cadran Ă  aiguille unique datant du XIVe siĂšcle, est l’image emblĂ©matique de est encastrĂ© depuis 1527 dans une arche Renaissance qui enjambe la rue trĂšs commerçante du mĂȘme nom. L’horloge est toujours fonctionnelle ! On peut en visiter l’intĂ©rieur, et dĂ©couvrir les mĂ©canismes, les cloches municipales. Ce dernier est complĂ©tĂ© par un semainier » et les phases de la peut admirer une belle vue sur la ville depuis la terrasse du beffroi adjacent, avec vue imprenable sur la façade de la cathĂ©drale
 quand il fait beau !Avant de poursuivre vers la cathĂ©drale, faite un crochet Ă  gauche par la rue Massacre ! jusqu’au magnifique palais de justice. Palais de justice de RouenLe palais de justice de Rouen est abritĂ© dans un splendide Ă©difice de la premiĂšre Renaissance, qui accueillait le Parlement de Normandie. Il n’est pas Ă©vident Ă  visiter, mais vous pouvez tenter votre chance durant les pĂ©riodes creuses de l’activitĂ© judiciaire, comme durant l’ cĂŽtĂ©s nord et ouest, on voit encore sur les façades les impacts d’obus datant de 1944
 et les immeubles d’aprĂšs-guerre qui entourent le palais de justice. Tout le quartier a hĂ©las Ă©tĂ© ravagĂ© en avril vers la rue du Gros-Horloge par la rue Thouret, face Ă  la cour du palais de de la cathĂ©draleLa place offre une vue sur la magnifique cathĂ©drale Notre-Dame, Ă  la façade la plus large de fut reprĂ©sentĂ©e par Monet par tous les temps ! Hum, il a du avoir plus de mal pour la peindre au soleil
 Bon d’accord, je suis mauvaise langue !En face, l’ancien bureau des Finances, un Ă©lĂ©gant Ă©difice Renaissance de 1510, abrite l’office de tourisme de sur cette place que se tient le petit marchĂ© de NoĂ«l, que nous avons eu l’occasion de dĂ©couvrir, en se gelant bien par des tempĂ©ratures nĂ©gatives ! Ça tombe bien, l’animation de NoĂ«l se nomme Rouen givrĂ©e » ! HĂ©las, une partie de la place fut dĂ©truite lors des bombardements de 1944. Elle n’est pas trĂšs grande par rapport Ă  la taille de la cathĂ©drale, on manque de recul !CathĂ©drale Notre-Dame de RouenLa cathĂ©drale Notre-Dame de Rouen est selon moi une des plus belles cathĂ©drales en possĂšde une tour lanterne qui culmine Ă  51 mĂštres sous fut prestement rebĂąti et Ă©tendu aprĂšs le violent incendie qui le dĂ©truisit en versĂ© par Jean sans Terre, duc de Normandie et accessoirement roi d’Angleterre aida considĂ©rablement !L’histoire de la cathĂ©drale ne fut pas de tout repos ! Il y eut la guerre de Cent Ans, qui marqua fortement la ville par l’Occupation un nouvel incendie en 1514, suivies des dĂ©gradations des calvinistes. Puis un ouragan en 1683, puis la RĂ©volution, puis l’incendie de la flĂšche en 1822 !Elle fut reconstruite en fonte, provoquant un psychodrame entre partisans et opposants Ă  la modernitĂ© du matĂ©riau !Il y eut enfin la tragique nuit du 19 avril 1944 durant un bombardement AlliĂ©, sept torpilles ont frappĂ© la cathĂ©drale, qui faillit ĂȘtre dĂ©truite. Une longue restauration lui a heureusement rendu tout son adorĂ© contempler sa belle façade de style gothique flamboyant et cette incroyable dentelle de pierre ! Je comprends Monet et sa de la cathĂ©drale La façade de la cathĂ©drale de Rouen est encadrĂ©e de deux tours Ă  gauche la tour Saint-Romain, plutĂŽt dĂ©pouillĂ©e ; et Ă  droite la belle tour du beurre, magnifique oeuvre gothique pourquoi le beurre, si normand ? Et bien les fidĂšles Ă©taient autorisĂ©s Ă  en consommer durant le CarĂȘme
 Ă  condition de payer une taxe pour financer sa construction ! Et oui, pour l’église, business is business, ça compte !A quand une taxe pour ne pas respecter confinement et couvre-feu ? Et bien n’oubliez pas qu’à l’époque, ces indulgences » choquantes ont menĂ© tout droit Ă  la RĂ©forme protestante ! 😉Bon, lĂ  je vous l’ai montrĂ©e au soleil, mais rassurez-vous, vous la verrez plutĂŽt comme ça
 😉Bon comme Monet, ça permet des variations d’impressions
IntĂ©rieur de la cathĂ©drale de Rouen La nef de la cathĂ©drale de Rouen compte onze travĂ©es, couvertes de belles voĂ»tes sexpartites levez les yeux, vous comprendrez mieux !. Le chƓur est remarquable par ses le dĂ©ambulatoire, on peut observer des premier, cĂŽtĂ© sud, est celui de Richard CƓur de Lion, roi d’Angleterre et duc de Normandie. Son cƓur est inhumĂ© ici Ă©mouvant, mais on n’en fera quand mĂȘme pas un fromage, hum.La chapelle axiale, dite chapelle de la Vierge, fermĂ©e par une grille, renferme deux beaux monuments. On voit Ă  droite, le tombeau des cardinaux d’Amboise. Et Ă  gauche le tombeau de Louis de BrĂ©zĂ©, sĂ©nĂ©chal de Normandie, Ă©poux de Diane de Poitiers la maĂźtresse du roi de France Henri II
 et donc premier cocu de France ! aĂŻeLa quatriĂšme chapelle abrite les deux plus vieux vitraux de la cathĂ©drale, datant du XIVe siĂšcle, dits les belles verriĂšres ». Dans le transept nord, remarquez le magnifique escalier des libraires, du XVe de lumiĂšreL’étĂ©, en principe du 1er juin au 15 septembre, la façade de la cathĂ©drale est mise en lumiĂšre, Ă  l’image d’Amiens ou de spectacle cathĂ©drale de lumiĂšre , gratuit, est projetĂ© deux fois par soirĂ©e, tous les jours horaire variable selon le mois. Le thĂšme est renouvelĂ© pĂ©riodiquement l’Impressionnisme, Jeanne d’Arc ou encore Guillaume le ConquĂ©rant
Rue Saint-RomainLa rue Saint-Romain est une des plus belles rues du vieux Rouen. Elle est bordĂ©e de maisons Ă  pans de bois du XVe au XVIIIe l’axe de la rue, on admire la flĂšche de l’église cĂŽtĂ© sud de la rue, le portail des Libraires est un pur joyau du gothique fut Ă©difiĂ© pour donner aux chanoines un accĂšs direct Ă  la cathĂ©drale depuis la rue on peut pĂ©nĂ©trer dans une cour donnant sur un des cĂŽtĂ©s du palais Saint-MaclouL’église Saint-Maclou de Rouen est un vĂ©ritable joyau de l’art gothique flamboyant le plus pur ! Elle fut Ă©rigĂ©e entre 1437 et façade offre un Ă©tonnant grand porche Ă  cinq arcades disposĂ©es en Ă©ventail, surplombant un portail central aux portes dotĂ©es de splendides vantaux Renaissance. Admirez cette dentelle de pierre !À l’intĂ©rieur, on remarque le joli buffet d’orgues 1521 parĂ© de boiseries Renaissance, la tour lanterne et les n’est hĂ©las, ouverte uniquement que les samedis, dimanches et lundis ! Sur la place BarthĂ©lĂ©my, qui forme parvis de l’église, notez la maison qui penche ! AĂźtre Saint-MaclouL’aĂźtre Saint-Maclou est un endroit pour le moins insolite de Rouen !Ce bel ensemble du XVIe siĂšcle est un vestige des charniers de pestifĂ©rĂ©s du Moyen Âge pas encore les covideux !Il abrite aujourd’hui l’école des Beaux-Arts quelle inspiration !L’aĂźtre Saint-Maclou du latin atrium, cour se compose d’une cour entourĂ©e de quatre galeries de bĂątiments Ă  pans de bien ils sont sculptĂ©s d’attributs funĂ©raires danse macabre, frise composĂ©e de motifs de crĂąnes, tibias, outils de fossoyeurs
 On y trouve mĂȘme un drĂŽle de chat ! Il aurait Ă©tĂ© retrouvĂ© lors de fouilles, mais ce serait une blague des Ă©tudiants des Beaux-Arts !La galerie orientale accueille des expositions temporaires. En 2021, on a pu y admirer de l’art macabre ! A la belle saison, vous pouvez mĂȘme manger ou boire en terrasse au cafĂ© Hamlet sic. 184-186, rue MartainvilleRue MartainvilleLa rue Martainville est bordĂ©e de nombreuses façades Ă  pans de bois, datant du XVe au XVIIIe la jolie fontaine Renaissance, juste Ă  l’angle de la façade de l’église Saint-Maclou c’est la version rouennaise du Manneken-Pis ! 🙂Un peu plus loin, la place Saint-Marc accueille le marchĂ© Saint-Marc, oĂč vous trouverez les spĂ©cialitĂ©s culinaires normandes en principe les mardis, vendredis et samedis, toute la journĂ©e.Rue DamietteLa rue Damiette accueille les antiquaires de Rouen. BordĂ©e de maisons Ă  colombages, elle offre une belle perspective sur la tour centrale de l’église passant, jetez un coup d’Ɠil Ă  droite dans l’impasse des Hauts-Mariages, d’allure trĂšs mĂ©diĂ©vale ! On croise la rue d’Amiens, Ă©galement bordĂ©e de vieilles gauche, remarquez la belle façade de l’hĂŽtel d’Étancourt. Cet hĂŽtel particulier du XVIIe siĂšcle possĂšde de grandes statues ornant sa reprĂ©sentent les dieux de l’Olympe et les quatre Ă©lĂ©ments. Aujourd’hui, on peut plus prosaĂŻquement y faire
 un test Covid ! Rue Eau-de-RobecLa rue Eau-de-Robec est bordĂ©e de belles maisons Ă  pans de y voit encore le Robec, un ruisseau franchi de nombreuses petites passerelles. Bon, en rĂ©alitĂ© le Robec est canalisĂ© dans Rouen, et c’est une reconstitution du ruisseau qu’on admire ici ! 😉Observez bien les greniers-Ă©tentes qui surmontent les maisons le Robec Ă©voque en effet l’activitĂ© de ce quartier des des ancienne maison Ă  pans de bois accueille le musĂ©e national de l’ pas Ă  emprunter les passages entre la rue Eau-de-Robec et la rue des Faulx, qui longe le jardin de l’hĂŽtel de ville et l’abbatiale Saint-Ouen. Dans un d’eux, on voit la petite horloge, qui concurrence » le gros !On retrouve le vrai Robec au-delĂ  du boulevard de Verdun, longĂ© en partie par une Saint-OuenL’abbatiale Saint-Ouen est un joyau du gothique rayonnant Ă  Rouen, Ă©difiĂ© au XIVe proportions sont imposantes elle fait quasiment la taille de Notre-Dame de Paris ! L’église est surtout cĂ©lĂšbre pour sa sĂ©rie de magnifiques vitraux, et pour son grand orgue de CavaillĂ©-coll, un des plus grands de lors d’un concert, ou de rĂ©pĂ©titions, est impressionnant ! Allez admirer le chevet de Saint-Ouen avec ses remarquables arcs-boutants, et sa belle tour-lanterne, depuis le jardin de l’hĂŽtel de ville !Au nord du jardin, la rue Saint-Nicaise aligne de belles maisons Ă  pans de bois. Au sud, c’est aussi le cas le long de la rue des des Faulx Ă  RouenL’église Saint-Nicaise, dĂ©saffectĂ©e, accueille dorĂ©navant
 une brasserie estivale Ă©phĂ©mĂšre !Rue GanterieLa rue Ganterie aligne les demeures Ă  pans de bois. Elle ramĂšne vers les principaux musĂ©es de des musĂ©esAutour du square Verdrel, se situent trois des principaux musĂ©es de Rouen le musĂ©e de Beaux-Arts, le musĂ©e de la CĂ©ramique au nord du square et le musĂ©e de la Ferronnerie Le Secq des Tournelles, dans une Ă©glise des beaux-artsMais je vous dĂ©taille ces lieux plus bas ! 😉Sur la mĂȘme place que le musĂ©e Le Secq des Tournelles, l’église Saint-Godard est, elle, toujours affectĂ©e au culte. Elle possĂšde toujours une belle sĂ©rie de vitraux Renaissance, n’hĂ©sitez pas Ă  entrer voir !Au nord des musĂ©es, en remontant vers la gare, on trouve la tour Jeanne d’ lĂ  que la Pucelle fut retenue prisonniĂšre avant son jugement en 1431. La tour ne se visite plus mais est devenue un lieu d’escape retourne sur la place du Vieux-MarchĂ©, par la rue des Bons Enfants puis la rue Cauchoise, bordĂ©e de nombreux de Seine Ă  RouenLes quais de Seine Ă  Rouen ont Ă©tĂ© copieusement bombardĂ©s par les AlliĂ©es au printemps 1944. Il ne reste donc plus grand chose d’ancien, hormis la jolie halle aux toiles, rives de Seine ont Ă©tĂ© en partie amĂ©nagĂ©es pour la promenade ses derniĂšres annĂ©es. Elles offrent une balade sympathique au bord de l’eau durant les beaux jours mais si, ça arrive !Port de RouenLe port de Rouen, Ă  l’ouest du centre aprĂšs le pont Guillaume le ConquĂ©rant, devient un lieu branchĂ© de la ville. On y trouvait le panorama XXL fermĂ© depuis septembre 2021.Plusieurs bars y ont Ă©tĂ© amĂ©nagĂ©s dans les hangars du port Ă  l’ pouvez longer les quais rive droite sur environ un kilomĂštre, jusqu’au centre commercial Docks 76, juste avant le nouveau pont se situe le musĂ©e maritime et fluvial de Rouen, avec visite possible d’une pĂ©niche. A mi-chemin, une navette fluviale relie les deux rives de la ici que se dĂ©roule l’Armada de Rouen, grand rassemblement de superbes voiliers, en principe tous les quatre ou cinq ans depuis 1989 la prochaine en juin 2023.Au-delĂ , vous verrez les installations portuaires modernes. Sachez que le port de Rouen, Ă  110 km de la mer en suivant la Seine, est le 5e port maritime de France par son tonnage !Des visites commentĂ©es en bateau sont possibles Ă  la belle des Plantes de RouenLe jardin des Plantes de Rouen s’étend sur une surface de 10 ha. Il offre un joli fleurissement en saison ainsi que des voliĂšres et des serres tropicales, avec nĂ©nuphars gĂ©ants d’ libre, av. des Martyrs de la RĂ©sistance, sur la rive gauche. AccĂšs par le tram, station Europe, ou plus facilement en Rouen en 2 ou 3 jours les musĂ©es de RouenVisiter Rouen en 2 jours, ou 3 jours permet de dĂ©couvrir ses riches onze musĂ©es municipaux de Rouen et de son agglomĂ©ration sont dorĂ©navant d’accĂšs gratuit pour tous, hormis quelques expositions. Aucune excuse donc pour ne pas aller les visiter, d’autant qu’ils offrent de trĂšs belles collections trĂšs variĂ©es !Ils sont pour la plupart ouverts tous les jours sauf le mardi et les 1er janvier, 1er mai, 1er et 11 novembre et 25 dĂ©cembre. Mardi, vous pourrez visiter le musĂ©e des AntiquitĂ©s, le musĂ©um et le Gros-Horloge, qui eux ferment le lundi !Trois musĂ©es se situent dans le bien nommĂ© quartier des musĂ©es, autour du square Verdrel Beaux-Arts, CĂ©ramique et Le Secq des Tournelles. Le musĂ©e des AntiquitĂ©s et le musĂ©um se situent un peu plus au nord, rue Beauvoisine, Ă  400 mĂštres de Beaux-ArtsLe musĂ©e des Beaux-Arts de Rouen est vaste et riche de belles collections de d’ailleurs le premier bĂątiment en France, au XIXe siĂšcle, Ă  avoir Ă©tĂ© directement conçu pour accueillir un peinture française des XVIIe au XIXe siĂšcles est particuliĂšrement bien reprĂ©sentĂ©e, avec des Poussin, Fragonard, Ingres, GĂ©ricault
 On y trouve aussi des icĂŽnes orthodoxes, ce qui est rare en France, un Caravage, un Rubens
 Mais le point fort du musĂ©e est sa collection impressionniste, style apparu en Normandie avec un certain Claude Monet natif du Havre !D’ailleurs, il a Ă©galement fini sa vie dans la rĂ©gion, Ă  Giverny, merveilleux village Ă  dĂ©couvrir avec la souris ! 😉Outre plusieurs toiles de Monet, on peut admirer des Caillebotte, Renoir, ou encore Pissarro
 Une salle est entiĂšrement consacrĂ©e Ă  Jeanne d’Arc, personnalitĂ© Ă©ternellement attachĂ©e Ă  la ville. Le musĂ©e compte une soixantaine de salles oui, quand mĂȘme !Le musĂ©e est ouvert tous les jours sauf le mardi de 10 h Ă  sur le site officiel du musĂ©e des Beaux-Arts de RouenMusĂ©e de la CĂ©ramiqueLe musĂ©e de la CĂ©ramique Ă  Rouen est installĂ© dans l’hĂŽtel d’Hocqueville, Ă©difiĂ© au XVIIe siĂšcle. Il prĂ©sente un panorama de la cĂ©lĂšbre faĂŻence rouennaise du XVIe au XXe siĂšcle, initiĂ©e en 1530 par le Rouennais MassĂ©ot musĂ©e est ouvert tous les jours sauf le mardi de 14h Ă  sur le site officiel du musĂ©e de la CĂ©ramique de RouenMusĂ©e de la Ferronnerie Le Secq des TournellesLe musĂ©e de la Ferronnerie Le Secq des Tournelles est installĂ© dans l’ancienne Ă©glise gothique Saint-Laurent. En voilĂ  un cadre original ! 🙂Il expose de trĂšs riches collections du IIIe au XXe siĂšcles, de petite taille comme des instruments de cuisine ou de chirurgie, jusqu’aux enseignes, balcons et rampes d’escalier !Les objets sont classĂ©s par thĂ©matique. C’est la plus grande collection de ferronnerie ancienne au monde avec plus de piĂšces ! Je vous recommande d’aller voir, c’est Ă©tonnant !Le musĂ©e ouvert tous les jours sauf le mardi de 14h Ă  sur le site officiel du musĂ©e Le Secq des Tournelles Ă  RouenMusĂ©e des AntiquitĂ©s et musĂ©um d’Histoire naturelle de RouenLe musĂ©e des AntiquitĂ©s de Rouen est installĂ© dans un ancien couvent du XVIIe offre de belles collections de l’époque gallo-romaine, avec la cĂ©lĂšbre mosaĂŻque de Lillebonne, des objets de la vie quotidienne, etc, des momies Ă©gyptiennes dont des momies de chats !, etc. Le Moyen Âge et la Renaissance sont Ă©voquĂ©s grĂące Ă  des vitraux, retables, chapiteaux d’église, mobilier
Le musĂ©um de Rouen est installĂ© dans le bĂątiment adjacent, et partage la mĂȘme entrĂ©e 198, rue BeauvoisineLe musĂ©e des AntiquitĂ©s et le musĂ©um sont ouverts du mardi au samedi de 13h30 Ă  17h30 et le dimanche de 14h Ă  sur le site officiel du musĂ©e des AntiquitĂ©s de Rouen et sur le site du musĂ©um de RouenMusĂ©e Flaubert et d’Histoire de la mĂ©decineLe musĂ©e Flaubert se situe dans un des pavillons de l’HĂŽtel-Dieu, oĂč naquit le cĂ©lĂšbre Ă©crivain Ă  Rouen, son pĂšre Ă©tant petit musĂ©e Ă©voque l’histoire de la mĂ©decine avec de nombreux instruments de torture mĂ©dicaux, des pots Ă  pharmacie, etc. 51 rue Lecat, Ă  500 m Ă  l’ouest de la place du Vieux-MarchĂ©Visite virtuelle du musĂ©e par ici !MusĂ©e national de l’ÉducationLe musĂ©e national de l’Éducation ou MunaĂ© » Ă  Rouen est installĂ© dans une maison Ă  pans de bois et Ă©tages Ă  encorbellement, dite des Quatre Fils Ă©voque l’évolution de l’éducation depuis le XVIe siĂšcle. Une classe de l’époque de Jules Ferry y a Ă©tĂ© reconstituĂ©e. Logique c’est lui-mĂȘme qui a fondĂ© le musĂ©e ! 🙂Les rĂ©serves musĂ©ales se situent rue de Bihorel et sont accessibles au public certains s’agit d’un musĂ©e national, comme son nom l’indique, et non municipal. Mais il est Ă©galement d’accĂšs gratuit. Infos sur le site officiel du musĂ©e national de l’ÉducationMusĂ©es de l’agglomĂ©ration de RouenQuatre autres musĂ©es vous accueillent gratuitement dans les autres villes de l’agglomĂ©ration de Rouen la Fabrique des savoirs Ă  Elbeuf objets et animaux naturalisĂ©sla maison Pierre Corneille Ă  Petit Couronne musĂ©e dĂ©diĂ© au poĂšte dans un manoir Ă  pans de bois du XVIIe siĂšcle, avec jardin potagerle musĂ©e industriel de la Corderie Vallois Ă  Notre-Dame-de-Bondeville ancienne manufacture de cordes dans un moulin industrielle Pavillon Flaubert Ă  Croisset souvenirs de l’écrivain dans le seule bĂątiment subsistant de sa propriĂ©tĂ©OĂč manger Ă  Rouen les meilleures adresses de restaurants Rouen est une Ă©tape gastronomique de plus en plus rĂ©putĂ©e ! Votre souris prĂ©fĂ©rĂ©e a testĂ© quelques institutions de la ville, toutes dans le centre historique, et connues pour ĂȘtre de bonnes tables la Couronne rĂ©putĂ©e la plus ancienne auberge de France, depuis 1345 !, le 6e sens, et les p’tits adresses sont en effet trĂšs recommandables si votre budget le permet ! 😉J’ai Ă©galement dĂ©gustĂ© quelques spĂ©cialitĂ©s ethniques la maison turque vous aurez devinĂ© de quelle cuisine il s’agit !, la rose des sables marocain
Vous gouterez ici de bons plats Ă  prix plus accessible Ă  toutes les bourses. Mais je vous dĂ©taille bientĂŽt tout ça dans un article dĂ©diĂ© ! 😉OĂč dormir Ă  RouenPour ma part, Ă  chaque visite, j’ai privilĂ©giĂ© une chambre ou un studio lĂ©gĂšrement en dehors du centre, venant en voiture. Il suffit ensuite de stationner gratuitement autour des boulevards encadrant le centre historique voir plus haut.Si vous venez en train, privilĂ©giez un appartement ou un hĂŽtel dans le Vieux Rouen vous pourrez aisĂ©ment tout faire Ă  pied ! 😉Que faire Ă  Rouen quand il pleutIl arrive qu’il pleuve Ă  Rouen hum. Si, si, je vous assure ! 🙂Rouen est la grande ville la moins ensoleillĂ©e de France avec 1557 h par an, devant Lille et Rennes !Bon, il pleut largement plus en quantitĂ© Ă  Besançon, Brest et surtout Biarritz le record de France, et oui !. Mais Rouen totalise quand mĂȘme 134 jours pluvieux par an en moyenne, dans le top 5 français
Alors oĂč aller Ă  Rouen quand il pleut ? Le jour de pluie est le moment idĂ©al pour parcourir les trĂšs belles collections des musĂ©es de principaux musĂ©es sont concentrĂ©s au nord-ouest du Vieux Rouen, pas loin de la gare. De plus, les collections permanentes sont gratuites pour tous, donc aucune raison de ne pas en profiter !A cĂŽtĂ© de la cathĂ©drale, l’Historial Jeanne d’Arc, ouvert en 2015, vous permet de connaĂźtre la parcours de la Pucelle d’OrlĂ©ans » avec une animation son et lumiĂšre. Un jour pluvieux est idĂ©al ! 😉Il n’existe pas vraiment de grand centre commercial en centre-ville. Le plus proche et rĂ©cent est le centre commercial Docks 76, situĂ© en bord de Seine, Ă  environ un kilomĂštre Ă  l’ouest du Vieux Rouen. On y trouve Ă©galement un le centre Saint-Sever, Ă  cĂŽtĂ© de l’église Ă©ponyme sur la rive-gauche Ă  Rouen, concentre les enseignes habituelles des centres de la souris sur RouenFaut-il visiter Rouen ? P’tĂȘt ben qu’oui, p’tĂȘt ben qu’non ! 🙂Capitale d’une rĂ©gion française ultra-touristique et aux clichĂ©s tenaces, Rouen est une ville finalement relativement mĂ©connue des rĂ©putation de ville industrielle un peu triste cache en rĂ©alitĂ© un trĂšs riche patrimoine, de beaux musĂ©es variĂ©s, et un paysage urbain ponctuĂ© de centaines de maisons Ă  pans de bois le long de rues plus, l’offre de restauration Ă  Rouen, un peu limitĂ©e il y a dix ou vingt ans, s’est nettement Ă©toffĂ©e depuis. On y trouve plusieurs trĂšs bonnes tables ainsi qu’un nombre croissant de bars et divers petits restos ethniques ».Bref, sur la route des plages de la CĂŽte Fleurie, ou pour un week-end, profitez-en pour vite dĂ©couvrir la capitale normande ! 😉Que voir aux alentours de RouenBasse vallĂ©e de la SeineRouen se situe dans la vallĂ©e aval de la Seine, plus ou moins Ă  mi-chemin de Paris et du peut donc profiter d’une visite Ă  Rouen pour dĂ©couvrir les abbayes du val de Seine, comme Saint-Georges-de-Boscherville ou Havre patrimoine mondial de l’UNESCOLe Havre Ă©voque plus une terne ville portuaire reconstruite qu’un lieu touristique ! Mais la ville mĂ©rite une visite pour son architecture innovante d’aprĂšs-guerre, son Ă©tonnante Ă©glise et son remarquable musĂ©e ville a Ă©tĂ© listĂ©e au patrimoine mondial de l’ Sainte-Catherine Ă  HonfleurFace au Havre, en traversant le pont de Normandie, vous ne manquerez pas le charmant petit port de Honfleur, avec ses nombreuses maisons anciennes Ă  pans de voir, que visiter, que faire Ă  Honfleur en 1 ou 2 joursLyons-la-ForĂȘtA l’est de Rouen, Lyons-la-ForĂȘt est un des plus beaux villages de France, largement construit en pans de bois. Il se situe au cƓur d’une belle hĂȘtraie, la forĂȘt de Lyons, propice Ă  la proximitĂ©, allez voir Ry, le cĂ©lĂšbre village de madame Bovary, restĂ© typiquement chĂąteau de Martainville, qui abrite le musĂ©e des arts et Traditions populaires normands, mĂ©rite un dĂ©tour, de mĂȘme que l’abbaye de d’AlbĂątreEnfin il est aisĂ© depuis Rouen d’accĂ©der au littoral du pays de Caux, nommĂ© la cĂŽte d’ de la falaise d’Amont Ă  FĂ©campN’hĂ©sitez pas Ă  dĂ©couvrir Dieppe, ses falaises, ses restos sur les quais et son superbe chĂąteau-musĂ©e, FĂ©camp et son palais de la BĂ©nĂ©dictine on y fabrique la fameuse liqueur.Maison normande Ă  Veules-les-RosesOu encore Veules-les-Roses, charmant village cĂŽtier le long de la Veules, le plus court fleuve de France avec Ă  peine un kilomĂštre de long ! C’est aussi un des plus beaux villages de France, le seul portant le label en Veules-les-Roses avec la souris ! 😉Et bien sĂ»r, visitez l’incontournable Étretat, ses falaises de craie, son aiguille qui n’est pas creuse et son Ă©lĂ©phant plongeant sa trompe dans la mer » ! 😉Poursuivez votre balade en Normandie avec la souris et dĂ©couvrez Cherbourg et le nord du Cotentin !
Parmiles cibles dévolues au Bomber Command, le triage de Rouen-Sotteville, dans les faubourgs de Rouen, figure en bonne place. Dans les premiÚres heures du 19 avril 1944, des Lancaster déversent plus de 4000 bombes, transformant la cité rouennaise et sa banlieue en un champ de décombres, avec son chapelets de morts, de blessés, de disparus et de sans-abri.

Cet Ă©tablissement a ouvert ses portes le 18 dĂ©cembre 1952, sous le nom de "Omnia", en remplacement d'un autre cinĂ©ma du mĂȘme nom situĂ© Ă  quelques mĂštres, et dĂ©moli aprĂšs la seconde guerre Ă  la façade monumentale, possĂ©dait une salle unique de 1500 places, avec un les annĂ©es 70, le cinĂ©ma cĂšde Ă  la mode des multisalles, avec la transformation en un complexe de 4 salles la plus grande salle est construite dans l'ancien balcon, l'ancien orchestre se scinde en deux, et une quatriĂšme salle occupe le volume haut du en fĂ©vrier 1973 que ce complexe ouvre ses portes sous la nouvelle identitĂ© de "4 Gaumont". En 1977, trois nouvelles salles construites dans la cage de scĂšne sont ajoutĂ©es Ă  l'Ă©tablissement, rebaptisĂ© "7 Gaumont", qui accueille dĂ©sormais 896, 404, 227, 153, 225, 110 et 90 1986, d'importants travaux de rĂ©novation sont entrepris, qui conduisent Ă  la naissance de la premiĂšre salle labellisĂ©e "Gaumont Rama" de province, avec un Ă©cran de 20 mĂštres de base pour une superficie de 170 mÂČ le plus grand Ă©cran de France Ă  l'Ă©poque ! et son show laser en premiĂšre capacitĂ© totale est ramenĂ©e Ă  1348 places 510, 245, 165, 96, 180, 83 et 69 fauteuils, et l'Ă©tablissement est rebaptisĂ© plus simplement "Gaumont".Le 1er septembre 2010, le cinĂ©ma passe sous la banniĂšre du circuit NOE CinĂ©mas Nord Ouest Exploitation, et renoue avec le passĂ© avec son appellation "Omnia-RĂ©publique".Il devient un complexe indĂ©pendant "Art et Essai".Sa fermeture pour de nouveaux travaux de rĂ©novation Ă©tait programmĂ©e pour une durĂ©e de 6 mois Ă  compter du 30 juin 2020, mais la situation Ă©pidĂ©mique a conduit Ă  sa fermeture anticipĂ©e dĂšs le 14 mars 2020, et les retards pris dans les travaux conduiront Ă  une rĂ©ouverture de 4 salles avant mars 2021 dans un premier temps, puis de l'Ă©tablissement dans son intĂ©gralitĂ© vers la fin 2021 ou le dĂ©but 2022...Localisation Rouen 76 - 28, rue de la RĂ©publiqueMerci Ă  Daniel Collin.

Readthe publication. magazine Rouenn° 311 ‱ du vendredi 19 juin au vendredi 3 juillet 2009 ‱ www. rouen. fr Environnement Diagnostic prĂ©paratoire Ă  l’Agenda 21. p. 6 Jazz Les pĂ©pites de l’« ArchĂ©o ». p. 12 ÉvĂ©nement Les livres font salon. p. 17 Installation De l’art dans l’air Ă  la Grand’Mare. p. 19 La note,s’il vous plaĂźt Terrasses du Jeudi

Revenons sur l’effroyable bombardement du 19 avril 1944, qui a transformĂ© Sotteville-lĂšs-Rouen en un champ de dĂ©combres, avec son chapelet de morts, de blessĂ©s, de disparus et de sans-abri
 Pendant la seconde guerre mondiale, l’aviation allemande puis alliĂ©e ont bombardĂ© Ă  38 reprises les installations ferroviaires, mais aussi et surtout la ville par manque de prĂ©cision. Mais, le bombardement de la nuit du 18 au 19 avril 1944 a Ă©tĂ© le plus terrible. En trois quarts d’heure, l’aviation anglo-amĂ©ricaine a provoquĂ© l’apocalypse sur Sotteville la ville est dĂ©vastĂ©e et le centre-ville a quasiment disparu. Pour l’occupant, le chemin de fer de Sotteville Ă©tait stratĂ©gique. La gare de triage l’une des plus grande d’Europe Ă  cette Ă©poque, ainsi que les ateliers d’entretien et de construction de matĂ©riel ferroviaire, Ă©tait utilisĂ©e par les armĂ©es allemandes, car le matĂ©riel et surtout la main d’Ɠuvre Ă©taient trĂšs prĂ©cieux. Afin de prĂ©parer le dĂ©barquement de Normandie et retarder les renforts allemands, l’objectif des alliĂ©s Ă©tait donc de dĂ©truire cet important nƓud ferroviaire. Peu aprĂšs minuit, les ronflements des 273 bombardiers Lancaster venus d’Angleterre ont commencĂ© Ă  se faire entendre, mais c’est seulement Ă  0 h 16, que l’alerte a Ă©tĂ© donnĂ©e. La population, surprise dans son sommeil, n’a ni le temps de sortir ni de s’abriter. Dans un premier temps, des fusĂ©es Ă©clairantes, des TI’s, Ă©taient lancĂ©es pour marquer les zones Ă  bombarder, mais des erreurs de marquage Ă©taient Ă  dĂ©plorer surtout au Nord. Le lĂ©ger vent les a aussi dispersĂ©es sur la ville. Les deux objectifs ont ensuite Ă©tĂ© bombardĂ©s l’objectif Sud Ă  partir de 0h20 partie de la gare de triage situĂ©e entre la gare voyageurs et les ateliers de Quatre Mares, puis l’objectif Nord Ă  partir de 0h40 dĂ©pĂŽt des locomotives. 6000 bombes ont Ă©tĂ© larguĂ©es sur Rouen, Bonsecours, Amfreville-la-Mivoie, Saint‑Etienne du Rouvray, Petit Quevilly, Grand Quevilly et Bois‑Guillaume. 3800 bombes sont tombĂ©es sur Sotteville-lĂšs-Rouen. La gare de triage n’a pas subi autant qu’elle aurait dĂ» en tant que cible 338 bombes seulement !, et ce sont les quartiers du vieux Sotteville » aux abords de celle-ci qui ont Ă©tĂ© les plus atteints. Il faut dire que chaque bombe avait de grandes chances de provoquer des dommages collatĂ©raux car – Elle Ă©tait considĂ©rĂ©e dans la cible si elle tombait Ă  moins de 500m de part et d’autre de celle-ci – soit une envergure de 1000m – mais la gare de triage ne faisait que 300m de large ! – Le choix obscur a Ă©tĂ© fait aborder la gare de triage avec un angle de 30°, et non en enfilade. – À une vitesse de 380 km/h, un avion met 3 secondes Ă  parcourir les 500 mĂštres qui sĂ©parent la gare de triage et le centre-ville. Pas Ă©vident donc de larguer les bombes au bon moment ! Plan des destructions par bombardements et dĂ©molitions lors de la Reconstruction. On constate que ce sont les quartiers proches des voies de chemin de fer qui ont le plus souffert
 Cliquez pour agrandir Cette nuit du 18 au 19 avril 1944 Ă©tait une opĂ©ration d’envergure qui comprenait aussi les installations ferroviaires de Tergnier, Juvisy et Noisy-le-sec. En avril et mai, ce sont au total 37 triages de France, Belgique et Allemagne de l’ouest qui ont Ă©tĂ© dĂ©truits. Le bilan du bombardement du 19 avril 1944 a Ă©tĂ© Ă©valuĂ© par la commune de Sotteville-lĂšs-Rouen Ă  561 morts, 14 disparus, 226 blessĂ©s graves, 1575 sinistrĂ©s et une centaine de blessĂ©s lĂ©gers, mais le nombre de victimes a dĂ» ĂȘtre plus Ă©levĂ©, car deux ans aprĂšs on retrouverait encore des cadavres dans les dĂ©combres
 Sotteville a Ă©tĂ© libĂ©rĂ©e le 31 aoĂ»t 1944. Le bilan de la guerre est lourd 722 morts sous les bombes, un tiers des habitations dĂ©truites et un tiers trop endommagĂ©es pour ĂȘtre reconstruites. Si le sujet vous intĂ©resse, vous pouvez lire le livre trĂšs prĂ©cis de Paul Le Trevier et Daniel Rose Ce qui s’est vraiment passĂ© le 19 avril 1944 » â–ș VOIR AUSSI Tous les articles sur Sotteville bombardĂ©e

Le19 janvier 1419, durant la guerre de Cent Ans, le roi d'Angleterre Henry V prend la ville de Rouen et rattache la Normandie Ă  la couronne britannique. C'est dans cette ville, capitale du pouvoir anglais dans le royaume de France, que Jeanne d'Arc fut jugĂ©e et brĂ»lĂ©e le 30 mai 1431. La mĂȘme annĂ©e le jeune Henry VI est couronnĂ© roi de France et d'Angleterre Ă  Paris, avant de se rendre "Dans le bonheur d'autrui, je cherche mon bonheur." citation du Cid de Pierre CorneillePlace du Théùtre des Arts Ă  Rouen une belle statue de Pierre CORNEILLE domine majestueusement l'espace publique. Pourquoi cette statue Ă  cet endroit de la vie culturelle, musicale et théùtrale rouennaise ?Pour le moins cette Ɠuvre du sculpteur Jean-Pierre DAVID-D'ANGERS, bronze coulĂ© Ă  la cire perdue par le fondeur ThiĂ©bault, inaugurĂ©e le 19 octobre 1834 par le roi Louis-Philippe Ă  la pointe de l'Ăźle Lacroix, connut un parcours agitĂ© avant d'ĂȘtre installĂ©e par la commune aprĂšs la Seconde Guerre Mondiale sur cette place."Fuyer un ennemi qui sait votre dĂ©faut." Polyeucte 1643En effet,, le 19 juin 1940, l'armĂ©e française en dĂ©route face Ă  l'invasion des troupes allemandes, dĂ©cide de dynamiter tous les franchissements de la Seine et fait sauter le pont Corneille. La statue reste intacte par nazis occupants, en voulant rĂ©cupĂ©rer pour leur industrie de guerre tous les mĂ©taux non ferreux, Ă©valuent, trompĂ©s par les rĂ©sistants, le poids de la statue Ă  une tonne et demi et la soulĂšvent avec un palan prĂ©vu pour deux tonnes de charge. Patatras ! La statue pesant en rĂ©alitĂ© 4,540 tonnes tombe Ă  marĂ©e haute dans La Seine oĂč elle s'enlise. A marĂ©e basse les allemands la dĂ©coupent pour la charger dans un camion pour l'emmener en du sort ! ce camion tombe en panne et la statue est sauvĂ©e !.A la "LibĂ©ration", lors de la reconstruction de la ville, la statue reconstituĂ©e est mise en place face au Théùtre des premier regard, ce qui me frappe dans cette statue c'est l'attitude majestueuse de l'homme de loi que fut Pierre Corneille en tant qu'avocat au Parlement de Rouen. Tenant aux mains une plume et une page blanche, l'Ă©crivain, poĂšte et dramaturge paraissent ensuite."Aux Ăąmes bien nĂ©es, la valeur n'attend point le nombre des annĂ©es." Le Cid 1626Pierre Corneille est nĂ© d'une famille de petite bourgeoisie rouennaise le 6 juin 1606, rue de la Pie musĂ©e, tout prĂ©s de le place du Vieux MarchĂ©, et est dĂ©cĂ©dĂ© Ă  Paris le 1er octobre parents, soucieux de lui donner la meilleurs Ă©ducation intellectuelle de l'Ă©poque, le confiĂšrent au collĂšge des jĂ©suites de Rouen fondĂ© en y acquit une solide culture grĂ©co-latine qui lui permit de se former au Droit pour ĂȘtre admis comme avocat au Parlement de passion du dramaturge et du poĂšte pour la traduction des textes de l'AntiquitĂ© se ressent immĂ©diatement quand on Ă©tudie les textes de Corneille. Au lycĂ©e d'Evreux, oĂč j'Ă©tais interne, en premiĂšre, monsieur Gislain, un remarquable pĂ©dagogue, m'ouvrit l'esprit Ă  la dissertation par l'intermĂ©diaire des piĂšces de théùtre de Pierre Corneille est d'abord ressenti comme un penseur sĂ©rieux, monsieur Gislain fit dĂ©couvrir Ă  ses Ă©lĂšves l'avocat qui explore le fonctionnement politique de la sociĂ©tĂ© depuis le temps de l'AntiquitĂ© mais il leur prĂ©senta surtout l'Ă©crivain du l'anecdote, je fus interne dans ce lycĂ©e en mĂȘme temps que Pierre Goldman, un juif athĂ©e rĂ©volutionnaire d'extrĂȘme gauche, fils d'un couple de rĂ©sistants communistes polonais, Pierre m'ouvrit les yeux sur la rĂ©alitĂ© des dĂ©portations des juifs, des communistes, des gens du voyage, pendant le rĂ©gime de collaboration de Philippe PĂ©tain. Je garde un vif souvenir de mon camarade de classe dont les dissertations me dĂ©passĂšrent 7 fois sur 10. De nos copies corrigĂ©es par monsieur Gislain sur le Cid, Pierre Goldman obtenu de notre singulier et original professeur la note exceptionnelle de 21/20 pour son art de raisonner alors que moi en seconde place un lamentable 18/20 car je m'Ă©tais plutĂŽt penchĂ© sur les ressorts des sentiments des personnages, ignorant leur dialectique philosophique ! VexĂ© mais, avec le recul du temps, les 3 points qui nous sĂ©paraient rĂ©vĂ©laient le talent de mon gĂ©nial rival qui aurait pu devenir un grand Ă©crivain. Notre professeur lu devant la classe Ă  haute voix nos deux dissertations, la mienne Ă©tait bonne, celle de Pierre originale et passionnante ! J'avais alors dit Ă  monsieur Gislain que l'on reparlerait de Pierre Golgman "Oui, certainement mais j'espĂšre en bien !" me rĂ©pondit-il plus tard, Pierre Goldman dĂ©fraya en effet l'actualitĂ©, engagĂ© dans un mouvement rĂ©volutionnaire violent en relation avec l'ETA basque et accusĂ© Ă  tort ou Ă  raison d'un double meurtre commis lors d'une attaque Ă  main armĂ©e. Il a Ă©tĂ© abattu le 20 septembre 1979 vraisemblablement par un commando "Honneur de la Police" du SAC sous les ordres de "Debizet" qui trouvait scandaleux que Pierre Goldman soit remis en libertĂ© aprĂšs son procĂšs en cour d'appel de Justice. Si je ne partageais aucune de ses idĂ©es subversives, ni ses passages Ă  l'acte violents, je garderais toujours une profonde admiration pour cet intellectuel aux talents littĂ©raire et dialectique vraiment exceptionnels. Son histoire tragique me bouleverse encore car j'ai aimĂ© et admirĂ© ce personnage mystĂ©rieux aux antipodes de ce que je suis. Il contribua, lui aussi, Ă  libĂ©rer mon esprit du conservatisme bourgeois de ma ressemblait physiquement beaucoup Ă  son demi-frĂšre Jean-Jacques, cĂ©lĂšbre auteur compositeur, profondĂ©ment blessĂ© par cette lourde histoire familiale Ă  porter. Au moins eurent-ils en commun une trĂšs grande intelligence exacerbĂ©e par une sensibilitĂ© Ă  fleur de peau. Des expressions de Corneille sont passĂ©es dans notre langue courante sous forme de maximes dont beaucoup de gens ignorent l'origine "A qui sait bien aimer, il n'est rien d'impossible."MedĂ©eRaconter ses maux, souvent on les soulage."Polyeucte 1643"L'Amour est un grand maĂźtre, il instruit tout d'un coup."Le menteur 1644"Un bien acquis sans peine est un trĂ©sor en l'air."Le menteur"Devine, si tu peux et choisis, si tu l'oses."HĂ©racliusEt grĂące aux belles photos de Gi-Heff, que le remercie, je peux boucler mon article sur une citation du Cid dont je subis actuellement la situation "Ô rage ! Ô dĂ©sespoir ! Ô vieillesse ennemie ! N'ai-je tant vĂ©cu pour cette infamie ?"Je vous renvoie, chers lecteurs, Ă  vos classiques mais aussi au blog de mon ami Notes Le collĂšge des jĂ©suites devient le prestigieux LycĂ©e laĂŻc Corneille au dĂ©but du XIX°siĂšcle. Des statues de Pierre Corneille sont Ă©galement visibles du public dans la cours d'honneur de cet Ă©tablissement et Ă  l'HĂŽtel de Ville de Rouen, jumelĂ©e Ă  celle de Jeanne d' faut visiter la splendide chapelle saint Louis, synthĂšse entre le style gothique tardif et l'architecture classique; la chapelle du lycĂ©e Corneille, ou Ă©glise Saint-Louis, est une ancienne Ă©glise, qui se trouve rue Bourg-l'AbbĂ©, au sud du lycĂ©e Corneille, Ă  Rouen. L'Ă©glise fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 21 mars 1910. Elle abrite depuis 2016 une salle de spectacle de 600 places. TrĂšs mĂ©connue des rouennais, elle est pourtant la troisiĂšme plus grande Ă©glise de l' Goldman est l'auteur de deux ouvrages Souvenirs Qbscurs d'un Juif Polonais nĂ© en France -RĂ©cit autobiographique Ă©crit en prison- Editions du Seuil, 1975L'Ordinaire MĂ©saventure d'Archibald Rapoport -Roman du dĂ©sespoir et de la dĂ©raison- Editions Juliard, 1977Gi-Heff est un professionnel de la communication remarquable on peut lui demander de concevoir un blog, d'accomplir un reportage vidĂ©o ou photographique, une prĂ©sentation publicitaire ; vous ne serez pas déçus...
Rouenville aux cents clochers ville musĂ©e, Le palais de justice de Rouen, ancien Échiquier de Normandie, est un Ă©difice de la ville de Rouen Une premiĂšre fois ravagĂ© le 19 avril 1944 lors d'un bombardement de DĂ©couvrez cette photo sur la communautĂ© de geo.fr
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Un peu d’histoire avant la visite guidĂ©e privĂ©e de Gold Beach une des 5 Plages du DĂ©barquement, en jeep et vĂ©hicules militaire, accompagnĂ©e d’un historien lors de votre sĂ©minaire d’entreprise en Normandie ou de votre ComitĂ© de Direction. Au centre du dispositif de l’opĂ©ration Overlord, la plage de Gold Beach est avec celle de Sword Beach, le terrain d’action des troupes britanniques notamment la cinquantiĂšme division d’infanterie qui se lance Ă  l’assaut des forteresses et blockhaus allemands. Mais Gold Beach, c’est aussi une lĂ©gende, une prouesse technique unique dans un tel contexte. Sur Arromanches-les-Bains, entre bombardements, mitraillages et volontĂ© de vaincre, des hommes ont rĂ©ussi Ă  crĂ©er un port artificiel qui va permette aprĂšs le 6 juin 1944, de faire dĂ©barquer plusieurs milliers de soldats, des tonnes de matĂ©riels et poursuivre la pĂ©nĂ©tration indispensable en vue de la victoire. Prendre Bayeux, enlever Arromanches SituĂ©e sur les communes d’Asnelles et Ver-Sur-Mer, 25 000 hommes s’apprĂȘtent Ă  dĂ©barquer en ce matin du 6 juin. Les opĂ©rations sont confiĂ©es aux britanniques comme Ă  Sword. Le 30eme Corps d’armĂ©e Britannique GĂ©nĂ©ral Bucknell, la 69Ăšme brigade et la 50Ăšme division d’infanterie ont la charge d’investir la plage puis de foncer sur Bayeux, tout proche. Ce dĂ©barquement a Ă©tĂ© prĂ©cĂ©dĂ© d’un raid d’une centaine de bombardiers qui dĂ©versent plus de 600 tonnes de bombes pour faire sauter la batterie de Longues-Sur-Mer 4 canons de marine de 150 mm de longue portĂ©e. Gold Beach est en fait assez facilement conquis. Les objectifs sont pratiquement remplis malgrĂ© une contre-attaque ennemie en fin d’aprĂšs-midi. On dĂ©plorera Ă  la fin des opĂ©rations, la perte de 410 hommes. Les pertes allemandes sont inconnues. Les plages de Gold et Juno avaient un objectif conjoint. Prendre Bayeux, barrer l’axe routier principal Bayeux-Caen RN 13, effectuer la jonction avec les canadiens de Juno et les amĂ©ricains Ă  Port-en-Bessin Ă  l’ouest. Au soir du 6, les Britanniques ont Ă  peu prĂšs rempli leurs missions avec la formation d’une tĂȘte de pont de 9 km de large et autant en profondeur. Conduites par le GĂ©nĂ©ral Graham, les britanniques traversent le bocage normand, ses marais, ses terres infestĂ©es de mines et dont la gĂ©ographie rend difficile la progression des chars. Commandos dĂ©barquant Ă  Gold Beach Ă  Ver-sur-Mer le 6 juin 1944 Les Britanniques butent sur un point fortifiĂ© du hameau du Hamel Ă  l’ouest d’Asnelles aprĂšs avoir dĂ©barquĂ© sans trop de problĂšmes au lieu-dit Les Roquettes Ă  l’est d’Asnelles. Ce point fortifiĂ© allemand, Ă©pargnĂ© par les bombardements prĂ©liminaires alliĂ©s, va infliger des pertes aux Anglais et la position ne sera prise qu’en milieu d’aprĂšs-midi aprĂšs plusieurs assauts et l’appui des blindĂ©s. À l’opposĂ© est, devant Ver-sur-Mer, la 69e brigade enlĂšve les dĂ©fenses allemandes du hameau de la RiviĂšre en milieu de matinĂ©e, unique rĂ©sistance notable. Elle prend ensuite deux batteries situĂ©es Ă  Mont-Fleury et Marefontaine, qui avaient Ă©tĂ© prĂ©alablement mises hors de capacitĂ© de tir par les bombardements conjoints, aĂ©riens et navals. Voir aussi L’occupant allemand a quittĂ© la ville. Le 7 juin en fin de matinĂ©e, Bayeux sera la premiĂšre sous-prĂ©fecture française libĂ©rĂ©e. Le 8 juin, Port-en-Bessin est transformĂ© en port pĂ©trolier. Le secteur d’Arromanches-les-Bains, pris en fin d’aprĂšs-midi, immĂ©diatement Ă  l’ouest de Gold Beach est transformĂ© en port artificiel. Les troupes britanniques ont en fin de compte avancĂ© Ă  l’intĂ©rieur des terres et sont en vue de la Route Nationale 13. Ils vont faire leur jonction avec les troupes canadiennes dĂ©barquĂ©es Ă  Juno Beach, ce qui n’est pas le cas avec les amĂ©ricains qui rencontrent des difficultĂ©s sur le secteur d’Omaha Beach. Un port artificiel pour une prouesse technique Face Ă  l’impossibilitĂ© de s’emparer d’un grand port dans les premiers jours du dĂ©barquement, et parce qu’il n’y a pas de port en eaux profondes dans le secteur, les AlliĂ©s dĂ©cidĂšrent de crĂ©er deux ports artificiels sur les plages acquises. Mulberry A pour les AmĂ©ricains, construit Ă  Omaha B pour les Anglo-Canadiens, construit Ă  Arromanches. Seul ce dernier sera opĂ©rationnel. Le 19 juin, une forte tempĂȘte, inhabituelle en cette saison, dĂ©truit Mulberry A et endommage gravement Mulberry B. Celui-ci sera plus tard rebaptisĂ© Port Winston, en l’honneur de Winston Churchill, l’un des initiateurs de ce programme. Dans le silence et le secret le plus absolu, des sociĂ©tĂ©s britanniques vont construire pendant huit mois, des piĂšces prĂ©fabriquĂ©es qui seront remorquĂ©es jusqu’au large d’Arromanches. Port artificiel d’Arromanches Gold Beach une des cinq Plages du DĂ©barquement DĂšs le 7 juin 1944, Ă  1,5 km des cĂŽtes, plus d’une centaine de caissons en bĂ©ton de 3 000 Ă  6 000 tonnes, appelĂ©s Phoenix, ainsi que de vieux navires coulĂ©s pour les besoins de la cause serviront de brise-lames et de digues sur 8 km de long. ProtĂ©gĂ©es de la houle, ces plates-formes flottantes en acier, coulissant sur des pilotis seront mises en place. En 12 jours, le port artificiel d’Arromanches sera opĂ©rationnel, il permettra de dĂ©barquer environ 500 000 vĂ©hicules et de 3 Ă  4 millions de tonnes de matĂ©riel. Il s’agit d’une prouesse technique exceptionnelle pour l’époque et dans les conditions de difficultĂ©s extrĂȘmes, au mĂ©pris des plus grands dangers. L’existence d’une telle structure permettra aux AlliĂ©s de ne pas se focaliser sur la prise d’un port dans les semaines suivant le dĂ©barquement contrairement Ă  ce que les allemands croyaient. Ces deux ports ont jouĂ© un rĂŽle important dans la stratĂ©gie d’Overlord. À visiter / voir autour de Gold Beach MusĂ©e America Gold Beach MusĂ©e America Gold Beach Ă  Ver-sur-Mer 2 place Amiral Byrd – 14114 Ver-sur-Mer – La partie Gold Beach retrace la prĂ©paration minutieuse du dĂ©barquement par les services secrets britanniques et le Jour-J sur Gold Beach, l’assaut victorieux de la 69Ăšme brigade au 6 juin 1944. Maquettes, dioramas, documents photographiques, objets et souvenirs personnels. DurĂ©e de la visite 40min. MusĂ©e du DĂ©barquement Place du 6 Juin, 14117 Arromanches-les-Bains – MusĂ©e couvert et en plein air commĂ©morant la bataille et le dĂ©barquement de Normandie Batterie de Longues-sur-Mer La Batterie allemande de Longues-sur-Mer Ouvrage majeur du Mur de l’Atlantique, la batterie de dĂ©fense cĂŽtiĂšre allemande de Longues-sur-Mer comprend un poste de commandement de tir et quatre casemates abritant chacune une piĂšce d’artillerie de 150 mm. SituĂ©e au cƓur du secteur d’assaut alliĂ©, au sommet d’une falaise dominant la Manche, elle joua un rĂŽle stratĂ©gique lors du DĂ©barquement des forces alliĂ©es. Voir aussi
 Visite des Plages du DĂ©barquement en privatif avec historiens et vĂ©hicules militairesUtah Beach, Plage du DĂ©barquement 1Sword Beach, Plage du DĂ©barquement 2Gold Beach, Plage du DĂ©barquement 3Juno Beach, Plage du DĂ©barquement 4Omaha Beach, Plage du DĂ©barquement 5
3PLACE DU 19 AVRIL 0 ROUEN. SiĂšge: FONCIA GROUPE Antony. SIREN: 424641066 SIRET: 42464106600057. ActivitĂ©: ActivitĂ©s des sociĂ©tĂ©s holding. Finance et assurances. Note de l'employeur 4.4/5 basĂ© sur 7 notes Cliquez pour noter ! Avis; Contact ; Salaire; Questionnaire; Avis FONCIA GROUPE Rouen Appartement de 2 piĂšces de 34 m2 dans rĂ©sidence soignĂ©e Ă  100 mĂštres de la Place du Vieux MarchĂ©. Il se compose d'une piĂ©ce de vie ouverte sur la cuisine Ă©quipĂ©e et amĂ©nagĂ©e plaques, hotte, rĂ©frigĂ©rateur, lave linge, d'une chambre, et d'une salle d'eau avec WC. L'appartement dispose Ă©galement d'une cave. Taxe fonciĂšre 763 € Faibles charges. Les plus porte blindĂ©e, radiateurs recent, double vitrage. A visiter rapidement !!! RĂ©f. 00364852
Placedu Théùtre des Arts Ă  Rouen une belle statue de Pierre CORNEILLE domine majestueusement l'espace publique. Pourquoi cette statue Ă  cet endroit de la vie culturelle, musicale et théùtrale rouennaise ? Pour le moins cette Ɠuvre du sculpteur Jean-Pierre DAVID-D'ANGERS, bronze coulĂ© Ă  la cire perdue par le fondeur ThiĂ©bault, inaugurĂ©e le 19 octobre 1834

Le Mur des Noms, MĂ©morial de la Shoah Corinne Bouillot. Le projet de pose de Stolpersteine dans l’agglomĂ©ration rouennaise vise, outre ses objectifs mĂ©moriels, pĂ©dagogiques et citoyens[1], Ă  impulser de nouvelles recherches sur des victimes de la Shoah tout en valorisant les travaux existants. Rendre un hommage individuel aux victimes, auxquelles la pose de ces pavĂ©s commĂ©moratifs redonne un nom et une identitĂ© devant leur dernier domicile, nĂ©cessite souvent de complĂ©ter les donnĂ©es biographiques disponibles — par exemple celles que l’on trouve sur la base en ligne des victimes du MĂ©morial de la Shoah[2]. Entreprendre ou faire connaĂźtre des recherches sur des victimes s’inscrit dans un processus d’individualisation de la mĂ©moire de la Shoah auquel Serge Klarsfeld a largement contribuĂ© pour l’ensemble de la France en Ă©tablissant la liste des personnes dĂ©portĂ©es avec mention de leur adresse au moment de leur arrestation[3]. Dans la mise en Ɠuvre du projet des Stolpersteine Ă  Rouen, nous entendons toutefois par derniĂšre adresse », conformĂ©ment aux choix de l’artiste Gunter Demnig, le dernier domicile librement choisi, donc avant un Ă©ventuel dĂ©part forcĂ© consĂ©cutif Ă  la guerre ou Ă  la persĂ©cution. Cette prĂ©cision est importante pour la prĂ©sente synthĂšse sur la famille Burstin, dont deux des membres, Osias et Ginette, n’ont pas Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s Ă  Rouen, mais Ă  Limoges. Avant de fournir des rĂ©sultats en partie inĂ©dits sur le parcours et le sort de cette famille, je rappellerai tout d’abord quelles sources il est possible d’exploiter et de croiser pour une recherche micro-historique de ce type. À Rouen, le projet des PavĂ©s de MĂ©moire a pu dĂšs ses origines s’appuyer sur le travail minutieux rĂ©alisĂ© durant de longues annĂ©es par Françoise Bottois, ancienne enseignante d’histoire-gĂ©ographie de l’acadĂ©mie de Rouen, sur les Juifs du Grand Rouen » de la pĂ©riode d’occupation et la Shoah. Son livre De Rouen Ă  Auschwitz[4], publiĂ© en 2015, restitue l’identitĂ© des victimes et les situe dans l’espace urbain. Il dĂ©crit succinctement de nombreux parcours individuels, tout en inscrivant l’étude locale dans le contexte plus large de la persĂ©cution des Juifs dans la France occupĂ©e. Les chercheurs Ă©tant souvent confrontĂ©s Ă  des sources lacunaires, voire contradictoires, il est nĂ©cessaire d’apporter rĂ©guliĂšrement des complĂ©ments et/ou des correctifs[5]. Ceux-ci n’empĂȘchent pas la persistance de zones d’ombre, et il faut parfois s’en tenir Ă  des hypothĂšses, y compris lorsque la fiabilitĂ© des sources disponibles est incertaine. La recherche biographique n’est donc jamais dĂ©finitive, car de nouvelles sources peuvent aussi ĂȘtre trouvĂ©es. C’est dans cette dĂ©marche que s’inscrit la prĂ©sente Ă©tude. Elle prend en compte le sort d’Osias Burstin, qui n’avait pas Ă©tĂ© recensĂ© comme Juif en octobre 1940 Ă  Rouen — alors que ce recensement constitue souvent le point de dĂ©part de la recherche pour une ville donnĂ©e. Elle actualise aussi les informations sur le parcours de sa fille Ginette, qui a survĂ©cu Ă  sa dĂ©portation Ă  Auschwitz, alors que plusieurs publications ou bases de donnĂ©es indiquent qu’elle y a Ă©tĂ© assassinĂ©e, sans doute sur la base de sources elles-mĂȘmes erronĂ©es[6]. Les sources exploitables pour reconstituer le parcours d’une victime sont nombreuses et variĂ©es ; elles sont internationales, nationales et locales. La consultation de diverses bases de donnĂ©es biographiques en ligne peut constituer un bon point de dĂ©part celle Ă©voquĂ©e plus haut du MĂ©morial de la Shoah ; celle de Yad Vashem, oĂč l’on trouve aussi des feuilles de tĂ©moignage dĂ©posĂ©es par les familles ; celles du ministĂšre français des ArmĂ©es Ă  consulter sur le site MĂ©moire des hommes » ; celle encore des dĂ©tenus des camps d’Auschwitz sur la page internet dĂ©diĂ©e du musĂ©e[7]. Le musĂ©e d’Auschwitz dĂ©tient des archives Ă  consulter sur place, mais ses archivistes peuvent aussi fournir aux chercheurs, Ă  distance, des informations relatives Ă  une victime Ă  partir des sources dont ils disposent. À l’échelle internationale Ă©galement, les Arolsen Archives ancien Service International de Recherches – ITS, Ă©tablies en Allemagne, constituent le principal centre de documentation et d’information sur la persĂ©cution nationale-socialiste. Elles ont mis en ligne une partie de leurs collections, mais peuvent aussi envoyer des documents sur demande. Pour la France, des recherches sont possibles au Centre de Documentation Juive Contemporaine CDJC, MĂ©morial de la Shoah dont l’objectif est, depuis ses origines, de documenter la persĂ©cution des Juifs en France pendant la Seconde Guerre mondiale. On n’oubliera pas, surtout, le Service historique de la DĂ©fense sa division des archives des victimes des conflits contemporains DAVCC, basĂ©e Ă  Caen, regroupe entre autres les dossiers de dĂ©portĂ©s ou internĂ©s de la Seconde Guerre mondiale, assassinĂ©s ou survivants, dont il s’agissait Ă  l’origine de faire valoir les droits. Pour reconstituer le parcours d’une famille et disposer d’élĂ©ments antĂ©rieurs Ă  la dĂ©portation, la consultation des sources locales est incontournable. Pour Rouen, on s’appuiera notamment sur les Archives dĂ©partementales de Seine-Maritime elles disposent par exemple des fichiers du recensement des Juifs d’octobre 1940 et des listes et procĂšs-verbaux d’arrestation pour les diffĂ©rentes rafles qui se sont succĂ©dĂ© dans l’agglomĂ©ration. Françoise Bottois a trĂšs largement exploitĂ© ces sources, parmi d’autres, pour rĂ©diger son livre Ă©voquĂ© plus haut, et Marie-Christine Hubert, chargĂ©e des recherches sur les fonds de la Seconde Guerre mondiale et associĂ©e au projet des Stolpersteine, peut fournir une aide aux chercheurs. Pour la prĂ©sente Ă©tude, les Ă©changes avec plusieurs historiens et historiennes dans diffĂ©rentes rĂ©gions, Françoise Bottois pour Rouen, mais aussi l’ancien archiviste Bernard Reviriego[8] pour la Dordogne et Bernard Pommaret, chercheur qui a beaucoup travaillĂ© dans les Archives dĂ©partementales de la Haute-Vienne[9], se sont rĂ©vĂ©lĂ©s extrĂȘmement prĂ©cieux pour croiser ou comparer les informations et reconstituer au moins partiellement l’itinĂ©raire des membres de la famille Burstin qui avaient quittĂ© Rouen pour s’établir en zone sud. La famille Burstin est originaire de Pologne. Osias Samuel est nĂ© le 24 mars 1893 Ă  Rawa-Ruska et son Ă©pouse Anna est nĂ©e Blanfeld le 15 aoĂ»t 1898 Ă  Brzezany. La Galicie, dont faisaient partie ces deux localitĂ©s, comptait une importante minoritĂ© de Juifs polonais principalement yiddishophones. RattachĂ©e Ă  l’Empire austro-hongrois au moment de leur naissance[10], la rĂ©gion redevient polonaise aprĂšs la PremiĂšre Guerre mondiale. On ne sait pas quand ils se sont mariĂ©s[11], mais leur fille aĂźnĂ©e, Clara, naĂźt le 19 aoĂ»t 1923 Ă  Vienne Autriche. ArrivĂ©s Ă  Rouen en 1924 en tant que ressortissants polonais[12], Osias, Anna et Clara emmĂ©nagent rue Samuel Bochard puis s’installent durablement dans un quartier modeste de l’est de la ville[13], oĂč vivent aussi d’autres familles juives Ă©trangĂšres. La fille cadette, Ginette, naĂźt Ă  Mont-Saint-Aignan le 20 avril 1926. Osias et Anna sont naturalisĂ©s Français le 18 septembre 1929, de mĂȘme que leur fille Clara nĂ©e Ă  l’étranger[14] — alors que Ginette, nĂ©e en France, est dĂ©jĂ  Française. De nombreuses familles juives Ă©trangĂšres arrivĂ©es Ă  la mĂȘme Ă©poque demandent la nationalitĂ© française et sont soucieuses de s’intĂ©grer, comme en tĂ©moignent entre autres les prĂ©noms qu’elles donnent Ă  leurs enfants. Au moment des recensements de population de 1931 et 1936, la famille habite 12 rue du Rempart Martainville dans le quatriĂšme canton de Rouen[15]. Les parents sont petits commerçants. D’abord commis-visiteur puis marchand de balais, Osias est ensuite marchand d’habits[16] en 1936, un commerce de vĂȘtements neufs et d’occasion Ă©tabli dans une loge sur le marchĂ© de la place Saint-Marc est inscrit Ă  son nom au registre du commerce de Rouen. Anna, quant Ă  elle, y a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© enregistrĂ©e en 1929 comme marchande ambulante en bonneterie[17] ; mais sans doute travaille-t-elle dĂ©sormais avec son mari. Dans les registres du recensement des Juifs, en 1940 cf. infra, leurs deux filles sont dĂ©clarĂ©es sans profession[18], et on ne dispose pas d’élĂ©ments concernant leur parcours scolaire ; peut-ĂȘtre aident-elles, Ă  ce moment-lĂ , leur mĂšre sur le marchĂ©. Au moment du recensement des Juifs d’octobre 1940, imposĂ© par les autoritĂ©s allemandes et effectuĂ© par les administrations françaises, Anna, Clara et Ginette rĂ©sident au 43 rue Victor Hugo, non loin de leur prĂ©cĂ©dente adresse — mais on ne sait pas Ă  quel moment, entre 1936 et 1940, la famille Burstin y a emmĂ©nagĂ©. Un T rouge inscrit sur le registre du ContrĂŽle des IsraĂ©lites » indique que toutes trois font apposer le tampon Juive » sur leur carte d’identitĂ©[19]. Osias, quant Ă  lui, ne se fait pas recenser. On peut supposer qu’il a quittĂ© Rouen entre mai ou juin 1940 et octobre 1940, puisque dans un dossier d’aprĂšs-guerre, sa fille Ginette indique qu’il Ă©tait rĂ©fugiĂ© en zone libre »[20]. Il est possible qu’il ait Ă©tĂ© dĂ©naturalisĂ©, Ă  cette Ă©poque ou plus tard, en application de la loi du 23 juillet 1940 sur la rĂ©vision des acquisitions de nationalitĂ© française intervenues depuis 1927 sur diffĂ©rentes listes ultĂ©rieures de victimes du nazisme cf. infra, il apparaĂźt en effet comme Polonais. Sur les raisons du dĂ©part d’Osias Burstin, qui laisse donc sa famille Ă  Rouen, il reste difficile de fournir des donnĂ©es fiables et surtout datĂ©es, mais plusieurs Ă©lĂ©ments permettent de penser qu’il a rejoint un rĂ©seau de rĂ©sistance en zone non occupĂ©e. Son nom sans autre indication apparaĂźt en effet sur deux listes de rĂ©sistants polonais dans des publications diffĂ©rentes une liste de combattants juifs polonais de la POWN morts en France en 1944 », avec une brĂšve introduction prĂ©cisant qu’elle comporte les noms des Juifs polonais en France occupĂ©e qui se sont portĂ©s volontaires pour rejoindre la POWN et sont tombĂ©s dans la lutte contre l’Allemagne en France, la plupart en 1944 Ă  Lyon et dans les environs »[21] ; une liste polonaise des membres du mouvement de rĂ©sistance morts en France pour la libertĂ© »[22]. La POWN Organisation polonaise de lutte pour l’indĂ©pendance n’a Ă©tĂ© créée qu’en 1941, mais regroupait les Ă©bauches de mouvements de rĂ©sistance qui avaient spontanĂ©ment prolifĂ©rĂ©, particuliĂšrement en zone libre »[23]. Un renseignement fourni par sa fille Ginette aprĂšs-guerre peut par ailleurs confirmer qu’il a exercĂ© des activitĂ©s de rĂ©sistance Ă  un moment ou Ă  un autre Ă©voquant sa propre arrestation en mars 1944 cf. infra, elle indique que celle-ci a eu lieu Ă  leur domicile de Limoges dans le cadre d’une perquisition de la Gestapo consĂ©cutive Ă  l’arrestation d’Osias[24]. Ginette ne fait certes pas mention des activitĂ©s de rĂ©sistant de son pĂšre dans la demande d’attribution du titre d’internĂ© politique qu’elle adresse alors aux ministĂšre des Anciens Combattants et Victimes de Guerre[25], mais peut-ĂȘtre Osias ne l’en avait-il pas informĂ©e pour la protĂ©ger. Il avait par ailleurs continuĂ©, Ă  Limoges, Ă  exercer sa profession de commerçant, dont on retrouve la mention sur divers documents. Ginette a rejoint son pĂšre en zone sud, sans sa mĂšre ni sa sƓur. Le 15 janvier 1943, sa prĂ©sence et celle d’Osias est attestĂ©e Ă  Limoges c’est le moment oĂč ils font apposer la mention Juif / Juive » sur leur carte d’identitĂ©, en application de la loi du 11 dĂ©cembre 1942 — pour la zone sud cette fois, occupĂ©e depuis novembre. À ce moment-lĂ , ils rĂ©sident 5 place de la Motte dans le centre de Limoges[26]. Les sources consultĂ©es ne permettent pas de savoir Ă  quelle date Ginette a quittĂ© Rouen, mais on peut supposer qu’elle l’a fait Ă  la fin de l’annĂ©e 1942 ou au dĂ©but de l’annĂ©e 1943, puisqu’elle apparaĂźt encore sur une liste de Juifs rĂ©sidant Ă  Rouen datĂ©e du 22 octobre 1942[27] et ne figure pas parmi les personnes dont on cherche Ă  localiser la nouvelle adresse en vue de la rafle rouennaise de janvier 1943[28]. En revanche, on peut reconstituer avec plus de certitude le parcours de sa mĂšre Anna et de sa sƓur Clara, qui subissent le sort rĂ©servĂ© Ă  la majoritĂ© des Juifs rouennais, de la discrimination Ă  l’arrestation sur place puis Ă  la dĂ©portation. En fĂ©vrier 1941, Anna, qui a repris, aprĂšs le dĂ©part de son mari, la loge du marchĂ© Saint-Marc que lui loue la ville de Rouen et oĂč elle vend des vĂȘtements, est dessaisie de son commerce. D’abord gĂ©rĂ© par un administrateur provisoire, il est liquidĂ© en juin 1941, aprĂšs qu’elle a Ă©tĂ© radiĂ©e du registre du commerce. AprĂšs sa spoliation, qui frappe aussi les autres commerçants juifs rouennais, elle n’a quasiment plus de moyens de subsistance[29]. En juin 1942, Anna, Clara et Ginette figurent sur une liste des Juifs de l’agglomĂ©ration rouennaise ayant retirĂ© leurs insignes » Ă©toiles jaunes[30], dont le port vient d’ĂȘtre rendu obligatoire, pour la zone occupĂ©e, par l’ordonnance allemande du 29 mai 1942. Lors de la troisiĂšme rafle de Juifs Ă  Rouen, dans la nuit du 15 au 16 janvier 1943, opĂ©rĂ©e par la police française sur ordre de la section antijuive de la Gestapo de Paris transmis par la Sipo-SD rĂ©gionale, Anna et Clara Burstin sont arrĂȘtĂ©es Ă  leur domicile rue Victor Hugo[31]. AprĂšs avoir passĂ© le reste de la nuit au centre d’accueil » de la rue Poisson Ă  Rouen, elles sont conduites, avec les autres personnes raflĂ©es, au camp de Drancy. Elles sont dĂ©portĂ©es par le convoi no 48 du 13 fĂ©vrier 1943 Ă  Auschwitz-Birkenau oĂč elles sont assassinĂ©es, vraisemblablement dĂšs leur arrivĂ©e[32]. Dans la demande d’attribution du titre de dĂ©portĂ©e politique pour sa mĂšre qu’elle remplit aprĂšs la guerre, Ginette indique qu’elle a reçu une carte de Drancy en fĂ©vrier 1943, mais qu’elle n’a eu depuis aucune nouvelle »[33]. Extrait d’une liste de Juifs arrĂȘtĂ©s Ă  Rouen le 15/16 janvier 1943 ADSM 3352W2 Osias et Ginette Burstin sont arrĂȘtĂ©s le 21 mars 1944 Ă  Limoges. Osias est arrĂȘtĂ© par les Allemands », en sortant d’une librairie », prĂ©cise Ginette aprĂšs-guerre dans la demande d’attribution du titre d’internĂ© politique pour son pĂšre[34]. Il a manifestement Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© par la Gestapo[35], place Dussoubs dans le centre-ville, selon les sources des Archives dĂ©partementales de la Haute-Vienne[36]. Ginette est quant Ă  elle arrĂȘtĂ©e Ă  leur domicile 5 place de la Motte, alors que la Gestapo y effectue une perquisition aprĂšs avoir arrĂȘtĂ© Osias[37]. Ils sont tous deux incarcĂ©rĂ©s Ă  la prison de Limoges. De la prison de Limoges, Osias est amenĂ© avec 24 autres personnes Ă  Sainte-Marie-de-Chignac, en Dordogne Ă  une centaine de kilomĂštres, pour y ĂȘtre exĂ©cutĂ© le 27 mars 1944. Le massacre de Sainte-Marie-de-Chignac, qui s’inscrit dans une sĂ©rie de reprĂ©sailles consĂ©cutives Ă  des actions de la RĂ©sistance en Dordogne, est perpĂ©trĂ© par un dĂ©tachement de la division Brehmer commandĂ© par le sous-lieutenant Michael Hambrecht, chef de la Sipo-SD de Dordogne 25 otages amenĂ©s de Limoges, des rĂ©sistants et une majoritĂ© de victimes juives, sont fusillĂ©s au lieu-dit Les Potences, Ă  l’endroit oĂč, quelques jours plus tĂŽt, un convoi allemand a Ă©tĂ© attaquĂ© par la RĂ©sistance. Deux d’entre eux, seulement blessĂ©s, survivent[38]. Le nom de Burstein O. » figure sur la stĂšle de RiviĂšres basses Ă  Sainte-Marie-de-Chignac, qui honore la mĂ©moire des 23 victimes de la barbarie allemande — 27 mars 1944 »[39]. Osias a pu ĂȘtre identifiĂ© par une ordonnance, dĂ©livrĂ©e par une pharmacie de Limoges, qu’il portait sur lui le jour de son exĂ©cution c’est sur cette base que la mairie de Sainte-Marie-de-Chignac Ă©tablit un bulletin de dĂ©cĂšs en 1953[40]. AprĂšs 1945, des documents comportant des erreurs ont rendu difficile, pour le ministĂšre des Anciens Combattants et Victimes de Guerre, la reconstitution exacte du parcours d’Osias Burstin. Ayant Ă©tĂ© exĂ©cutĂ© aprĂšs avoir Ă©tĂ© dĂ©tenu Ă  Limoges, il a parfois Ă©tĂ© considĂ©rĂ©, Ă  tort, comme fusillĂ© dans cette ville[41]. Ainsi Ginette a-t-elle eu, aprĂšs la guerre, beaucoup de difficultĂ©s Ă  obtenir des informations fiables sur ce qu’était devenu son pĂšre. De Limoges, Ginette Burstin est transfĂ©rĂ©e Ă  Drancy le 7 avril 1944 et dĂ©portĂ©e Ă  Auschwitz-Birkenau par le convoi no 71 du 13 avril 1944[42]. Sur la liste de dĂ©portation, sa profession indiquĂ©e est magasiniĂšre[43]. À l’arrivĂ©e du convoi, dans la soirĂ©e du 15 avril 1944[44], elle est sĂ©lectionnĂ©e pour le travail sous le matricule 78573. Elle a Ă  peine 18 ans au moment oĂč elle entre dans le camp. Ginette Kolinka, survivante du convoi 71, ne se souvient pas de Ginette Burstin ; elle a un vague souvenir d’une Ginette jeune, mais ce prĂ©nom Ă©tait trĂšs courant Ă  l’époque, prĂ©cise-t-elle elle-mĂȘme[45]. Les archives du musĂ©e d’Auschwitz m’ont transmis sa fiche de travail Arbeitseinsatz », qui comporte toutefois trĂšs peu d’informations son nom et son prĂ©nom orthographiĂ© Genette », sa date de naissance, son matricule, sa nationalitĂ© Juive française » et sa profession d’origine vendeuse. Les cases relatives aux commandos et besognes auxquels elle a Ă©tĂ© affectĂ©e sont vierges. Ginette survit. Elle est libĂ©rĂ©e le 27 janvier 1945 par l’ArmĂ©e rouge. Elle est alors hospitalisĂ©e sur place, Ă  l’hĂŽpital de la Croix-Rouge polonaise installĂ© dans le camp principal Auschwitz I[46]. Elle fait ainsi partie des quelque 7000 dĂ©tenus qui n’ont pas pu faire les marches de la mort » et se trouvaient donc encore au camp Ă  l’arrivĂ©e des SoviĂ©tiques, trĂšs malades ou extrĂȘmement affaiblis. Ginette apparaĂźt sur une liste de ressortissants français prĂ©sents au camp d’Auschwitz » datĂ©e du 14 avril 1945, mais ne figure plus sur la liste complĂ©mentaire de 17 Français qui y sont encore le 14 juin 1945[47]. Sans doute a-t-elle quittĂ© Auschwitz juste avant cette seconde date, car elle est rapatriĂ©e par Marseille le 7 juillet 1945[48]. Les transports de rapatriement de Français libĂ©rĂ©s au moment de l’avance des troupes soviĂ©tiques empruntaient l’itinĂ©raire suivant de Katowice Ă  Odessa, par la mer Noire et la MĂ©diterranĂ©e jusqu’à Marseille. Le navire alliĂ© Ascanius, qui transportait plus de 1900 prisonniers de guerre et dĂ©portĂ©s dont une centaine de femmes, semble ĂȘtre parti d’Odessa le 22 juin 1945. Il arrive dans le port de Marseille dans la journĂ©e du 7 juillet et les rapatriĂ©s sont conduits au centre de la Madrague — l’un des principaux centres d’accueil en France —, qu’ils quittent aprĂšs avoir reçu un colis alimentaire, des tickets d’alimentation et une petite somme d’argent[49]. De retour Ă  Limoges oĂč elle se rĂ©installe sa prĂ©sence y est attestĂ©e en aoĂ»t 1945, Ginette Burstin engage immĂ©diatement des recherches concernant le sort de son pĂšre[50] — qu’elle poursuit auprĂšs du ministĂšre des Anciens Combattants et Victimes de Guerre jusque dans les annĂ©es 1950[51]. Elle-mĂȘme bĂ©nĂ©ficie, Ă  son retour de dĂ©portation, des aides du COSOR / COJASOR ComitĂ© des Ɠuvres sociales des organisations de la RĂ©sistance / ComitĂ© juif d’action sociale et de reconstruction sa fiche mentionne qu’elle est dans un Ă©tat de trĂšs grande dĂ©pression nerveuse » et qu’ un secours est trĂšs nĂ©cessaire »[52]. Peu aprĂšs son retour, elle rend nĂ©anmoins visite Ă  ses anciennes voisines Ă  Rouen, Linda, Pauline et Gaby Ganon, sans doute pour obtenir des informations sur le sort de sa mĂšre et de sa sƓur dans les demandes qu’elle remplit ultĂ©rieurement, elle nomme en effet Madame Ganon comme tĂ©moin de l’arrestation d’Anna et de Clara en janvier 1943[53]. Il semble qu’à l’occasion de cette visite, elle leur ait fait part de son dĂ©sir d’émigrer au plus vite aux États-Unis[54]. Une fiche datĂ©e de 1948 conservĂ©e aux Arolsen Archives montre en tout cas qu’un dossier de demande d’émigration a Ă©tĂ© ouvert Ă  son nom auprĂšs du Joint » American Jewish Joint Distribution Committee[55]. On peut supposer que Ginette avait de la famille aux USA — les Burstin originaires de Pologne y sont nombreux — mais que sa demande d’immigration n’a donc pas abouti. Au plus tard en 1947, elle rĂ©side Ă  Paris. En 1953, elle exerce la profession d’aide-comptable et est encore cĂ©libataire[56]. On apprend par son acte de dĂ©cĂšs qu’elle s’est ensuite mariĂ©e. Elle dĂ©cĂšde le 26 aoĂ»t 1988 Ă  son domicile de Clichy-la-Garenne. Les informations croisĂ©es sur le sort qu’ont subi les quatre membres de la famille Burstin de Rouen donnent un aperçu de la mise en Ɠuvre de la Shoah en France[57], dans la zone occupĂ©e et dans la zone dite libre oĂč se sont rĂ©fugiĂ©s de nombreux Juifs, mais qui est envahie Ă  son tour en novembre 1942. DiscriminĂ©s, fichĂ©s, dĂ©possĂ©dĂ©s de leurs biens, stigmatisĂ©s par l’étoile jaune en zone occupĂ©e et par un tampon spĂ©cial apposĂ© sur leur carte d’identitĂ© dans toute la France, les Juifs français et Ă©trangers sont systĂ©matiquement traquĂ©s, arrĂȘtĂ©s, dĂ©portĂ©s, avec la complicitĂ© de l’État français et des administrations françaises. Quand ils ne sont pas victimes de la dĂ©portation — le sort trĂšs largement majoritaire des Juifs de France assassinĂ©s —, ils sont exĂ©cutĂ©s comme Osias, sorti de la prison oĂč il a Ă©tĂ© incarcĂ©rĂ© pour ĂȘtre fusillĂ©. Peu de dĂ©portĂ©s juifs rentrent des camps comme Ginette, qui, extrĂȘmement affaiblie par des mois de travaux forcĂ©s et de mauvais traitements Ă  Auschwitz, doit encore affronter la disparition de sa mĂšre, de son pĂšre et de sa sƓur. À 19 ans au moment de son retour, elle est, avec Denise Holstein, qui vit encore aujourd’hui et a longtemps tĂ©moignĂ© de ce qu’elle avait subi, la seule jeune femme rouennaise rescapĂ©e d’Auschwitz — parmi les quelque 300 Juifs de l’agglomĂ©ration arrĂȘtĂ©s sur place ou hors du dĂ©partement, dont 241 au moins, et sans doute davantage, ne sont pas rentrĂ©s des camps de concentration et des centres de mise Ă  mort[58]. Au printemps 2021, Ă  l’occasion de la deuxiĂšme phase du projet des Stolpersteine, quatre PavĂ©s de MĂ©moire doivent ĂȘtre posĂ©s devant le 43 rue Victor Hugo, dans le centre de Rouen, pour honorer la mĂ©moire d’Osias, d’Anna, de Clara, assassinĂ©s, et de Ginette, aujourd’hui dĂ©cĂ©dĂ©e et Ă  laquelle sans doute personne n’a encore pu rendre hommage. NOTES [1] Voir Ces objectifs sont rappelĂ©s dans C. Bouillot, Stolpersteine dans l’agglomĂ©ration rouennaise les enjeux europĂ©ens et locaux d’un projet mĂ©moriel, Ă©ducatif et citoyen », in L’Atelier des Savoirs, [2] Cette base est rĂ©guliĂšrement actualisĂ©e, comme pour les quatre membres de la famille Burstin, sur lesquels ValĂ©rie Kleinknecht, du MĂ©morial, a rĂ©digĂ© en septembre 2020 de nouvelles notices reposant sur la synthĂšse des recherches que j’avais commencĂ© Ă  Ă©tablir. [3] S. Klarsfeld, MĂ©morial de la DĂ©portation des Juifs de France, Paris, Fils et filles des dĂ©portĂ©s juifs de France, 2012 nouvelle Ă©dition ; l’édition originale date de 1978. [4] F. Bottois, De Rouen Ă  Auschwitz les Juifs du Grand Rouen » et la Shoah, 9 juin 1940-31 juillet 1944, Nice, Ovadia, 2015. Une réédition corrigĂ©e et augmentĂ©e est prĂ©vue pour 2021. [5] Ce que F. Bottois a fait elle-mĂȘme pour la premiĂšre Ă©dition de notre projet, en rĂ©digeant des biographies par famille bientĂŽt disponibles en ligne sur [6] C’est le cas pour la base de donnĂ©es des noms des victimes de la Shoah de Yad Vashem qui s’appuie ici sur l’édition de 1978 du MĂ©morial de la dĂ©portation des Juifs de France, et pour la premiĂšre Ă©dition du livre de F. Bottois citĂ© prĂ©cĂ©demment. [7] ; ; [8] Ancien conservateur en chef du patrimoine aux Archives dĂ©partementales de la Dordogne et auteur de l’ouvrage Les Juifs en Dordogne 1939-1944 de l’accueil Ă  la persĂ©cution, PĂ©rigueux, Éditions Fanlac / Archives dĂ©partementales de la Dordogne, 2003. [9] Ancien professeur agrĂ©gĂ© d’histoire-gĂ©ographie et auteur d’un manuscrit non publiĂ© sur les dĂ©portĂ©s de la Haute-Vienne. [10] Voir l’acte de naissance d’Osias bilingue allemand-polonais sur la base Jewish Records of Poland. [11] Ginette Burstin prĂ©cise aprĂšs la guerre que ses parents se sont mariĂ©s Ă  l’étranger. DAVCC, AC21P431978 dossier Osias Burstin, courrier du [12] Archives dĂ©partementales de Seine-Maritime ADSM, 22W/Z11648 dossier d’étranger d’Anna Burstin. Pour Osias, le dossier d’étranger n’a pas Ă©tĂ© retrouvĂ©. [13] On les trouve en 1926 rue du Ruissel dans le 3e canton, ADSM, 6M0675. [14] Archives nationales en ligne, BB/11, 17765 X 29. [15] ADSM, 6M0686/6M0728. [16] Ibid., 6M0675/6M0686/6M0728 recensements de population de 1926, 1931 et 1936. [17] Ibid., 6U8/451 et 6U8/446 fiches individuelles et extraits du registre analytique, communiquĂ©s par Hubert. Le commerce d’Osias Burstin est enregistrĂ© le 5 novembre 1936 sous le numĂ©ro 29557. [18] Ibid., 3352W2, ContrĂŽle des IsraĂ©lites ». [19] Ibid. Pour le contexte, voir F. Bottois, op. cit., p. 41-52. [20] DAVCC, AC21P431978. [21] Ce document est associĂ© Ă  une entrĂ©e Osias Burstin » sur la base de donnĂ©es des victimes de Yad Vashem. Il s’agit visiblement d’un extrait d’un ouvrage polonais, mais sans indication de source. Introduction traduite ici du polonais. [22] Extraite de l’ouvrage Dzieje Armii Polskiej we Francji 1939-1945 histoire de l’armĂ©e polonaise en France, par L’Hopitalier, Cpt., Paris, Montbrun, 1950, p. 208. Copie transmise par B. Pommaret. [23] Elle dĂ©pendait du gouvernement polonais de Londres et menait notamment des activitĂ©s dans le domaine du renseignement. Voir Bruno Drweski, La POWN un mouvement de rĂ©sistance polonais en France », in Revue des Études slaves, 1987, Tome 59, fascicule 4, p. 741-752. [24] DAVCC, AC21P719928 dossier Ginette Burstin, soulignĂ© par moi. Je remercie Chantal Dossin de m’avoir transmis ce dossier que je n’avais pas encore pu consulter sur place. [25] Ibid., AC21P431978. [26] Informations de B. Pommaret. Sources Archives dĂ©partementales de la Haute-Vienne ADHV, 993W224. [27] ADSM, 54W5320. [28] Du moins, on n’en retrouve pas la trace dans les dossiers correspondants, ADSM, 3352W2. [29] F. Bottois, op. cit., p. 100-101. Dans le dossier d’aryanisation CDJC, AJ38/4 980, 1775, il est question de la radiation de Mme Burstin du registre du commerce en date du 7 juin 1941 », alors que sur le registre du commerce de Rouen lui-mĂȘme, c’est Osias qui est considĂ©rĂ© comme radiĂ© Ă  cette date ADSM, 6U8/451. [30] ADSM, 3352W2. [31] Sur le contexte et l’organisation de cette rafle, destinĂ©e Ă  liquider le dĂ©partement [de Seine-InfĂ©rieure] de ses Juifs », voir F. Bottois, op. cit., p. 211-227. [32] Sources F. Bottois, op. cit. ; ADSM, 3352W2 ; CDJC/MĂ©morial de la Shoah. Anna et Clara Burstin apparaissent comme mortes en dĂ©portation au JORF du arrĂȘtĂ© du Leur date officielle de dĂ©cĂšs est le 18 fĂ©vrier 1943 il s’agit d’une date prĂ©sumĂ©e 5 jours aprĂšs le dĂ©part du convoi, Ă©tablie par les services de l’état civil de Rouen en 1963. Voir DAVCC, AC21P431976 dossier Anna Burstin. [33] Ibid. [34] DAVCC, AC21P431978. [35] On retrouve les noms de Samuel Burstein, Polonais, et Ginette Burstein [sic] sur une liste de civils de Limoges dĂ©portĂ©s ou torturĂ©s, avec la date du et la mention de la Gestapo CDJC, CCXV-43. [36] Information de B. Pommaret. Sources ADHV, 646W187 et 986W540. [37] DAVCC, AC21P719928. [38] Voir B. Reviriego, Les Juifs en Dordogne, op. cit., p. 240-242, 305 ; notice Burstin Osias par Bernard Reviriego, version mise en ligne le derniĂšre modification le ; notice Sainte-Marie-de-Chignac Dordogne, 27 mars et 1er avril 1944 par Bernard Reviriego, Dominique Tantin, version mise en ligne le derniĂšre modification le Sur ce massacre et l’implication de la division Brehmer dans la politique gĂ©nocidaire, voir aussi l’article Aktion Brehmer », [39] Voir la stĂšle et la nouvelle plaque de 2019, [40] DAVCC, AC21P431978, bulletin Ă©tabli le Information confirmĂ©e par B. Reviriego dans un Ă©change avec l’auteure. [41] Voir les documents contradictoires dans les fonds de la DAVCC et du CDJC dont il n’est pas toujours possible de connaĂźtre l’origine, notamment l’erreur en LVII-30. Sur deux autres listes LVII-17 et LVII-69 Ă©manant d’autoritĂ©s de Dordogne, Osta [sic] Burstin, de nationalitĂ© polonaise, ou Burstino [sic] Osias, domiciliĂ© Ă  Limoges, est bien considĂ©rĂ© comme exĂ©cutĂ© en Dordogne le sur la liste LVII-69, il figure, plus prĂ©cisĂ©ment, parmi les victimes du massacre de Sainte-Marie-de-Chignac. En CCXV-44, ce qui a pu prĂȘter Ă  confusion, il apparaĂźt sur une liste des personnes fusillĂ©es aprĂšs avoir Ă©tĂ© dĂ©tenues Ă  la prison de Limoges ». Le la mairie de Limoges Ă©tablit mĂȘme un acte de dĂ©cĂšs Ă  son nom AC21P431978. [42] DAVCC, AC21P719928. [43] MĂ©morial de la Shoah, base des victimes, extrait de la liste du convoi 71. [44] On connaĂźt cette date par des tĂ©moins, comme Simone Veil. Elle figure aussi, pour l’arrivĂ©e de Ginette au camp, sur une liste de survivants d’Auschwitz, voir note 47. [45] Entretien tĂ©lĂ©phonique avec l’auteure, [46] RĂ©ponse du des archives du musĂ©e d’Auschwitz, sur la base de diffĂ©rents documents post-libĂ©ration. [47] Arolsen Archives Online-Collections, List of French in CC Auschwitz, 8005303. [48] DAVCC, AC21P719928. [49] Informations communiquĂ©es par Robert Mencherini, ancien professeur des universitĂ©s, d’aprĂšs les Archives dĂ©partementales des Bouches-du-RhĂŽne et la presse locale. Voir aussi son livre, La LibĂ©ration et les annĂ©es tricolores 1944-1947, tome 4 de Midi rouge, ombres et lumiĂšres. Une histoire politique et sociale de Marseille et des Bouches-du-RhĂŽne de 1930 Ă  1950, Paris, Syllepse, 2014, ici p. 214-218. [50] Information de B. Pommaret. Source ADHV, 11J4. [51] DAVCC, AC21P431978. [52] Information de B. Pommaret. Source ADHV, 47J3. [53] DAVCC, AC21P431976/AC21P431977. Linda Ganon et ses deux filles, qui ont Ă©chappĂ© Ă  la dĂ©portation grĂące Ă  un mĂ©decin qui les a cachĂ©es, habitaient au 41 rue Victor Hugo Ă  Rouen oĂč la police Ă©tait venue les arrĂȘter en mĂȘme temps que leurs voisines. [54] Dans un courrier adressĂ© en 2001 au MĂ©morial de la Shoah pour demander l’inscription de Ginette sur le Mur des Noms, Pauline Schmied nĂ©e Ganon, aujourd’hui dĂ©cĂ©dĂ©e, supposait mĂȘme qu’elle Ă©tait partie dĂšs 1945 aux USA information communiquĂ©e par ValĂ©rie Kleinknecht. Gaby, quant Ă  elle, n’a pas oubliĂ© cette visite de Ginette Burstin, mais elle n’en a malheureusement plus de souvenirs prĂ©cis. Entretien tĂ©lĂ©phonique avec Gaby Bardavid nĂ©e Ganon, [55] Arolsen Archives Online-Collections, 03010301 oS, Index Card, AJDC, Émigration Service Paris. [56] DAVCC, AC21P719928. [57] Pour une synthĂšse de ses Ă©tapes et de sa mise en Ɠuvre, voir Jacques Fredj, Les Juifs de France dans la Shoah, Paris, Gallimard / MĂ©morial de la Shoah, 2011. [58] F. Bottois, op. cit., p. 299, et p. 302-303 pour l’évocation des survivants. Pour citer ce texte Corinne Bouillot, “La famille Burstin de Rouen, victime de la Shoah mĂ©thodes et rĂ©sultats d’une recherche documentaire”, dans L'Atelier des Savoirs, 7 novembre 2020, ConsultĂ© le 16 aoĂ»t 2022.

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Normandie hebdo - - 0313 - vidĂ©o Rouen avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© touchĂ©e en 1940 par les allemands. Le 19 avril 1944, les avions alliĂ©s lachent sur les quias et les ponts 345 bombes faisant 900 morts. Du 30 mai au 5 juin, c'est la "semaine rouge", l'agglomĂ©ration est transformĂ©e en brasier. La cathĂ©drale est en flamme, la vieille ville subit des dĂ©gĂąts irrĂ©parables, Rouen dĂ©plore 1500 morts. Deux rouennais Louis et Jacques LEFEBVRE tĂ©moignent. Producteur / co-producteur France 3 Rouen GĂ©nĂ©rique Journaliste Marc Saikali Descripteurs bombardement, dĂ©barquement, LibĂ©ration-Ă©poque, Rouen, Seconde Guerre mondiale S'orienter dans la galaxie INA Vous ĂȘtes particulier, professionnel des mĂ©dias, enseignant, journaliste... ? DĂ©couvrez les sites de l'INA conçus pour vous, suivez-nous sur les rĂ©seaux sociaux, inscrivez-vous Ă  nos newsletters. Suivre l'INA Ă©claire actu Chaque jour, la rĂ©daction vous propose une sĂ©lection de vidĂ©os et des articles Ă©ditorialisĂ©s en rĂ©sonance avec l'actualitĂ© sous toutes ses formes.
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Texte intĂ©gral 1 Une premiĂšre Ă©bauche de ce travail a Ă©tĂ© publiĂ©e sous le titre La mĂ©moire des bombardements Ă  Ro ... 2 Alain GaspĂ©rini, Rouen 1940-1944 la guerre, l’occupation, la libĂ©ration, Rennes, OuestFrance, 19 ... 1 En 1944, la ville de Rouen et son agglomĂ©ration, dĂ©jĂ  touchĂ©es par un important incendie au moment de l’avance de la Wehrmacht en juin 1940 et par des attaques aĂ©riennes stratĂ©giques depuis 1942, sont la cible de bombardements anglo-amĂ©ricains destinĂ©s Ă  prĂ©parer le dĂ©barquement alliĂ© du 6 juin et Ă  accompagner les opĂ©rations militaires qui lui succĂšdent. Au terme de plusieurs mois d’affrontements qui Ă©prouvent durement une grande partie de la population civile de l’ensemble de la Normandie, Rouen est libĂ©rĂ©e par l’armĂ©e canadienne le 30 aoĂ»t 1944. Depuis une quinzaine d’annĂ©es, plusieurs ouvrages relatant la vie des Normands sous l’occupation, les bombardements et leurs consĂ©quences humaines et matĂ©rielles, ont Ă©tĂ© publiĂ©s ou rééditĂ©s. Un certain nombre d’entre eux est consacrĂ© Ă  Rouen et Ă  son agglomĂ©ration2. L’intĂ©rĂȘt des Normands pour les Ă©vĂ©nements et les divers aspects de la seconde guerre mondiale – rĂ©sistance, crimes perpĂ©trĂ©s par l’occupant et le gouvernement de Vichy, mais aussi opĂ©rations militaires et consĂ©quences pour les populations civiles – a Ă©tĂ© suscitĂ© ou ravivĂ© par les commĂ©morations du D-Day en juin 2004 et les nombreuses initiatives pĂ©dagogiques et entreprises mĂ©morielles qui les ont accompagnĂ©es. 3 Cette expression est utilisĂ©e sous forme d’interrogation par Michael Schmiedel, doctorant allemand ... 2Parmi les aspects et Ă©vĂ©nements de la seconde guerre mondiale ayant pourtant marquĂ© durablement les populations des zones sinistrĂ©es, les bombardements alliĂ©s n’ont Ă  premiĂšre vue, jusqu’à une pĂ©riode relativement rĂ©cente, suscitĂ© en France qu’une culture mĂ©morielle secondaire, Ă  laquelle succĂ©derait depuis 1994 et 2004 un certain phĂ©nomĂšne de rattrapage. Peut-on nĂ©anmoins parler d’un tabou ou d’une amnĂ©sie nationale3 » qui aurait fait disparaĂźtre cette mĂ©moire Ă  maints Ă©gards inconfortable derriĂšre des constructions mĂ©morielles plus consensuelles et davantage susceptibles de cimenter l’unitĂ© de la nation ? Ou bien faut-il considĂ©rer que la relative absence de mĂ©moire nationale des bombardements alliĂ©s sur la France est compensĂ©e par des mĂ©moires locales et rĂ©gionales plutĂŽt vivaces, qui n’ont d’ailleurs pas seulement Ă©mergĂ© 50 ou 60 ans aprĂšs la fin de la guerre ? En replaçant cette Ă©tude de cas sur la mĂ©moire rouennaise des bombardements de 1944 Ă  nos jours dans un contexte plus large, cette contribution se propose d’ouvrir quelques pistes de rĂ©flexion sur un sujet peu explorĂ© jusqu’ici. Contexte gĂ©nĂ©ral et mĂ©moires normandes 3La construction d’une mĂ©moire nationale officielle de la seconde guerre mondiale constitue sans doute le premier cadre dans lequel doit ĂȘtre replacĂ©e la mĂ©moire des bombardements alliĂ©s. Les historiennes ont mis en Ă©vidence les mĂ©canismes d’une mĂ©moire dominante construite dĂšs la LibĂ©ration pour dĂ©passer le traumatisme engendrĂ© par l’occupation et les luttes fratricides qui opposĂšrent les Français celle non pas tellement des rĂ©sistants en tant qu’individus, mais de la RĂ©sistance. Cette construction occulta durablement la mĂ©moire de la Shoah, mais de maniĂšre gĂ©nĂ©rale, les pratiques commĂ©moratives ont longtemps accordĂ© peu de place aux victimes civiles autres que rĂ©sistantes. 4 Mechtild Gilzmer, MĂ©moires de pierre – Les monuments commĂ©moratifs en France aprĂšs 1944, Paris, Au ... 4Dans son ouvrage sur les monuments commĂ©moratifs de la seconde guerre mondiale en France4, l’historienne Mechtild Gilzmer montre que le paysage mĂ©moriel constituĂ© par les monuments Ă©rigĂ©s depuis la fin du conflit reflĂšte de maniĂšre gĂ©nĂ©rale cette tendance. Mettant en garde contre une vision qui ne serait pas assez nuancĂ©e, elle met toutefois aussi l’accent sur la grande diversitĂ© des monuments commĂ©moratifs Ă©rigĂ©s dans les annĂ©es d’aprĂšs-guerre par les communes. À la lecture de son ouvrage, on est toutefois frappĂ© par la quasi-absence, dans les nombreux exemples donnĂ©s et analysĂ©s, de monuments Ă  la mĂ©moire des victimes des bombardements – terme que nous utilisons ici de prĂ©fĂ©rence Ă  celui de victimes civiles », qui peut s’appliquer aussi aux rĂ©sistants non militaires, dĂ©portĂ©s, otages fusillĂ©s, etc. Il est Ă  noter que depuis le dĂ©cret du 2 novembre 1945, toutes ces catĂ©gories purent bĂ©nĂ©ficier de l’attribution de la mention Mort pour la France », avec toutefois, dans la mise en Ɠuvre de cette reconnaissance, une hiĂ©rarchisation claire plaçant en haut de l’échelle les rĂ©sistants, et parmi eux les rĂ©sistants militaires. De nombreuses communes optĂšrent, en ajoutant par exemple une plaque Ă  leur monument aux morts existant, pour une inscription des morts pour la France sans distinction. Ceci n’exclut toutefois pas la rĂ©alisation ou du moins la conception de projets cherchant Ă  honorer diffĂ©rentes catĂ©gories, ce qui donna lieu en particulier Ă  l’érection de nombreux monuments en hommage Ă  la RĂ©sistance. Sans nier l’existence d’un paysage mĂ©moriel complexe et multiforme, dont la constitution dĂ©pendait aussi beaucoup des acteurs locaux, il faut remarquer que c’est surtout une France combattante, ayant activement participĂ© Ă  sa LibĂ©ration aux cĂŽtĂ©s des AlliĂ©s, qu’il s’agissait de cĂ©lĂ©brer pour cimenter une solidaritĂ© nationale Ă  reconstruire. 5Dans un article publiĂ© en 2009, l’historien allemand Michael Schmiedel constate qu’à de rares exceptions prĂšs, l’historiographie française ne s’est pas penchĂ©e sur la question des bombardements alliĂ©s sur la France, et met cette absence en relation avec la culture mĂ©morielle nationale dominante depuis 1945. Il Ă©voque trois raisons principales pour expliquer cette lacune 5 M. Schmiedel, dans Luftkrieg...,Îżp. cit., p. 69-70. PremiĂšrement, la confiscation de la guerre aĂ©rienne par le rĂ©gime de Vichy, qui a contaminĂ© le discours sur la guerre aĂ©rienne dans la France de l’aprĂšs-guerre ; deuxiĂšmement, l’amalgame entre coupables et victimes et l’instrumentalisation des victimes Ă  des fins de propagande dĂšs la pĂ©riode de guerre ; troisiĂšmement, enfin, le fait qu’en France, d’autres systĂšmes de rĂ©fĂ©rence de la mĂ©moire prĂ©dominaient pour construire une identitĂ© collective de la sociĂ©tĂ©5. 6 Bernard Garnier, Jean-Luc Leleu, Françoise Passera et Jean Quellien dir., Les populations civile ... 7 Ibid., p. 9-20. 8 Letitia Rodriguez, De la place accordĂ©e aux victimes civiles des bombardements et de la bataille ... 6Dans l’avant-propos des actes d’un colloque organisĂ© en 2004 par le MĂ©morial et l’universitĂ© de Caen sur les populations civiles face au dĂ©barquement et Ă  la bataille de Normandie », Claude QuĂ©tel rappelle que les historiennes ont commencĂ© par l’étude du fait militaire avant de s’intĂ©resser aux civils, une espĂšce de parent pauvre » que la logique de guerre totale a pourtant placĂ© au cƓur des conflits6. Dans le mĂȘme ouvrage, Jean Quellien expose la nĂ©cessitĂ© d’un recentrage historiographique, soulignant en particulier que la question du rapport aux libĂ©rateurs alliĂ©s a souvent donnĂ© lieu Ă  un discours politiquement correct et que la mĂ©moire des combattants a longtemps Ă©clipsĂ© la mĂ©moire des civils7. Il faut toutefois noter aussi, comme le fait Letitia Rodriguez dans une contribution Ă  ce mĂȘme colloque sur la place accordĂ©e aux victimes des bombardements dans les commĂ©morations, que face Ă  la complexitĂ© et Ă  la variĂ©tĂ© des Ă©vĂ©nements de la seconde guerre mondiale et de leurs reprĂ©sentations, une hiĂ©rarchisation des mĂ©moires Ă©tait sans doute inĂ©vitable, favorisant la mise en avant des aspects les plus glorieux8. 9 Sur ces facteurs, voir notamment ibid., ainsi que l’introduction de l’ouvrage collectif citĂ© plus ... 7Plusieurs facteurs expliquent la réémergence de la mĂ©moire des bombardements depuis les 50e et 60e anniversaires de la fin de la guerre en 1994 et en 20049. Tout d’abord, il semblerait que les controverses sur les choix tactiques des AlliĂ©s soient aujourd’hui moins occultĂ©es – levĂ©e d’un tabou qu’il faut peut-ĂȘtre saluer tout en soulignant la nĂ©cessitĂ© de replacer ces choix dans l’enchaĂźnement des faits et des rĂ©alitĂ©s de la seconde guerre mondiale. Ensuite, il faut prendre en considĂ©ration la disparition progressive des tĂ©moins accompagnĂ©e d’un dĂ©veloppement important de l’histoire orale et l’arrivĂ©e d’une gĂ©nĂ©ration, y compris parmi les institutionnels impliquĂ©s dans les commĂ©morations, qui n’a pas connu la seconde guerre mondiale. Enfin, un nouvel environnement favorise, dans l’évolution des mentalitĂ©s occidentales, la prise en compte des victimes civiles en gĂ©nĂ©ral, Ă  l’heure oĂč s’affaiblit en revanche l’image du hĂ©ros. 10 Voir Henning Meyer, Les musĂ©es de la seconde guerre mondiale et la transmission de la mĂ©moire. L ... 11 AprĂšs avoir publiĂ© en 1994-1995 plusieurs ouvrages sur les victimes civiles dans les trois dĂ©parte ... 12 L. Rodriguez, dans op. cit., p. 299. 13 Ibid. 14 Ce secrĂ©tariat n’a eu qu’une existence Ă©phĂ©mĂšre, de mars 2004 Ă  mai 2005. 15 16 Par exemple sur le site officiel Chemins de mĂ©moire », créé par le ministĂšre de la DĂ©fense dans ... 8Un bref aperçu de la mĂ©moire des bombardements telle qu'elle est construite en Normandie, principalement depuis quelques annĂ©es, permet de donner quelques Ă©lĂ©ments supplĂ©mentaires de contextualisation, mĂȘme s’il fait apparaĂźtre une certaine distorsion entre la Haute-Normandie et les trois dĂ©partements de Basse-Normandie, qui ont largement bĂ©nĂ©ficiĂ© du rayonnement du MĂ©morial de Caen dans la prise en compte des rĂ©alitĂ©s complexes et multiples de la pĂ©riode d’occupation, avec une approche qui n’exclut pas les victimes civiles de la guerre aĂ©rienne. InaugurĂ© en 1988 sous l’impulsion du maire UDF Jean-Marie Giraud, qui a vĂ©cu les bombardements de 1944 comme Ă©quipier de la Croix-Rouge, le MĂ©morial de Caen est certes dĂ©diĂ© Ă  tous les aspects de la seconde guerre mondiale. Il tire toutefois son origine – exprimĂ©e dans la conception architecturale mĂȘme du bĂątiment qui l’abrite, basĂ©e sur l’idĂ©e de fracture – de l’expĂ©rience traumatisante de la destruction, qui doit justement faire de la ville de Caen l’ambassadrice de la paix et de la dĂ©fense de la libertĂ©10. En 1994, des veillĂ©es-tĂ©moignages organisĂ©es entre autre par le MĂ©morial donnent la parole aux habitants de la rĂ©gion, qui font part notamment de leur vĂ©cu des bombardements. L’expĂ©rience est renouvelĂ©e en 2004. ParallĂšlement, l’historiographie s’intĂ©resse Ă  cette thĂ©matique, comme Ă  l’occasion du colloque Ă©voquĂ© plus haut, organisĂ© Ă  la demande du conseil gĂ©nĂ©ral du Calvados par le centre de recherche d’histoire quantitative de l’universitĂ© de Caen associĂ© au MĂ©morial, auquel on doit dĂ©jĂ  plusieurs publications sur les victimes civiles en Normandie11. Outre le travail historiographique et pĂ©dagogique, c’est Ă©galement la pratique commĂ©morative officielle qui s’étend, Ă  l’initiative du comitĂ© Normandie mĂ©moire » créé en 2002, rĂ©unissant 582 mairies et 141 associations de Basse-Normandie et entendant bien n’oublier aucune catĂ©gorie de victimes12. Si, comme l’a Ă©tudiĂ© Letitia Rodriguez pour la Basse-Normandie, les commĂ©morations municipales et mĂȘme plusieurs monuments communaux ont accordĂ© depuis la fin de la guerre une place finalement notable – bien que secondaire par rapport au souvenir des opĂ©rations militaires – aux victimes civiles des bombardements13, le 60e anniversaire du dĂ©barquement et de la bataille de Normandie constitue pour la premiĂšre fois l’occasion d’un hommage rĂ©gional, Ă  l’initiative du conseil rĂ©gional de Basse-Normandie et de l’association Normandie mĂ©moire ». La secrĂ©taire d’État aux Droits des victimes14 Nicole Guedj reprĂ©sente mĂȘme, au cours d’une premiĂšre journĂ©e consacrĂ©e au souvenir des victimes civiles organisĂ©e le 7 juin 2004 Ă  Saint-LĂŽ, le gouvernement au nom duquel elle rappelle le caractĂšre indispensable du devoir de mĂ©moire, aussi bien par les institutions que par les citoyens, y compris concernant les victimes civiles15 ». La cĂ©rĂ©monie culmine dans l’enchĂąssement de la liste des victimes de la rĂ©gion dans un rĂ©ceptacle placĂ© au pied du monument Ă  la mĂ©moire des victimes du bombardement de Saint-LĂŽ. DĂ©sormais pĂ©rennisĂ©e, cette commĂ©moration est organisĂ©e chaque annĂ©e dans l’une des communes sinistrĂ©es des trois dĂ©partements de la rĂ©gion. MalgrĂ© la prĂ©sence ministĂ©rielle, il serait toutefois abusif de parler d’une mĂ©moire nationale en cours d’institutionnalisation16. 17 C’est sans doute autour de 1949 qu’est apposĂ©e au pied du Monument aux morts de la premiĂšre guerre ... 18 Voir en particulier Andrew Knapp, The Destruction and Liberation of Le Havre in Modem Memory », ... 9En Haute-Normandie, l’hommage se fait globalement plus discret. Au Havre, oĂč les bombardements de septembre 1944 ont fait prĂšs de 2 000 victimes, le souvenir est vivace dans l’immĂ©diat aprĂšs-guerre et explique sans doute la réélection en 1947 de Pierre Courant, qui a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© maire sous Vichy, mais auquel une partie des Havrais reste attachĂ©e en raison de sa prĂ©sence auprĂšs de la population pendant les opĂ©rations de secours17. Dans les dĂ©cennies qui suivent son dĂ©part et qui scelle l’influence des communistes sur la ville, cette mĂ©moire passe clairement Ă  l’arriĂšre-plan, et la prĂ©sence de monuments aux victimes civiles reste discrĂšte18. Parmi les initiatives rĂ©centes, il faut toutefois noter l’apposition, en 2004, par le maire Antoine Rufenacht, d’une plaque rappelant Ă  l’entrĂ©e du tunnel Jenner l’ensevelissement de 319 Havrais qui s’y Ă©taient rĂ©fugiĂ©s au cours du bombardement du 6 septembre 1944. Mais Le Havre a globalement privilĂ©giĂ© la mĂ©moire de sa reconstruction, avec le classement de son centre-ville au patrimoine mondial de l’UNESCO, alors que Rouen a intensifiĂ© depuis 2004 des initiatives mĂ©morielles qui incluent assez largement aussi la question des bombardements. Le contexte rouennais de la propagande contre les bombardements alliĂ©s aux constructions mĂ©morielles dominantes de l’aprĂšs-guerre 19 Le chiffre de 816 morts est retenu par M. Dandel et al, op. cit., p. 55. 20 Pariser Zeitung, 16 mai 1944, dossier de coupures de presse Extraits de journaux relatant les b ... 10La propagande de l’occupant allemand et de Vichy, qui a dĂ©jĂ  largement exploitĂ© les bombardements sur la France pour tenter de faire naĂźtre dans les populations civiles un sentiment anti-alliĂ©, s’intensifie Ă  l’approche du dĂ©barquement. Les raids britanniques sur le complexe ferroviaire de Sotteville-lĂšs-Rouen, dans la nuit du 18 au 19 avril 1944, qui touchent aussi le centre-ville de Rouen et qui font plus de 800 victimes dans l’agglomĂ©ration19, sont instrumentalisĂ©s tant au plan national que local. Affiches et autres documents mettent en scĂšne la figure patriotique de Jeanne d’Arc, brĂ»lĂ©e Ă  Rouen par les Anglais mais bien dĂ©cidĂ©e Ă  ne pas laisser l’ envahisseur » britannique reprendre possession de la France. Fe thĂšme est dĂ©clinĂ© Ă  l’envi, comme sur cette affiche couleur de sang et de feu reprĂ©sentant la sainte, les mains liĂ©es, qui semble s’élever au-dessus de la ville de Rouen transformĂ©e en bĂ»cher, avec cette inscription accusatrice Les assassins reviennent toujours sur les lieux de leur crime. » Fe motif de Jeanne au bĂ»cher devant la cathĂ©drale de Rouen en flammes est repris sous le simple titre Rouen 1431-1944 » dans un dessin en noir et blanc du journal de l’occupant en France, le Pariser Zeitung20. 11La propagande iconographique s’accompagne d’un discours lui aussi construit autour de la citĂ© martyre ». DĂšs le lendemain du bombardement nocturne, le secrĂ©taire d’État Ă  l’Information et Ă  la Propagande, Philippe Henriot, dĂ©cline dans une allocution radiophonique le motif des barbares qui dĂ©truisent un joyau de la culture de l’Occident en pĂ©ril 21 La France terre brĂ»lĂ©e », 19 avril, 12 h 40, Éditoriaux prononcĂ©s Ă  la radio par Philippe Henrio ... Et l’une des plus belles villes de France connaissait le sort de tant de villes d’art d’Italie et d’Allemagne. [...] Quelle richesse d’art, quel trĂ©sor de beautĂ©, quelle vie humaine apparaĂźtrait assez prĂ©cieuse Ă  des gens qui se moquent Ă©perdument de ce qu’ils ne comprennent pas s’ils sont AmĂ©ricains et qui dĂ©sirent dĂ©truire tout ce qui est français du moment qu’ils sont Anglais21. Figure no 83 page suivante – Affiche de propagande anti-britannique, 1944. 22 Service interministĂ©riel de protection contre les Ă©vĂ©nements de guerre, créé en 1943 pour apporter ... 23 Reportage France-ActualitĂ©s du 19 mai 1944, 2 mn 35 s., archives en ligne de l’Institut national d ... 12Autre thĂšme rĂ©current de la propagande nationale, la solidaritĂ© des sinistrĂ©s, l’hĂ©roĂŻsme des sauveteurs Ă  l’Ɠuvre et l’efficacitĂ© de l’intervention des pouvoirs publics, avec l’arrivĂ©e en gare de Rouen, malgrĂ© les destructions ferroviaires, du train du SIPEG22. La visite que rend le marĂ©chal PĂ©tain le 14 mai 1944 Ă  la premiĂšre des villes martyres » au cours de son pĂšlerinage tragique » Ă  travers les rĂ©gions sinistrĂ©es, est l’occasion d’exhorter la solidaritĂ© nationale, autour de Jeanne qui doit rester plus que jamais le symbole, l’ñme de notre unitĂ©, de cette unitĂ© si ardemment demandĂ©e aux Français par le glorieux soldat23 ». 24 Journal de Rouen, 20 avril 1944. 25 Dans leur ouvrage sur le 19 avril 1944, P. Le TrĂ©vier et D. Rose montrent l’enchaĂźnement des erreu ... 26 Journal de Rouen, 28 avril 1944. 13Au plan local, le Journal de Rouen relaie trĂšs largement, aprĂšs le 19 avril 1944 puis de nouveau Ă  l’occasion de la semaine rouge » en mai-juin 1944, les thĂšmes dĂ©veloppĂ©s par la propagande nationale. Les articles invectivent la barbarie amĂ©ricaine [qui] rejoint ici la moscovite24 ». L’hommage aux victimes innocentes s’accompagne d’une hĂ©roĂŻsation du dĂ©vouement des Ă©quipes de secours, interprĂ©tĂ© comme l’expression d’une ferveur patriotique sans faille. Dans l’argumentaire national et local, on ne se contente pas de dĂ©noncer les erreurs de visĂ©e fatales aux zones d’habitation et aux populations civiles25 ; on dĂ©nie bien plutĂŽt toute lĂ©gitimitĂ© stratĂ©gique aux raids terroristes ». Et le Journal de Rouen publie la protestation officielle contre l’épouvantable attentat subi par notre ville » exprimĂ©e par le conseil municipal de Rouen et le maire RenĂ© Stackler, qui renouvelle Ă  cette occasion au marĂ©chal PĂ©tain l’assurance de son absolue loyautĂ© et de son entiĂšre fidĂ©litĂ©26 ». L’accusation de terrorisme » portĂ©e aux AlliĂ©s comme elle le fut Ă©galement pendant l’occupation aux rĂ©sistants permet de mieux comprendre quelle ombre a pu planer dans l’aprĂšs-guerre sur une mĂ©moire spĂ©cifique des bombardements, peu compatible avec l’hommage rendu aux libĂ©rateurs associĂ©s aux principales commĂ©morations. 27 AMVR, 1M3. Sauf prĂ©cision contraire, les informations relatives aux plaques et monuments commĂ©mora ... 28 Le texte du dĂ©cret est reproduit dans le recueil des actes administratifs du dĂ©partement de Seine- ... 14ConformĂ©ment Ă  cette hypothĂšque ainsi qu’aux schĂ©mas dominants de reconstruction identitaire de la sociĂ©tĂ© française, il semble de prime abord qu’à Rouen comme ailleurs, ce soit plutĂŽt l’image d’une France combattante qui ait dominĂ© les pratiques commĂ©moratives depuis la fin du conflit. Trois lieux de mĂ©moire rouennais jouent un rĂŽle de premier plan, en particulier dans les commĂ©morations de la libĂ©ration de la ville. Au centre-ville, c’est tout d’abord le monument Ă  la victoire de 1914-1918 qui, dans une continuitĂ© des deux guerres affirmĂ©e au plan national, est Ă©galement dĂ©diĂ© Ă  celle de 1939-1945 ». Autre lieu central, la rue du Donjon oĂč Ă©tait situĂ© pendant l’occupation l’immeuble de la Gestapo, et oĂč la FĂ©dĂ©ration nationale des dĂ©portĂ©s et internĂ©s de la RĂ©sistance fait apposer dĂšs 194827 une plaque en hommage aux rĂ©sistants et dĂ©portĂ©s politiques - le gĂ©nocide des juifs restant Ă©clipsĂ© pendant des dĂ©cennies par cette construction mĂ©morielle dominante. Le lieu rouennais sans doute le plus emblĂ©matique de l’hommage que la France de l’aprĂšs-guerre rend Ă  ses hĂ©ros est le stand des fusillĂ©s » du Madrillet situĂ© sur un terrain appartenant alors Ă  la ville de Rouen. C’est lĂ  oĂč les Allemands fusillĂšrent quelque 80 rĂ©sistants du dĂ©partement qu’est inaugurĂ© en 1949 le monument des Martyrs de la RĂ©sistance de Seine-InfĂ©rieure, lieu de commĂ©moration jusqu’à aujourd’hui. On comprend mieux comment s’articulent mĂ©moire locale de la rĂ©sistance et constructions mĂ©morielles nationales lorsque l’on sait que le projet a Ă©tĂ© soumis avec succĂšs Ă  la Commission centrale des monuments commĂ©moratifs instaurĂ©e par un dĂ©cret du 16 janvier 1947 pour coordonner l’érection des principaux monuments sur le territoire, qui devaient en premier lieu commĂ©morer des faits glorieux de la guerre28 ». Figure no 84 – Monument des Martyrs de la RĂ©sistance. CĂ©rĂ©monie commĂ©morative, fin des annĂ©es 1950 ?. 29 BibliothĂšque Jacques-Villon, Rouen, dossier de presse Guerre 1939-1945 », no 2 bis. Ici, Paris-N ... 30 Ibid., Paris-Normandie, 31 aoĂ»t 1982. 15Les commĂ©morations de la libĂ©ration de Rouen, qui ont souvent lieu en prĂ©sence de soldats canadiens entrĂ©s dans Rouen et d’anciens rĂ©sistants de renommĂ©e nationale, ont pour principal objectif d’honorer la mĂ©moire des hĂ©ros tombĂ©s pour la cause de la libertĂ© » et d’exprimer la gratitude des Rouennais Ă  ceux qui leur ont apportĂ© la dĂ©livrance ». La question des bombardements est la grande absente des cĂ©rĂ©monies et des discours officiels pendant plus d’une vingtaine d’annĂ©es, mais Ă  partir de 1964, la presse locale commence Ă  profiter des anniversaires de la libĂ©ration de la ville pour Ă©voquer les destructions. Il faut attendre la fin des annĂ©es 1960 pour que le maire de Rouen Jean Lecanuet, puis d’autres officiels invitĂ©s, rappellent les larmes de deuil qui marquĂšrent, pour les Rouennais, la pĂ©riode comprise entre le 6 juin et le 30 aoĂ»t 194429 ». Le contexte est alors modifiĂ© par la distance historique mais peut-ĂȘtre aussi par l’inauguration d’un monument aux victimes civiles le 19 avril 1964, que nous Ă©tudierons plus loin. C’est surtout Ă  partir du 30e anniversaire, et plus encore dans les annĂ©es 1980, que les officiels locaux ou invitĂ©s rappellent l’amertume des Rouennais qui ont payĂ© un lourd tribut Ă  leur libĂ©ration. Ainsi, AndrĂ© Jarrot, compagnon de la LibĂ©ration et ancien ministre invitĂ© Ă  l’occasion du 38e anniversaire, Ă©voque-t-il en 1982 trĂšs concrĂštement les bombardements subis par la population Ceux Ă  qui il a Ă©tĂ© donnĂ© de vivre, il y a 38 ans, le terrible drame oĂč la ville a failli pĂ©rir, en ont encore les oreilles qui bourdonnent au bruit des bombes qui Ă©clatent et les yeux rougis par l’insomnie, les nerfs brisĂ©s par l’émotion30. » Les principales commĂ©morations annuelles ne sont certes pas, du moins pendant longtemps, centrĂ©es sur le souvenir des bombardements ; et quand les officiels les Ă©voquent plusieurs dĂ©cennies plus tard, c’est souvent sans rappeler dans quel contexte ils se sont dĂ©roulĂ©s et c’est plutĂŽt pour assurer que les souffrances subies furent pour ainsi dire sublimĂ©es par la LibĂ©ration. Pourtant, les hommages que rend parallĂšlement la ville en d’autres circonstances doivent Ă©carter la thĂšse d’un tabou qui aurait pesĂ© pendant plusieurs dĂ©cennies sur la question. Victimes actives » et passives » des bombardements dans les pratiques commĂ©moratives des deux premiĂšres dĂ©cennies de l’aprĂšs-guerre 16En lien avec des constructions mĂ©morielles mettant en scĂšne plutĂŽt des hĂ©ros que des victimes passives », une partie importante des pratiques commĂ©moratives de l’immĂ©diat aprĂšs-guerre liĂ©es aux bombardements honore celles et ceux qui ont tentĂ© de secourir les personnes ensevelies dans les dĂ©combres des bĂątiments bombardĂ©s. Il s’agit principalement des diffĂ©rents corps de pompiers qui sont intervenus Ă  Rouen et de la DĂ©fense passive DP – deux groupes qui participent activement Ă  la construction d’une mĂ©moire, en relation Ă©troite avec les acteurs institutionnels. 31 Voir Ă  ce propos les diffĂ©rents Ă©changes Ă©pistolaires conservĂ©s aux archives municipales AMVR, 1M ... 32 Dimanche 17 juillet 1949 Le prĂ©sident Auriol remit la LĂ©gion d’honneur Ă  la ville de Rouen », ... 33 Le gĂ©nĂ©ral Piollet inaugure un mĂ©morial Ă  la DP », Normandie peu aprĂšs rebaptisĂ© ParisNormandie... 17DĂšs 1946, une plaque commĂ©morative est inaugurĂ©e, avec l’accord de la municipalitĂ©, par les sapeurs-pompiers de Paris Ă  la mĂ©moire de leurs membres morts au feu » au cours des bombardements de dĂ©but juin 194431. Suite Ă  la dĂ©molition de l’immeuble oĂč Ă©tait apposĂ©e la plaque d’origine, une nouvelle plaque monumentale – sur laquelle une ligne de fracture symbolise deuil et destruction – est fixĂ©e en 1954 sur le mur ouest du Palais des consuls qui vient d’ĂȘtre reconstruit. À l’occasion de la remise de la LĂ©gion d’honneur Ă  la ville par le prĂ©sident Auriol en 1949, les pompiers de Rouen se voient dĂ©cerner la mĂ©daille d’or des actes de courage et de dĂ©vouement32 ». Le conseil municipal de Rouen souhaite aussi rendre hommage Ă  la DP en remettant un drapeau Ă  son amicale et en dĂ©voilant en juin 1947 dans le hall de l’hĂŽtel de ville une plaque commĂ©morative Ă  ses morts. Comme pour les pompiers, c’est l’ hĂ©roĂŻque conduite » des Ă©quipiers de la DP qui est saluĂ©e par le maire Jacques Chastellain33. Les Ă©quipes de la DP, qui avait entre autre pour mission de protĂ©ger les populations civiles des effets de la guerre, sont intervenues pendant les bombardements pour fournir une aide d’urgence aux blessĂ©s et aux sinistrĂ©s. 34 SĂ©ance du conseil municipal du 28 avril 1947 AMVR, 1M3. 35 Un article avec photo du journal Normandie des 24, 25 et 26 mai 1947 montre la pose de la clef de ... 36 ProcĂšs-verbal de la rĂ©union du jury chargĂ© de l’examen des projets, 11 septembre 1947 AMVR, 1M3. 37 Un mĂ©morial aux victimes de la guerre. La ville de Rouen retient le projet de MM. RenĂ© et Jean-P ... 18La longue prĂ©histoire du monument amĂ©nagĂ© sur la place du Gaillardbois montre toutefois que la ville de Rouen souhaite aussi trĂšs tĂŽt associer toutes les victimes des bombardements. Le 28 avril 1947, le conseil municipal exprime la nĂ©cessitĂ© d’ un monument dont la vue permanente rappellerait aux Rouennais le souvenir des chers disparus, victimes obscures et, hĂ©las, trop nombreuses d’une guerre qui nous a Ă©tĂ© imposĂ©e par la dĂ©fense de la LibertĂ©34 ». L’idĂ©e d’un concours est lancĂ©e sera amĂ©nagĂ©e en monument, avec des dĂ©corations appropriĂ©es, l’ancienne porte de la Douane, dernier vestige de l’hĂŽtel du mĂȘme nom situĂ© sur les quais de Seine et dĂ©truit par un bombardement meurtrier au cours de la semaine rouge ». À cette Ă©poque, la porte de la Douane, dĂ©placĂ©e, est en cours de réédification Ă  l’emplacement du pignon ouest de la future halle aux Toiles35. À l’issue de sa rĂ©union du 11 septembre 194736, le jury du concours dĂ©cide toutefois de n’attribuer, au vu des projets prĂ©sentĂ©s, qu’un seul et unique second prix Ă  deux architectes rouennais qui ont proposĂ© comme Ă©lĂ©ments d’amĂ©nagement une grande couronne mortuaire sculptĂ©e ainsi qu’une urne funĂ©raire de laquelle doit s’élever une flamme Ă©ternelle37. 38 Il n’y a de trace d’une telle requĂȘte ni dans les archives municipales, ni aux Archives nationales ... 19Il ne semble pas que ce projet, bien qu’il dĂ©passĂąt Ă  priori le cadre d’une simple dĂ©cision prĂ©fectorale, ait Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© Ă  la Commission centrale des monuments commĂ©moratifs38. Parce que celle-ci aurait Ă©tĂ© susceptible de le rejeter pour des raisons esthĂ©tiques, voire politiques, car il ne rendait pas hommage Ă  des victimes actives » ? On peut au moins Ă©mettre cette hypothĂšse. Prenant connaissance du dĂ©cret instaurant cette commission Ă©tatique, il est possible que le conseil municipal ait dĂ©cidĂ© d’ajourner son projet. 39 Le Monument National aux Victimes Civiles de la guerre sera-t-il Ă©rigĂ© Ă  Rouen ? », LibertĂ©-Dima ... 40 Voir M. Gilzmer, op. cit. 41 Voir l’article citĂ© note 39. 42 MĂ©morial aux victimes civiles inaugurĂ© le 19 avril », par R. Parment, Paris-Normandie, 9 janvier ... 43 L. Rodriguez, op. cit., p. 293. M. Schmiedel note Ă©galement la tenue, Ă  Lyon en 1964, d’une cĂ©rĂ©mo ... 20La rĂ©alisation de ce projet de monument aux victimes civiles des bombardements est de nouveau Ă  l’ordre du jour au dĂ©but des annĂ©es 1960. Selon la presse, il serait mĂȘme question de faire de la porte de la Douane un mĂ©morial non seulement municipal, mais aussi national39. Le contexte ne paraĂźt pourtant guĂšre favorable, car si De Gaulle entend renforcer au niveau national le programme d’édification de monuments commĂ©moratifs, c’est pour exploiter encore davantage le rĂ©cit fondateur d’une France rĂ©sistante40. Mais il semble que le dĂ©putĂ© gaulliste et adjoint au maire de Rouen Roger Dusseaulx ait plaidĂ© le dossier auprĂšs du prĂ©sident de la RĂ©publique41. C’est finalement le 19 avril 1964 qu’est inaugurĂ© le monument dont la portĂ©e reste locale et dont la configuration prend la forme d’une simple inscription, sans autre mise en contexte, sur le mur aveugle de la porte de la Douane 1940-1944 – À la mĂ©moire des membres de la DĂ©fense passive et des victimes civiles des bombardements de Rouen et de son agglomĂ©ration. » Quelques semaines avant l’inauguration, le journaliste Roger Parment salue cette initiative qui honorera les morts civils, ceux sur lesquels depuis vingt ans on fait silence, ceux dont jamais nul n’appelle les noms42 », accrĂ©ditant la thĂšse – Ă  nuancer comme on l’a vu – du tabou qui aurait pesĂ© sur cette mĂ©moire depuis la LibĂ©ration. Si l’on veut lĂ  encore replacer la mĂ©moire rouennaise dans un contexte plus large, on constatera que le 20e anniversaire de la fin de la guerre, en 1964, a favorisĂ© une réémergence au moins temporaire de la prise en compte des victimes des bombardements. La mĂȘme annĂ©e, le ministre des Anciens Combattants participe mĂȘme, Ă  Caen et Ă  Saint-LĂŽ, aux cĂ©rĂ©monies qui leur sont dĂ©diĂ©es43. Pour Rouen, la date de commĂ©moration logiquement choisie est celle du bombardement – le seul nocturne – qui semble avoir le plus traumatisĂ© les habitants de la ville et des communes environnantes. Figure no 85 – Le monument de la porte de la Douane, place du Gaillardbois. 44 AMVR, 3K1. Je reproduis ici en italique l’ajout manuscrit, qui comporte en outre une rature cou ... 45 LibertĂ©-Dimanche, 19 avril 1964. 46 In memoriam », par R. Parment, LibertĂ©-Dimanche, 19 avril 1964. 21La cĂ©rĂ©monie d’inauguration sur la place du Gaillardbois est l’occasion, vingt ans aprĂšs Vichy, d’une assez curieuse rĂ©conciliation – ou du moins d’une communion dans le deuil – favorisĂ©e peut-ĂȘtre par le fait que ce sont les centristes indĂ©pendants qui dominent le paysage politique municipal, au-delĂ  donc du clivage entre gaullistes et communistes. Parmi les invitĂ©s officiels au grand dĂ©jeuner organisĂ© par la ville, on remarque la prĂ©sence de l’ancien maire RenĂ© Stackler, que le maire Bernard Tissot remercie dans son discours d’inauguration pour les efforts de coordination des secours qu’il a fournis en 1944. Ce discours s’ouvre par ailleurs sur une condamnation gĂ©nĂ©rale de la guerre, et l’ajout manuscrit sur la version dactylographiĂ©e apparaĂźt comme une concession Ă  des constructions mĂ©morielles dominantes peut-ĂȘtre plus nationales que locales La guerre, malgrĂ© l’hĂ©roĂŻsme des combattants il faut dire, la hideuse guerre, cette folie, ce pĂ©chĂ© des hommes les tue et dĂ©vaste leurs foyers44. » Les journaux rĂ©gionaux de l’époque consacrent de trĂšs longs articles Ă  cet Ă©vĂ©nement, qui constitue sans doute le point culminant de la mĂ©moire rouennaise officielle des bombardements au XXe siĂšcle. Ce qui frappe dans la documentation consultĂ©e, c’est globalement l’absence de distance par rapport au rĂ©gime de Vichy LibertĂ©-Dimanche reproduit mĂȘme sans commentaire critique des extraits du Journal de Rouen d’avril 1944 dĂ©nonçant la barbarie amĂ©ricaine » – alors que dans les autres articles, il est Ă  peine question des stratĂ©gies militaires des AlliĂ©s45. La volontĂ© d’unir les Rouennais commence Ă  ĂȘtre associĂ©e Ă  la nĂ©cessitĂ© d’Ɠuvrer pour la paix et de sensibiliser les gĂ©nĂ©rations futures. C’est ainsi que l’on peut lire sous la plume de Roger Parment, dans un pathos trĂšs gĂ©nĂ©ralisateur, que la cĂ©rĂ©monie ne prendra tout son sens que si l’on associe toutes les victimes civiles de cette guerre europĂ©enne, [...] tous ces morts [qui] ont fini dans la mĂȘme injustice, du fait de la barbarie universelle46 ». Ce qui importe ne semble pas tant de replacer les Ă©vĂ©nements dans leur contexte que de permettre aux Rouennais de faire un travail de deuil, Ă  l’issue de la reconstruction de la ville qui a occupĂ© les esprits jusqu’alors. 47 BibliothĂšque Jacques-Villon, Rouen, dossier de presse citĂ© plus haut. 22Dans les annĂ©es et dĂ©cennies qui suivent, la mĂ©moire des bombardements semble certes redevenir l’apanage d’un groupe, celui des anciens de la DP, qui continuent Ă  se rassembler sur la place du Gaillardbois chaque 19 avril. Mais dans la presse locale, les anniversaires de la libĂ©ration deviennent de plus en plus l’occasion d’évoquer aussi les destructions de la ville en 1944, puis de donner la parole aux Rouennais qui les ont vĂ©cues47. Un tournant dans la mĂ©moire des bombardements rouennais ? Les annĂ©es 1994-2011 23Cette idĂ©e de donner la parole aux tĂ©moins culminera Ă  l’occasion du 60e anniversaire de la LibĂ©ration en 2004. On peut toutefois considĂ©rer que la mĂ©moire des bombardements entre au cours des annĂ©es 1990 dans une nouvelle phase, favorisant davantage la mĂ©diation culturelle et les initiatives pĂ©dagogiques que la commĂ©moration au sens strict, avec une vision qui se veut plus multiforme de la seconde guerre mondiale. 48 AMVR, recueil des dĂ©libĂ©rations du conseil municipal, sĂ©ance du 8 juillet 1994. 49 Je remercieMme Chantier, des archives municipales de Sotteville-lĂšs-Rouen, de m’avoir communiquĂ© c ... 24À l’issue de l’amĂ©nagement des espaces du Palais, qui constitue l’une des ultimes entreprises de la reconstruction de Rouen, a Ă©tĂ© laissĂ©e vierge une placette que le conseil municipal dĂ©cide, au cours de sa sĂ©ance du 8 juillet 1994, de dĂ©nommer place du 19 avril 1944 ». Le maire de l’époque, François Gautier UDF, indique qu’il s’est agi d’une suggestion des habitants du quartier. Il ne semble pas que la proposition ait fait dĂ©bat entre la majoritĂ© et l’opposition48. Cette mĂȘme annĂ©e, la municipalitĂ© socialiste de Sotteville-lĂšs-Rouen va plus loin dans l’hommage rendu aux victimes des bombardements, en inaugurant Ă  l’occasion de l’anniversaire du 19 avril 1944 une stĂšle sur laquelle sont gravĂ©s les noms des 561 Sottevillais dĂ©cĂ©dĂ©s cette nuit-lĂ . Une deuxiĂšme stĂšle formĂ©e d’un contrepoids de grue ayant servi Ă  la reconstruction, mais qui pourrait Ă©galement Ă©voquer une pierre tombale, rappelle que le vieux Sotteville » a Ă©tĂ© complĂ©ment anĂ©anti ». Elle constitue avec la premiĂšre un petit ensemble monumental symboliquement placĂ© au pied des immeubles de la Zone verte conçus par l’architecte Marcel Lods dans les annĂ©es d’aprĂšs-guerre, et devient lieu de commĂ©moration annuelle Ă  partir de 199449. Associer ainsi mĂ©moire des destructions et de la reconstruction nous semble constituer une initiative officielle assez inĂ©dite. 50 Interview de D. Denry par Jacques Petit À nouvelle place nouveau dĂ©cor – la fontaine de la Pla ... 51 AMVR, 8W1164/996. 25Peu aprĂšs avoir baptisĂ© la nouvelle place du 19 avril 1944, le conseil municipal de Rouen dĂ©cide quant Ă  lui de lancer un concours pour y implanter une fontaine. C’est le sculpteur Dominique Denry qui a le rĂ©flexe de choisir la thĂ©matique par rapport au nom de la place. La sculpture placĂ©e au centre de la fontaine et baptisĂ©e Au bout de l’errance reprĂ©sente une famille qui pourrait figurer la communautĂ© rouennaise qui, dans une dĂ©ambulation théùtralisĂ©e, quitte les ruines de ce funeste jour [...] pour se tourner vers l’avenir et repartir... reconstruire, recommencer50 ». Le projet de Dominique Denry reçoit l’avis unanime du jury de concours – composĂ© en partie d’élus locaux – pour des raisons esthĂ©tiques mais aussi parce que le lien avec l’histoire » a Ă©tĂ© retenu comme l’un des principaux critĂšres de sĂ©lection51. 52 La fontaine de Dominique Denry inaugurĂ©e place du 19 avril 1944 », LibertĂ©-Dimanche, 21 dĂ©cembre ... 53 Entretien de D. Denry avec l’auteure, 30 dĂ©cembre 2009. 26La ville adhĂšre ainsi Ă  la double perspective destruction/reconstruction choisie par l’artiste. Il est en revanche difficile de savoir si la majoritĂ© municipale de l’époque, qui perd les Ă©lections de juin 1995 au moment oĂč est rĂ©alisĂ© le projet, avait l’intention de profiter de l’inauguration de la fontaine pour rendre un hommage aux victimes des bombardements. Toujours est-il que cette inauguration a lieu trĂšs discrĂštement en fin d’annĂ©e52. Si le sculpteur n’a pas souhaitĂ© lui-mĂȘme crĂ©er un monument » en tant que tel, il n’exclut pas une rĂ©appropriation du lieu par la volontĂ© commune53. À l’époque oĂč le monument de la place du Gaillardbois, plutĂŽt excentrĂ©e, n’avait plus de vĂ©ritable sens que pour les membres encore en vie de l’Amicale de la DP, une nouvelle place dĂ©nommĂ©e tardivement, avec une fontaine Ă©voquant les bombardements, pouvait-elle alors offrir le cadre de commĂ©morations diffĂ©rentes de celles instaurĂ©es dans les dĂ©cennies prĂ©cĂ©dentes ? 54 Rouen Magazine, supplĂ©ment du 15 avril 2004, Rouen, mĂ©moires 44 – Les Rouennais dans la guerre, ic ... 55 Rouen mĂ©moires 44, Ă©ditĂ© par la ville de Rouen, septembre 2004. Voir les extraits reproduits dans ... 56 AMVR, sĂ©ance du conseil municipal, 29 mars 2004. 57 Cette nuit-lĂ , il pleuvait des coups durs », Paris-Normandie, 19 avril 2004. 58 Entretien de L. Leforestier avec l’auteure, 4 fĂ©vrier 2010. 27En 2004, Ă  l’occasion du 60e anniversaire du dĂ©barquement alliĂ© en Normandie, la ville de Rouen souhaite largement s’associer aux manifestations du souvenir, et dĂ©veloppe un important programme commĂ©moratif, culturel et pĂ©dagogique qui doit Ă©clairer les diffĂ©rents aspects de l’occupation et de la fin de la guerre. Dans l’éditorial du numĂ©ro spĂ©cial de Rouen Magazine d’avril 2004, le maire Pierre Albertini rappelle l’ampleur des destructions, lourd tribut que Rouen a payĂ© pour sa libĂ©ration et celle du pays, et la souffrance des habitants sous l’occupation. S’il ne gomme pas complĂštement les manifestations de bassesse » qui ont pu accompagner cette souffrance, il ne s’appesantit pas non plus sur les crimes de Vichy et les complicitĂ©s rouennaises, mais inscrit le devoir de mĂ©moire dans une perspective europĂ©enne de rĂ©conciliation54. Le programme envisagĂ© et concrĂ©tisĂ© accorde une large place Ă  la mĂ©moire des bombardements de 1944. Sous la forme, par exemple, d’un appel Ă  tĂ©moins qui aboutit Ă  la publication, en septembre 2004, d’un recueil d’entretiens dont un chapitre est consacrĂ© au quotidien sous les bombes alliĂ©es55. L’initiative est complĂ©tĂ©e par des rencontres intergĂ©nĂ©rationnelles, diverses expositions et des ateliers d’éducation populaire. MĂ©diation culturelle et patrimoine immatĂ©riel constituent ainsi le cƓur d’une nouvelle approche dĂ©fendue par Laure Leforestier, adjointe au patrimoine, dans un rapport adoptĂ© par le conseil municipal sans dĂ©bats ni opposition particuliĂšre56. Les commĂ©morations, dont le volet consacrĂ© Ă  la libĂ©ration de la ville s’inscrit dans la continuitĂ© des prĂ©cĂ©dents hommages, prennent en revanche pour la mĂ©moire des bombardements un tour nouveau c’est sur la place du 19 avril 1944 situĂ©e au cƓur des rues piĂ©tonnes que les habitants sont appelĂ©s Ă  se rassembler le soir du 18 avril 2004 pour rendre hommage aux victimes. À l’occasion de cette cĂ©rĂ©monie, qui constitue un prĂ©lude aux autres manifestations de l’annĂ©e, sont disposĂ©es autour de la fontaine 1 600 bougies rappelant la mĂ©moire des disparus57. Une volontĂ© de renouer et transmettre une mĂ©moire », en s’écartant des lieux imposĂ©s [qui] avaient perdu du sens » et en prenant en compte la disparition progressive des tĂ©moins, a ainsi Ă©tĂ© Ă  l’origine des diffĂ©rents projets58. Figure no 86 – Fontaine de Dominique Denry, place du 19-Avril-1944. 59 Voir en particulier la contribution de Georg Wagner-Kyora dans cet ouvrage. 28Dans le processus de reconstruction des villes europĂ©ennes dĂ©truites par les bombardements, la question de la sauvegarde de monuments emblĂ©matiques des identitĂ©s locales a constituĂ© une part importante de la rĂ©flexion menĂ©e sur la complĂ©mentaritĂ© entre patrimoine ancien et modernitĂ©59. On peut, dans ce contexte, Ă©galement s’interroger sur la fonction de ruines ou de traces que la guerre a laissĂ©es dans le paysage urbain, et sur leur mise en relation avec la mĂ©moire des bombardements. À Rouen, l’idĂ©e de trace visible a Ă©tĂ© clairement revendiquĂ©e, comme on l’a vu plus haut, Ă  travers la réédification de la porte de la Douane Ă  un nouvel emplacement et sa rĂ©utilisation sous forme de monument Ă  la mĂ©moire des victimes des bombardements. Pour d’autres lieux en revanche, comme les ruines des Ă©glises Saint-Vincent et Saint – Pierre-du-ChĂątel, le lien est plus difficile Ă  Ă©tablir ou n’a pas donnĂ© lieu Ă  une exploitation dans ce sens. 60 AMVR, 4H29. 61 Il n’y est en tout cas pas fait rĂ©fĂ©rence dans le dossier des archives municipales consacrĂ© aux dĂ© ... 62 Rouen Ă©tant jumelĂ©e avec Hanovre, je ne citerai ici que la ruine de l’église Saint-Gilles St. Aeg ... 29ConsidĂ©rĂ©e comme l’une des Ă©glises majeures de Rouen, l’église Saint-Vincent Ă©difiĂ©e aux XVe et XVIe siĂšcles est presque entiĂšrement dĂ©truite par le bombardement du 31 mai 1944. Suite Ă  une dĂ©cision prise en 1948 par le service des Monuments historiques du ministĂšre de l’Éducation nationale60, la quasi-totalitĂ© de la ruine est dĂ©posĂ©e, seuls quelques rares vestiges Ă©tant conservĂ©s jusqu’à aujourd’hui. Leur absence de mise en valeur, en particulier Ă  cause de la percĂ©e d’un nouvel axe routier au moment de la reconstruction, a certes rĂ©guliĂšrement Ă©tĂ© critiquĂ©e, et la perte d’une partie importante du patrimoine architectural de la ville a Ă©tĂ© dĂ©plorĂ©e. Mais Ă  notre connaissance, il n’y a pas eu de dĂ©bat sur une Ă©ventuelle transformation des vestiges en un mĂ©morial dĂ©diĂ© aux victimes de la guerre61, comme cela a Ă©tĂ© le cas par exemple pour de nombreuses Ă©glises allemandes bombardĂ©es, qui ont finalement Ă©tĂ© conservĂ©es Ă  l’état de ruines mĂ©morielles62 ». Toutefois, la rĂ©installation des vitraux de Saint-Vincent, mis en caisses avant le dĂ©but de la guerre, dans la nouvelle Ă©glise Sainte-Jeanne-d’Arc achevĂ©e en 1979 sur la place du Vieux-MarchĂ©, a sans nul doute constituĂ© un Ă©lĂ©ment important de continuitĂ© pour les Rouennais. 63 A. Maurois, op. cit, p. 71. 64 Élisabeth Chirol dans son hommage rendu Ă  Georges Lanfry, sauveteur » et reconstructeur » de l ... 65 La CathĂ©drale de Rouen, Notre-Dame des Sept Torpilles, film rĂ©alisĂ© par AndrĂ© Roy, 1953. Voir anne ... 66 Voir G. Pessiot, op. cit., p. 255-262. 67 Sur les destructions de 1944 et la restauration, voir aussi Anne-Marie Carment-Lanfry, La CathĂ©dra ... 30Entre effacement et revendication des traces, ce sont plutĂŽt les deux grands monuments emblĂ©matiques de la ville sĂ©rieusement endommagĂ©s en 1944, la cathĂ©drale et le palais de justice, autour desquels s’est cristallisĂ©e une mĂ©moire qui a pu ĂȘtre conciliĂ©e avec la reconstruction de quartiers et d’édifices modernes. Les dangers qui ont pesĂ© sur la cathĂ©drale, le miracle » de sa sauvegarde puis sa remise en Ă©tat, considĂ©rĂ©e comme prioritaire au lendemain de la guerre, ont bien souvent Ă©tĂ© interprĂ©tĂ©s comme le signe du martyre » et de la rĂ©surrection » de la ville. Constituant pour les Rouennais, selon l’écrivain AndrĂ© Maurois, un Palladium, gage sacrĂ© auquel la ville attachait le sens de sa durĂ©e63 », la cathĂ©drale est censĂ©e avoir incarnĂ© pendant les bombardements l’ Ăąme de la citĂ©64 », ou encore sa pĂ©rennitĂ© et [sa] force65 ». Sa rĂ©ouverture totale au public en 1956 a donnĂ© lieu Ă  une grande cĂ©rĂ©monie en prĂ©sence du prĂ©sident RenĂ© Coty et a marquĂ© symboliquement la fin de l’aprĂšs-guerre pour de nombreux Rouennais66. Aujourd’hui encore sont exposĂ©es dans l’édifice des photographies des destructions de 194467. Figure no 87 – DĂ©voilement de la plaque en souvenir des bombardements de 1944, palais de justice de Rouen, 30 aoĂ»t 2011. 68 Le Palais de justice de Rouen, ouvrage collectif publiĂ© par le ministĂšre de la Justice et le dĂ©par ... 31Autre point de cristallisation de l’identitĂ© rouennaise, le palais de justice est lui aussi considĂ©rĂ© comme l’incarnation de la permanence de Rouen Ă  travers les vicissitudes de l’histoire68 ». L’ancien parlement de Normandie porte encore les traces des bombardements, en particulier sur sa façade de la place Foch. La conservation de ces stigmates » de la seconde guerre mondiale a Ă©tĂ© revendiquĂ©e au cours de la restauration de l’édifice, qui s’est Ă©tendue sur plusieurs dĂ©cennies et dont la derniĂšre phase s’est achevĂ©e en 2010. Et c’est justement en ce lieu qu’une derniĂšre commĂ©moration importante – sans doute mĂȘme un nouveau tournant dans la mĂ©moire des bombardements rouennais – a Ă©tĂ© organisĂ©e Ă  Rouen le 30 aoĂ»t 2011, Ă  l’occasion du 67e anniversaire de la libĂ©ration de la ville. Pour la premiĂšre fois, cet anniversaire intĂ©grait officiellement une cĂ©rĂ©monie commĂ©morative dĂ©diĂ©e aux victimes des bombardements. Le texte de la plaque apposĂ©e Ă  l’entrĂ©e ouest du palais de justice et dĂ©voilĂ©e en prĂ©sence des autoritĂ©s civiles et militaires locales, dĂ©partementales et rĂ©gionales et des porte-drapeaux, frappe par une volontĂ© nouvelle de mettre en contexte les Ă©vĂ©nements et d’ancrer explicitement leur mĂ©moire dans le paysage urbain Les impacts des bombes lors des bombardements de la ville de Rouen pendant la Semaine rouge 30 mai au 5 juin 1944 et le 26 aoĂ»t 1944 ont Ă©tĂ© maintenus en l’état volontairement pour rendre hommage et perpĂ©tuer le souvenir des milliers de victimes de ces jours dĂ©cisifs et rappellent quel a Ă©tĂ© le prix payĂ© par la ville de Rouen pour la LibĂ©ration de la France. 69 67e anniversaire de la libĂ©ration de Rouen, allocution prononcĂ©e par V. Fourneyron, dĂ©putĂ©e-maire d ... 70 Information communiquĂ©e par Guy Pessiot, adjoint au maire chargĂ© entre autres du patrimoine et spĂ© ... 32Certes, la fin de ce texte et le discours prononcĂ© par la dĂ©putĂ©e maire de Rouen ValĂ©rie Fourneyron69 PS s’inscrivent clairement dans la continuitĂ© des prĂ©cĂ©dentes commĂ©morations de la libĂ©ration de Rouen, et l’on continue prioritairement Ă  cĂ©lĂ©brer la RĂ©sistance [qui] a fait l’honneur de la France et l’honneur de Rouen » et le sacrifice des soldats alliĂ©s auxquels la ville doit sa libĂ©ration. Mais l’hommage rendu Ă  la fois Ă  l’escadrille Lorraine, unitĂ© de la France libre au sein de la Royal Air Force qui fut l’auteur du dernier bombardement sur Rouen le 26 aoĂ»t70, et aux personnels soignants de l’agglomĂ©ration qui ont portĂ© assistance aux blessĂ©s parmi la population civile, semble indiquer qu’avec la distance historique, on est entrĂ© dans un registre de mĂ©moires plus complĂ©mentaires que concurrentes. MĂȘme si, par ailleurs, le mythe d’une population rouennaise qui se serait collectivement mobilisĂ©e » pour la LibĂ©ration occulte encore trĂšs largement, du moins Ă  l’occasion de telles cĂ©rĂ©monies, le rĂŽle jouĂ© aussi par une partie des Ă©lites locales et des habitants dans la collaboration et le rĂ©gime de Vichy. 33Entre lieux de mĂ©moire revendiquĂ©s ou plus ou moins assumĂ©s selon les Ă©poques, la ville de Rouen a finalement accordĂ© une place non nĂ©gligeable au souvenir des bombardements de la seconde guerre mondiale, mais ce parcours mĂ©moriel n’est pas linĂ©aire. On peut distinguer quelques temps forts comme l’immĂ©diat aprĂšs-guerre, les commĂ©morations de 1964 et les nouvelles formes mĂ©morielles Ă©mergeant Ă  partir de 1994, qui sembleraient correspondre Ă  une pĂ©riodisation valable Ă©galement pour d’autres villes sinistrĂ©es. Mais l’état de la recherche ne permet pas jusqu’ici de montrer quelle est l’exemplaritĂ© ou au contraire la spĂ©cificitĂ© de Rouen dans la mĂ©moire française des bombardements alliĂ©s. On peut certes Ă©mettre l’hypothĂšse que la tension permanente entre effacement derriĂšre des schĂ©mas mĂ©moriels dominants au plan national et affichage d’un statut de ville martyre » au plan local est assez reprĂ©sentative et ne serait donc pas l’apanage de Rouen. Toutefois, la volontĂ© de prĂ©server une ville-musĂ©e » par delĂ  la destruction d’une partie du patrimoine architectural a pu, Ă  Rouen, non seulement influencer les choix de la reconstruction, mais Ă©galement marquer davantage qu’ailleurs le discours nostalgique sur la perte – alors que l’ampleur des dommages a finalement Ă©tĂ© moins importante qu’au Havre par exemple. 34De nombreuses pistes seraient ainsi Ă  explorer. L’une d’entre elles consisterait Ă  Ă©tudier comparativement dans quelle mesure, sans doute trĂšs variable selon les villes et les espaces rĂ©gionaux, mais aussi selon les forces politiques en prĂ©sence, les discours et reprĂ©sentations forgĂ©s dĂšs la pĂ©riode des bombardements eux-mĂȘmes ont contaminĂ© ou obĂ©rĂ© les narrations ultĂ©rieures, empĂȘchant bien souvent une rĂ©elle mise en relation des aspects contradictoires de la seconde guerre mondiale et de son vĂ©cu par les populations françaises. Les tendances rĂ©centes ne visent manifestement plus Ă  construire des discours identitaires susceptibles de cimenter les sociĂ©tĂ©s urbaines autour d’une mĂ©moire commune, et la distance historique favorise un recentrage sur l’hommage rendu aux victimes. Il n’en reste pas moins qu’une approche contextualisĂ©e de la question des bombardements, de leurs reprĂ©sentations et de leur mĂ©moire en Lrance reste un champ d’études ouvert pour les historiens et les historiennes. Notes 1 Une premiĂšre Ă©bauche de ce travail a Ă©tĂ© publiĂ©e sous le titre La mĂ©moire des bombardements Ă  Rouen aprĂšs la seconde guerre mondiale une mise en perspective », Études normandes, no 3, 2010, p. 59-70. 2 Alain GaspĂ©rini, Rouen 1940-1944 la guerre, l’occupation, la libĂ©ration, Rennes, OuestFrance, 1994 ; Patrick Coiffier, Rouen sous l’occupation, Luneray, Bertout, 2004 ; Paul Le TrĂ©vier et Daniel Rose, Ce qui s’est vraiment passĂ© le 19 avril 1944, Saint-Germain-en-Laye, Comever, 2004 ; Guy Pessiot, Histoire de Rouen 1939-1958. La guerre 1939-1945 et la reconstruction en 900 photographies, Rouen, PTC, 2004 1re Ă©d. 1983 ; AndrĂ© Maurois, Rouen dĂ©vastĂ©, Fontaine-le-Bourg, Le Pucheux, 2004 1re Ă©d. 1948. 3 Cette expression est utilisĂ©e sous forme d’interrogation par Michael Schmiedel, doctorant allemand qui travaille sur les bombardements en France et leur reprĂ©sentation, pour le titre d’un article qu’il a publiĂ© en 2009 dans un ouvrage collectif consacrĂ© Ă  la mĂ©moire de la guerre aĂ©rienne en Europe. M. Schmiedel, Une amnĂ©sie nationale ? Krieg und Nachkrieg in Frankreich », dans Jörg Arnold, Dietmar SĂŒss et Malte Thiessen dir., Luftkrieg. Erinnerungen in Deutschland und Europa, Gottingen, Wallstein, 2009, p. 66-83. Qu’il soit ici remerciĂ© de ses remarques et rĂ©flexions au cours de notre Ă©change Ă©pistolaire de 2010. 4 Mechtild Gilzmer, MĂ©moires de pierre – Les monuments commĂ©moratifs en France aprĂšs 1944, Paris, Autrement, 2009 Ă©d. orig. 2007. 5 M. Schmiedel, dans Luftkrieg...,Îżp. cit., p. 69-70. 6 Bernard Garnier, Jean-Luc Leleu, Françoise Passera et Jean Quellien dir., Les populations civiles face au dĂ©barquement et Ă  la bataille de Normandie, Caen, CRQH - MĂ©morial de Caen, 2005, p. 7. 7 Ibid., p. 9-20. 8 Letitia Rodriguez, De la place accordĂ©e aux victimes civiles des bombardements et de la bataille de Normandie dans les commĂ©morations officielles, de 1945 Ă  aujourd’hui », ibid., p. 289-302. 9 Sur ces facteurs, voir notamment ibid., ainsi que l’introduction de l’ouvrage collectif citĂ© plus haut Tod, Zerstorung, Wiederaufbau – Zu einer europĂ€ischen Erinnerungsgeschichte des Luftkrieges », dans Luftkrieg
, Îżp. cit., p. 9-24. 10 Voir Henning Meyer, Les musĂ©es de la seconde guerre mondiale et la transmission de la mĂ©moire. Les exemples du Centre national Jean-Moulin de Bordeaux, du MĂ©morial de Caen – un musĂ©e pour la Paix et du Centre de la mĂ©moire d’Oradour-sur-Glane », dans Stephan Martens dir., La France, l’Allemagne et la seconde guerre mondiale. Quelles mĂ©moires ?, Bordeaux, Presses universitaires de Bordeaux, 2007, p. 187-221. 11 AprĂšs avoir publiĂ© en 1994-1995 plusieurs ouvrages sur les victimes civiles dans les trois dĂ©partements de Basse-Normandie, le CRHQ a Ă©ditĂ© notamment M. Dandel, G. Duboc, A. Kitts et E. Lapersonne, Les Victimes civiles des bombardements en Haute-Normandie, Caen, La Mandragore, 1997. 12 L. Rodriguez, dans op. cit., p. 299. 13 Ibid. 14 Ce secrĂ©tariat n’a eu qu’une existence Ă©phĂ©mĂšre, de mars 2004 Ă  mai 2005. 15 16 Par exemple sur le site officiel Chemins de mĂ©moire », créé par le ministĂšre de la DĂ©fense dans le cadre d’une valorisation du tourisme mĂ©moriel en France, les rĂ©fĂ©rences aux victimes des bombardements alliĂ©s restent plus que discrĂštes 17 C’est sans doute autour de 1949 qu’est apposĂ©e au pied du Monument aux morts de la premiĂšre guerre mondiale, dont le pourtour a servi de cimetiĂšre provisoire Ă  la LibĂ©ration, une plaque en hommage Ă  la mĂ©moire des victimes civiles tombĂ©es au cours des bombardements subis par la ville du Havre 1939-1945 ». Information communiquĂ©e sous rĂ©serve par les archives municipales de la ville du Havre. 18 Voir en particulier Andrew Knapp, The Destruction and Liberation of Le Havre in Modem Memory », War in History, no 14, 2007, p. 476-498. 19 Le chiffre de 816 morts est retenu par M. Dandel et al, op. cit., p. 55. 20 Pariser Zeitung, 16 mai 1944, dossier de coupures de presse Extraits de journaux relatant les bombardements de Rouen et de Sotteville du 19 avril 1944 » conservĂ©es aux archives municipales de la ville de Rouen AMVR. Je remercie Dominique Lebeltel, archiviste Ă  la ville de Rouen, d’avoir recherchĂ© et mis Ă  ma disposition tous les dossiers qu’elle a jugĂ©s utiles Ă  mon projet. 21 La France terre brĂ»lĂ©e », 19 avril, 12 h 40, Éditoriaux prononcĂ©s Ă  la radio par Philippe Henriot, secrĂ©taire d’État Ă  l’Information et Ă  la Propagande, no 9, du 13 au 19 avril 1944. 22 Service interministĂ©riel de protection contre les Ă©vĂ©nements de guerre, créé en 1943 pour apporter un secours d’urgence aux villes dĂ©sorganisĂ©es par les bombardements. 23 Reportage France-ActualitĂ©s du 19 mai 1944, 2 mn 35 s., archives en ligne de l’Institut national de l’audiovisuel. Sur cette visite, voir aussi Le MarĂ©chal a commencĂ© son pĂšlerinage tragique. Rouen dĂ©vastĂ© par les bombardements aĂ©riens a reçu, hier, la visite du chef de l’État », L’Ɠuvre, 15 mai 1944 AMVR, dossier de coupures de presse citĂ©. 24 Journal de Rouen, 20 avril 1944. 25 Dans leur ouvrage sur le 19 avril 1944, P. Le TrĂ©vier et D. Rose montrent l’enchaĂźnement des erreurs de visĂ©es de ces bombardements, qui s’inscrivaient dans l’objectif militaire fondamental de destruction des gares de triage du Nord-Ouest de la France notamment. P. Le TrĂ©vier et D. Rose, op. cit. De mĂȘme, les bombardements de la semaine rouge » sur l’agglomĂ©ration rouennaise visaient Ă  couper la retraite des troupes allemandes en faisant sauter les ponts sur la Seine. 26 Journal de Rouen, 28 avril 1944. 27 AMVR, 1M3. Sauf prĂ©cision contraire, les informations relatives aux plaques et monuments commĂ©moratifs sont extraites de cette sĂ©rie. 28 Le texte du dĂ©cret est reproduit dans le recueil des actes administratifs du dĂ©partement de Seine-InfĂ©rieure, no 38, p. 241, AMVR. Pour une analyse du dĂ©cret et des pratiques de la commission Ă©voquĂ©e, voir en particulier M. Gilzmer, op. cit., p. 31 et suiv. 29 BibliothĂšque Jacques-Villon, Rouen, dossier de presse Guerre 1939-1945 », no 2 bis. Ici, Paris-Normandie, 1er septembre 1969. 30 Ibid., Paris-Normandie, 31 aoĂ»t 1982. 31 Voir Ă  ce propos les diffĂ©rents Ă©changes Ă©pistolaires conservĂ©s aux archives municipales AMVR, 1M3. 32 Dimanche 17 juillet 1949 Le prĂ©sident Auriol remit la LĂ©gion d’honneur Ă  la ville de Rouen », LibertĂ©-Dimanche, 19 avril 1964. 33 Le gĂ©nĂ©ral Piollet inaugure un mĂ©morial Ă  la DP », Normandie peu aprĂšs rebaptisĂ© ParisNormandie, 9 juin 1947. 34 SĂ©ance du conseil municipal du 28 avril 1947 AMVR, 1M3. 35 Un article avec photo du journal Normandie des 24, 25 et 26 mai 1947 montre la pose de la clef de voĂ»te de la porte qui occupe dĂ©sormais son emplacement dĂ©finitif. 36 ProcĂšs-verbal de la rĂ©union du jury chargĂ© de l’examen des projets, 11 septembre 1947 AMVR, 1M3. 37 Un mĂ©morial aux victimes de la guerre. La ville de Rouen retient le projet de MM. RenĂ© et Jean-Pierre Rieux », Paris-Normandie, 24 septembre 1947, signĂ© R. P. Roger Parment, grand journaliste rouennais et ardent partisan, pendant plusieurs dĂ©cennies, d’un hommage aux victimes des bombardements. 38 Il n’y a de trace d’une telle requĂȘte ni dans les archives municipales, ni aux Archives nationales oĂč sont conservĂ©es les correspondances entre le ministĂšre de l’IntĂ©rieur, dont dĂ©pendait cette commission, et les prĂ©fets chargĂ©s de soumettre les projets AN, F/1cI/232. 39 Le Monument National aux Victimes Civiles de la guerre sera-t-il Ă©rigĂ© Ă  Rouen ? », LibertĂ©-Dimanche, 31 juillet 1960. 40 Voir M. Gilzmer, op. cit. 41 Voir l’article citĂ© note 39. 42 MĂ©morial aux victimes civiles inaugurĂ© le 19 avril », par R. Parment, Paris-Normandie, 9 janvier 1964. 43 L. Rodriguez, op. cit., p. 293. M. Schmiedel note Ă©galement la tenue, Ă  Lyon en 1964, d’une cĂ©rĂ©monie Ă  la mĂ©moire des victimes du bombardement du 26 mai 1944 Ă©change avec l’auteure. 44 AMVR, 3K1. Je reproduis ici en italique l’ajout manuscrit, qui comporte en outre une rature courage » est barrĂ© et remplacĂ© par hĂ©roĂŻsme ». 45 LibertĂ©-Dimanche, 19 avril 1964. 46 In memoriam », par R. Parment, LibertĂ©-Dimanche, 19 avril 1964. 47 BibliothĂšque Jacques-Villon, Rouen, dossier de presse citĂ© plus haut. 48 AMVR, recueil des dĂ©libĂ©rations du conseil municipal, sĂ©ance du 8 juillet 1994. 49 Je remercieMme Chantier, des archives municipales de Sotteville-lĂšs-Rouen, de m’avoir communiquĂ© cette information. 50 Interview de D. Denry par Jacques Petit À nouvelle place nouveau dĂ©cor – la fontaine de la Place du 19 avril 1944 », Bulletin des Amis des monuments rouennais, octobre 1994septembre 1995, p. 89. 51 AMVR, 8W1164/996. 52 La fontaine de Dominique Denry inaugurĂ©e place du 19 avril 1944 », LibertĂ©-Dimanche, 21 dĂ©cembre 1995. Je remercie Dominique Denry d’avoir mis sa documentation Ă  ma disposition et de m’avoir expliquĂ© ces circonstances lors de l’entretien qu’il a bien voulu m’accorder. 53 Entretien de D. Denry avec l’auteure, 30 dĂ©cembre 2009. 54 Rouen Magazine, supplĂ©ment du 15 avril 2004, Rouen, mĂ©moires 44 – Les Rouennais dans la guerre, ici p. 3. 55 Rouen mĂ©moires 44, Ă©ditĂ© par la ville de Rouen, septembre 2004. Voir les extraits reproduits dans l’annexe I. 56 AMVR, sĂ©ance du conseil municipal, 29 mars 2004. 57 Cette nuit-lĂ , il pleuvait des coups durs », Paris-Normandie, 19 avril 2004. 58 Entretien de L. Leforestier avec l’auteure, 4 fĂ©vrier 2010. 59 Voir en particulier la contribution de Georg Wagner-Kyora dans cet ouvrage. 60 AMVR, 4H29. 61 Il n’y est en tout cas pas fait rĂ©fĂ©rence dans le dossier des archives municipales consacrĂ© aux dĂ©libĂ©rations relatives aux Ă©glises Saint-Vincent et Sainte-Jeanne-d’Arc 1944-1961 AMVR, 2M1. 62 Rouen Ă©tant jumelĂ©e avec Hanovre, je ne citerai ici que la ruine de l’église Saint-Gilles St. Aegidien dĂ©truite par les bombardements de 1943 sur la future capitale de la Basse-Saxe et transformĂ©e dĂšs 1954 en mĂ©morial pour les victimes de la guerre et de la violence ». 63 A. Maurois, op. cit, p. 71. 64 Élisabeth Chirol dans son hommage rendu Ă  Georges Lanfry, sauveteur » et reconstructeur » de la cathĂ©drale, aprĂšs la mort de celui-ci en 1969, Bulletin des Amis des monuments rouennais, 1958-1970, p. 87. 65 La CathĂ©drale de Rouen, Notre-Dame des Sept Torpilles, film rĂ©alisĂ© par AndrĂ© Roy, 1953. Voir annexe II. 66 Voir G. Pessiot, op. cit., p. 255-262. 67 Sur les destructions de 1944 et la restauration, voir aussi Anne-Marie Carment-Lanfry, La CathĂ©drale Notre-Dame de Rouen, Ă©dition revue et complĂ©tĂ©e par Jacques Le Maho, Mont-Saint-Aignan, PURH, 2010 [1re Ă©d. 1977], notamment p. 63-74. 68 Le Palais de justice de Rouen, ouvrage collectif publiĂ© par le ministĂšre de la Justice et le dĂ©partement de la Seine-Maritime, Rouen, 1977, prĂ©face de Jean Lecanuet. 69 67e anniversaire de la libĂ©ration de Rouen, allocution prononcĂ©e par V. Fourneyron, dĂ©putĂ©e-maire de Rouen, Ă  l’hĂŽtel de ville au cours de la rĂ©ception des autoritĂ©s et des associations de dĂ©portĂ©s, rĂ©sistants et anciens combattants, 30 aoĂ»t 2011. Je remercie la direction des relations publiques de la ville d’avoir mis ce document Ă  ma disposition. 70 Information communiquĂ©e par Guy Pessiot, adjoint au maire chargĂ© entre autres du patrimoine et spĂ©cialiste d’histoire locale. Je le remercie de m’avoir accordĂ© quelques instants, en marge de la cĂ©rĂ©monie, pour m’expliquer dans quelles circonstances avait Ă©tĂ© prise la dĂ©cision de dĂ©voiler la plaque commĂ©morative. Sur le rĂŽle du Groupe de bombardement Lorraine » Forces aĂ©riennes françaises libres au moment du dĂ©barquement et sur sa mission d’anĂ©antissement de l’armĂ©e Von Kluge sur les quais de Seine Ă  Rouen, voir aussi Cette publication numĂ©rique est issue d’un traitement automatique par reconnaissance optique de caractĂšres.

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12 octobre 2018 5 12 /10 /octobre /2018 0700 ROUEN SEINE-MARITIMELE PALAIS DE JUSTICELouis d'OrlĂ©ans, gouverneur de la Normandie depuis 1492, devenu roi de France en 1498 sous le nom de Louis XII, assistĂ© de son conseiller l'ArchevĂȘque de Rouen qui devient ensuite Cardinal Georges d'Amboise, dĂ©cide en 1499 de crĂ©er Ă  Rouen une assemblĂ©e l'Ă©chiquier permanent, dont la principale fonction sera de rendre la devra se tenir dans un palais Ă  construire par la ville, et sera Ă©difiĂ© place du marchĂ© neuf actuelle place Foch. Les Ă©chevins de la ville en dĂ©cident la construction le 25 avril 1499. Le bĂątiment, dont la construction commence Ă  l'automne 1499, sera long de 50 mĂštres, large de mĂštres et haut de 10 mĂštres. Il sera construit en pierres de Caumont ou Vernon pour les parties dures, et en pierres de l'Oise pour les comprend essentiellement une grande salle, devenue la salle des procureurs, reposant sur un rez-de-chaussĂ©e oĂč se trouvent essentiellement des travaux sont longs et ce n'est qu'en 1507 que les membres de l'Ă©chiquier emmĂ©nagent dans le palais le mĂȘme temps, le PrĂ©sident de l'Ă©chiquier Jehan De Salva entreprend, pour le compte du roi, la construction du palais royal, contigu au palais neuf. Ce palais royal sera achevĂ© en 1515, le roi François Ier transforme l'Ă©chiquier permanent en Parlement de Normandie, cour souveraine dont les principales fonctions sont de rendre la justice en premiĂšre instance, ou en appel des tribunaux de la province et de l'ensemble de la Normandie. Ce parlement comprend plusieurs chambres spĂ©cialisĂ©es civiles et pĂ©nales, ainsi qu'une chancellerie. Outre les conseillers qui siĂšgent dans ces chambres, il existe un parquet du roi composĂ© de faut attendre le tout dĂ©but du XVIIĂšme siĂšcle, pour que l'on envisage, Ă  la demande du parlement, d'agrandir le palais. Une seconde chambre des enquĂȘtes est d'abord construite en 1700, dans le style de l'Ă©poque, lĂ  oĂč se trouve actuellement la cour d'appel, face Ă  la salle des 1739, l'architecte Jarry dĂ©marre la construction sur la place du marchĂ© neuf, ou neuf marchĂ©, d'un nouveau bĂątiment destinĂ© Ă  la juridiction des requĂȘtes du palais. Cette construction ne sera achevĂ©e que 
. cent ans plus tard. C'est l'architecte GrĂ©goire qui, de 1836 Ă  1839, termine l'ensemble de la façade classique du bĂątiment commencĂ© par Jarry place du marchĂ© neuf. Puis il achĂšve les dĂ©cors sculptĂ©s de la partie centrale du palais, dans le style partir de 1843, il s'attaque Ă  la réédition de l'aile de la cour d'appel dans le mĂȘme style gothique. L'architecte GrĂ©goire, en imposant ce style, donne son unitĂ© au palais de justice. Son successeur, Desmarest, s'impose comme un rĂ©alisateur scrupuleux, en particulier de la salle des assises et de la salle des procureurs. Enfin, Ă  la fin du XIXĂšme siĂšcle, Lefort dĂ©molit le bĂątiment construit par Jarry sur la place du marchĂ© neuf, devenue place Verdrel. Il agrandit de plus de 1000 m2 l'emprise du palais sur la place, et construit de 1880 Ă  1884, le tribunal de premiĂšre instance, actuel tribunal de grande instance, dans un style s'harmonisant complĂštement avec les bĂątiments de la grande cour. Le palais de justice prend alors son aspect alors la seconde guerre mondiale et la prĂ©paration du dĂ©barquement en Normandie. De nombreux rĂ©sistants sont enfermĂ©s dans les sous-sols du palais de justice avant d'ĂȘtre fusillĂ©s ou dĂ©portĂ©s dans des camps nazis. Les bombardements par les alliĂ©s dans la nuit du 18 au 19 avril 1944, puis pendant toute la journĂ©e du 26 aoĂ»t 1944 au cours de laquelle est visĂ© un central tĂ©lĂ©phonique de la rue St LĂŽ, sont particuliĂšrement dĂ©vastateurs pour le palais de justice de incendies en rĂ©sultant anĂ©antissent notamment le dĂ©cor de la salle des assises et dĂ©truisent la charpente et la voĂ»te lambrissĂ©e de la salle des procureurs. Seule la partie datant du XIXĂšme siĂšcle, la cour d'appel, est partiellement des mesures de sauvegarde d'urgence menĂ©es par le service des Beaux Arts, une campagne de restauration de ces dommages est engagĂ©e dĂšs 1946. Elle dure prĂšs de cinquante ans. C'est ainsi que le palais de justice actuel est le tĂ©moignage vivant d'un bĂątiment pour lequel on a su combiner diffĂ©rents matĂ©riaux et diffĂ©rentes techniques. ParallĂšlement aux travaux de structure, le dĂ©cor de la grande voĂ»te en carĂšne de vaisseau renversĂ© de la salle des procureurs est reconstituĂ© en septembre 1969 et la salle des assises entiĂšrement rĂ©novĂ©e en 1988. ROUEN LE PALAIS DE JUSTICE ROUEN LE PALAIS DE JUSTICE Photo PARSIFALL ROUEN LE PALAIS DE JUSTICE ROUEN LE PALAIS DE JUSTICE ROUEN LE PALAIS DE JUSTICEPhoto DEMEESTER ROUEN LE PALAIS DE JUSTICE ROUEN LE PALAIS DE JUSTICEPhoto PARSIFALL ROUEN LE PALAIS DE JUSTICEPhoto Philippe ROUDAUT ROUEN LE PALAIS DE JUSTICE Photo URBAN ROUEN LE PALAIS DE JUSTICE – Au coucher du soleilPhoto URBAN ROUEN LE PALAIS DE JUSTICEPhoto PARSIFALL ROUEN LE PALAIS DE JUSTICE Photo Man VVI ROUEN LE PALAIS DE JUSTICE Photo Man VVI ROUEN LE PALAIS DE JUSTICE Photo Man VVI ROUEN LE PALAIS DE JUSTICE - CĂŽtĂ© Rue aux Juifs ROUEN LE PALAIS DE JUSTICE - CĂŽtĂ© Rue aux Juifs ROUEN LE PALAIS DE JUSTICE – CĂŽtĂ© Rue Saint-LĂŽ ROUEN LE PALAIS DE JUSTICE – CĂŽtĂ© Rue Saint-LĂŽ ROUEN LE PALAIS DE JUSTICEPhoto Philippe ALES ROUEN LE PALAIS DE JUSTICEPhoto GIOGO ROUEN LE PALAIS DE JUSTICE - DĂ©tail sur les gargouilles Photo GIOGO ROUEN LE PALAIS DE JUSTICE - DĂ©tail sur les gargouilles Photo Man VVI ROUEN LE PALAIS DE JUSTICEPhoto Man VVI ROUEN LE PALAIS DE JUSTICEPhoto Man VVI ROUEN LE PALAIS DE JUSTICEPhoto Man VVI ROUEN LE PALAIS DE JUSTICEPhoto Man VVI ROUEN LE PALAIS DE JUSTICE Photo Philippe ROUDAUT ROUEN LE PALAIS DE JUSTICE – La Cour d'assises Photo Philippe ROUDAUT ROUEN LE PALAIS DE JUSTICE – DĂ©tail du plafond de la Cour d'assises Photo MAHAT ROUEN LE PALAIS DE JUSTICE – La Salle des ProcureursPhoto MAHAT ROUEN LE PALAIS DE JUSTICE – La bibliothĂšquePhoto MAHAT Published by jp echavidre - dans TRESORS DU PATRIMOINE FRANCAIS
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Place du 19 Avril 1944, 76000 Rouen Appartement Prix m2 moyen 2 396 € de 1 554 € Ă  3 228 € Indice de confiance Maison Prix m2 moyen 2 024 € de 1 313 € Ă  2 728 € Indice de confiance Place du 19 Avril 1944, 76000 Rouen Remarque les prix indiquĂ©s ci-dessous sont ceux de la ville de Rouen Appartement Loyer mensuel/m2 moyen 18,0 € de 13,0 € Ă  31,8 € Indice de confiance Maison Loyer mensuel/m2 moyen 17,2 € de 13,0 € Ă  21,8 € Indice de confiance Consulter le prix de vente, les photos et les caractĂ©ristiques des biens vendus Place du 19 Avril 1944, 76000 Rouen depuis 2 ans Obtenir les prix de vente En aoĂ»t 2022 Ă  Rouen, le nombre d'acheteurs est supĂ©rieur de 14% au nombre de biens Ă  vendre. Le marchĂ© est dynamique. ConsĂ©quences dans les prochains mois *L'indicateur de Tension ImmobiliĂšre ITI mesure le rapport entre le nombre d'acheteurs et de biens Ă  vendre. L’influence de l’ITI sur les prix peut ĂȘtre modĂ©rĂ©e ou accentuĂ©e par l’évolution des taux d’emprunt immobilier. Quand les taux sont trĂšs bas, les prix peuvent monter malgrĂ© un ITI faible. Quand les taux sont trĂšs Ă©levĂ©s, les prix peuvent baisser malgrĂ© un ITI Ă©levĂ©. 60m2 Pouvoir d’achat immobilier d’un mĂ©nage moyen rĂ©sident 58j DĂ©lai de vente moyen en nombre de jours Le prix moyen du m2 pour les appartements Place du 19 Avril 1944 Ă  Rouen est de 2 396 € et peut varier entre 1 554 € et 3 228 € en fonction des biens. Pour les maisons, le prix du m2 y est estimĂ© Ă  2 024 € en moyenne; il peut nĂ©anmoins valoir entre 1 313 € et 2 728 € en fonction des adresses et le type de la maison. Rue et comparaison Prix mÂČ moyen 51,7 % plus cher que le quartier Centre Rive Droite Ouest 1 579 € 51,7 % plus cher que Rouen 1 579 € À proximitĂ© Cette carte ne peut pas s’afficher sur votre navigateur ! Pour voir cette carte, n’hĂ©sitez pas Ă  tĂ©lĂ©charger un navigateur plus rĂ©cent. Chrome et Firefox vous garantiront une expĂ©rience optimale sur notre site.
Laville est touchée par le bombardement du 19 avril 1944, puis par ceux de la semaine rouge du 30 mai au 5 juin 1944 : 400 bombes, d'une tonne chacune. 1500 personnes ont été tuées, la cathédrale est endommagée , Saint-Maclou, le Palais de Justice, une grande partie de la rive gauche, sont détruits. On compte 2000 victimes et 40000
Rue Verte Situation CoordonnĂ©es 49° 27â€Č 09″ nord, 1° 05â€Č 36″ est Pays France RĂ©gion Normandie DĂ©partement Seine-Maritime Ville Rouen Quartiers Gare SNCF DĂ©but Rue Jeanne-d’Arc Fin Place du CoucouChemin de ClĂšresRue VigneRue du Champ-des-Oiseaux Morphologie Type Rue Forme LinĂ©aire La rue Verte est une voie publique de la commune française de Rouen. Du fait de sa proximitĂ© avec la Gare de Rouen-Rive-Droite, elle appartient au quartier Gare SNCF. C’est dans cette rue, profitant de la visibilitĂ© offerte par le trafic de voyageurs de la gare, que Ferdinand Marrou conçoit une maison bourgeoise dans laquelle il Ă©lit domicile. Description Situation et accĂšs La rue Verte est situĂ©e Ă  Rouen[1]. Elle dĂ©bute Ă  l'intersection de la rue Jeanne-d’Arc[N 1] et se termine Ă  l’intersection du chemin de ClĂšres, de la rue Vigne et de la place du Coucou et de la rue du Champ-des-Oiseaux[N 2]. Montante et orientĂ©e vers le vers le nord, la voie est jointe par la rue Pouchet, la rue Maladrerie, la place Bernard Tissot, le passage Maladrerie, la rue Senard, la rue Cousin, la rue Walter, la rue MalatirĂ©, la rue du Clos Thirel, la rue Charles Angrand, la rue Ducastel, la rue Roulland Leroux, la rue Descamps et le passage Begin[N 3]. La rue Verte appartient au quartier Gare SNCF, situĂ© dans les Coteaux Nord de la ville[2]. DĂ©nomination Historique En ce lieu se trouve au Xvie siĂšcle un dĂ©potoir nommĂ© heurt »[3]. En 1844, l'administration municipale de Rouen obtient l'accord du ministre des Travaux Publiques Pierre Sylvain Dumon pour l'Ă©tablissement rue Verte du dĂ©barcadĂšre du chemin de fer du Havre Ă  Rouen dont les travaux se poursuivent jusqu’en 1846[4],[5]. La station dite de la rue Verte », tout comme sa gare[N 4], est inaugurĂ©e le 20 mars 1847 avant d’ĂȘtre ouverte aux voyageurs deux jours plus tard[6],[7]. La rue donne Ă©galement son nom au quartier de la rue Verte » nĂ© de l'Ă©talement urbain du faubourg Bouvreuil[8]. En 1907, la voirie est Ă©largie suite Ă  la dĂ©molition d’une petite maison de ville dĂ©bordant sur l’alignement de la rue Verte Ă  la hauteur de l’intersection avec la rue MalatirĂ© afin d’y faciliter le passage du tramway du Champ-des-Oiseaux. Ce bĂątiment Ă©tait probablement un des plus anciens de ce quartier. IsolĂ© autrefois parmi les vergers et les prairies, il fut la cause d'un assez long procĂšs, au XVIIIe siĂšcle, entre les Ă©glises Saint-Gervais et Saint-Godard, celle- ci ne parvenant pas Ă  s’entendre sur la dĂ©marcation de leur paroisse respective[9]. Le 19 avril 1944, peu aprĂšs minuit, tandis que Rouen est occupĂ©e par les Allemands, la rue Verte est touchĂ©e par le bombardement de la ville opĂ©rĂ© par les AlliĂ©s, au mĂȘme titre que plus d’une soixantaine de voies de la rive droite[N 5],[10]. L’Institution Rey, lycĂ©e de l’enseignement privĂ© et catholique installĂ© rue Verte depuis 1885, doit dĂ©mĂ©nager Ă  la fin 2011 pour rejoindre Bois-Guillaume[11],[12]. L’emplacement libĂ©rĂ© par la destruction des anciens bĂątiments de l’établissement en 2012 permet la construction d’un ensemble immobilier de 174 nouveaux logements[13],[12]. Cependant, en aoĂ»t de la mĂȘme annĂ©e, un incident se produit lors des travaux menĂ©s par Bouygues Immobilier, l’aqueduc conduisant les eaux de la source Gaalor est accidentellement percĂ© puis rebouchĂ© avec du bĂ©ton par erreur[14],[15],[16]. En fĂ©vrier 2013, le sinistre du sous-sol de la rue Verte prend de l’ampleur et une bataille juridique est engagĂ©e suite Ă  l’apparition de fissures sur la façade de l’HĂŽtel de Dieppe[17]. FermĂ©e Ă  la circulation depuis l’incident, la rue Verte est Ă  nouveau ouverte en 2019[15]. BĂątiments Le no 29 de la rue Verte, en 2018. Au no 29, face Ă  la gare de Rouen-Rive-Droite, se situe la maison Marrou » du nom de son concepteur et occupant Ferdinand Marrou[18],[19],[20]. ArrivĂ© Ă  Rouen en 1884, ce dernier conçoit lui mĂȘme l’esthĂ©tique de la façade de cette maison bourgeoise, Ă©difiĂ©e en 1898[21],[19]. Marrou y mĂȘle des Ă©lĂ©ments se rĂ©fĂ©rant au XVIIIe siĂšcle Ă  d’autres, contemporains, de style art nouveau[21],[22] L’emplacement est idĂ©al pour l’artisan ferronnier qui profite ainsi de l’affluence de voyageurs de la gare de Rouen pour mettre en avant son savoir-faire[20]. Le bĂątiment devient Ă  partir de 1984 le Centre de documentation du patrimoine de la Direction rĂ©gionale des Affaires culturelles de Haute-Normandie[20]. Notes et rĂ©fĂ©rences Notes ↑ Le dĂ©but de la rue Verte a pour coordonnĂ©es 49° 26â€Č 52″ N, 1° 05â€Č 38″ E. ↑ La fin de la rue Verte a pour coordonnĂ©es 49° 27â€Č 24″ N, 1° 05â€Č 43″ E. ↑ La rue Verte, et celles qui la joignent, ont pour coordonnĂ©es 49° 27â€Č 09″ N, 1° 05â€Č 36″ E. ↑ Parfois simplement appelĂ©e gare rue Verte »[5]. ↑ Au total, 285 points de chute sont relevĂ©s Ă  Rouen[10]. RĂ©fĂ©rences ↑ GrĂ©gory Vacher dir. publication, Annuaire mairie Les rues de Rouen » site distinct de l'administration, sur Saint-Chamond, Advercity, 2004-2022 consultĂ© le 3 aoĂ»t 2022, col. 4. ↑ Insee, Rouen. Plan d'assemblage [des] grands quartiers IRIS/44. Voies routiĂšres. Voies ferrĂ©es. Voies fluviales. Grands quartiers », carte Iris no 0502 quartier Gare SNCF, sur mai 2001 consultĂ© le 7 aoĂ»t 2022, vue 26/44. ↑ BĂ©nĂ©dicte Guillot prĂ©f. Luc Liogier, JournĂ©es archĂ©ologiques de Haute-Normandie Rouen, 24-26 mai 2013, Mont-Saint-Aignan, Presses universitaires de Rouen et du Havre, 2014, 228 p. ISBN 9791024001487, ISSN 2272-9801, lire en ligne, Rouen Seine-Maritime, rue Verte, rue Pouchet, premiers rĂ©sultats de la fouille du heurt du Chastel » XVIe siĂšcle », p. 199. ↑ AmĂ©lioration de la Basse-Seine », Journal de Rouen, Rouen, no 544,‎ 8 dĂ©cembre 1844, p. 2 ISSN 2430-8242, BNF 44432236, lire en ligne. ↑ a et b Pierre Deyon, Rouen », Revue d'Histoire du XIXe siĂšcle - 1848, vol. 19, no 1,‎ 1956, p. 151 lire en ligne, consultĂ© le 7 aoĂ»t 2022. ↑ Isabelle Renault, À la dĂ©couverte de Rouen, Paris, Éditions du PanthĂ©on, 2020, 288 p., 21 cm ISBN 9782754749060, BNF 46630960. ↑ Inauguration du chemin de fer de Rouen au Havre », Journal de Rouen, Rouen, no 80,‎ 21 mars 1847, p. 1 ISSN 2430-8242, BNF 44432236, lire en ligne. ↑ Jean-Pierre Chaline, Le quartier Saint-AndrĂ© jusqu'en 1914 », Études Normandes, Rouen, Presses universitaires de Rouen et du Havre, vol. 59, no 2,‎ 2010, p. 29 ISBN 9780733426094, DOI lire en ligne, consultĂ© le 7 aoĂ»t 2022. ↑ Aux pays normands Nouvelles de la semaine », Les Gars normands de Paris, de la DuchĂ© & de partout, Paris, vol. 13, no 12,‎ 14 septembre 1907, p. 2 ISSN 2128-4865, BNF 32779787, lire en ligne ↑ a et b Gontran PailhĂšs prĂ©f. Pierre Varenne, Rouen et sa rĂ©gion pendant la guerre 1939-1945, Luneray, Édition Bertout, coll. La mĂ©moire normande », 1993 1re Ă©d. 1949, 309 p., 21 cm ISBN 2-86743-180-8, BNF 35609924, Mil neuf cent quarante-quatre ». ↑ Françoise GuĂ©got dir., Pose de la 1re pierre du LycĂ©e REY Ă  Bois-Guillaume », sur Françoise GuĂ©got, 23 mars 2011 consultĂ© le 6 aoĂ»t 2022. ↑ a et b Baudouin Eschapasse, Les biens de Dieu Inventaire. L'emprise de l'Eglise dĂ©cline », sur Le Point, Paris, 10 mars 2011 ISSN 0242-6005, e-ISSN 2271-0744, consultĂ© le 7 aoĂ»t 2022. ↑ Benoit Leclerc dir., Rouen Les anciens locaux de l’Institution Rey ont disparu », sur Tendance Ouest, Saint-LĂŽ, 6 avril 2012 consultĂ© le 7 aoĂ»t 2022. ↑ [vidĂ©o] Richard Plumet, Rouen inquiĂ©tude devant la gare aprĂšs l’apparition de fissures sur la façade de l’HĂŽtel de Dieppe », sur France 3 Normandie, 15 fĂ©vrier 2013 consultĂ© le 7 aoĂ»t 2022. ↑ a et b Simon Louvet, AprĂšs sept ans de fermeture, la rue Verte va rouvrir Ă  Rouen Ce sera du provisoire dĂ©finitif » », sur Rennes, 25 mars 2019 consultĂ© le 7 aoĂ»t 2022. ↑ [vidĂ©o] CD, Rouen source Gaalor, la galĂšre des riverains », sur France 3 Normandie, Rouen, 18 fĂ©vrier 2015 consultĂ© le 7 aoĂ»t 2022. ↑ Richard Plumet, Rouen la colĂšre des riverains du chantier Bouygues de la rue Verte », sur France 3 Normandie, Rouen, 13 octobre 2013 consultĂ© le 7 aoĂ»t 2022. ↑ [vidĂ©o] Manon Loubet, Entrez dans les coulisses de la pittoresque maison Marrou, prĂšs de la gare de Rouen », sur Rennes, 26 juin 2021 consultĂ© le 7 aoĂ»t 2022. ↑ a et b JĂ©rĂŽme Decoux, Une copie originale la crĂ©ation architecturale mĂ©diĂ©vale rouennaise Ă  la fin du XIXe siĂšcle », Études Normandes, Rouen, Presses universitaires de Rouen et du Havre, vol. 62, no 2,‎ 2013, p. 7-8 ISBN 9780733426094, DOI lire en ligne, consultĂ© le 7 aoĂ»t 2022. ↑ a b et c Marie-HĂ©lĂšne Lemoine et Emmanuel Luis, Les centres de documentation du patrimoine des Directions rĂ©gionales des Affaires culturelles en Normandie », Études Normandes, Rouen, Presses universitaires de Rouen et du Havre, vol. 50, no 1,‎ 2001, p. 70–73 ISBN 9780733426094, DOI lire en ligne, consultĂ© le 7 aoĂ»t 2022. ↑ a et b LoĂŻc Vadelorge prĂ©f. Jean-Pierre Chaline, Rouen sous la IIIe RĂ©publique politiques et pratiques culturelles, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. Histoire », 2005, 449 p. ISBN 978-2-7535-2581-8 et 2-7535-2581-1, EAN 9782753500358, OCLC 643937442, DOI lire en ligne, partie I, chap. 3 Les autres modes de prise en charge de la culture la culture comme enjeu Ă©conomique », p. 171-172. ↑ 29, rue Verte sur Google Street View. Voir aussi Bibliographie NicĂ©tas PĂ©riaux, Dictionnaire indicateur et historique des rues et places de Rouen revue de ses monuments et de ses Ă©tablissements publics reprod. en fac-sim. de l'Ă©d. A. Le Brument, 1870, Brionne, Impr. le Portulan, 1972 rĂ©impr. 1876, XXXI-693 p., 21 cm OCLC 800255. Articles connexes Rouen Canton de Rouen-1 DerniĂšre mise Ă  jour du contenu le 11/08/2022. 3Place Du 19 Avril 1944 76000 Rouen. Administration d'immeubles et autres biens immobiliers (6832A) NumĂ©ro 00039. Enseigne FermĂ© en 12/2021. Adresse / Activit Ă© 3 Place Du 19 Avril 1944 76000 Rouen Administration d'immeubles et autres biens immobiliers (6832A) 00054: FermĂ© en 03/2019: 22 Place Saint Marc 76000 Rouen. Location de terrains et d'autres biens immobiliers ï»żA la veille du DĂ©barquement de Normandie, les alliĂ©s bombardent les infrastructures pouvant servir aux Allemands. Le 30 mai 1944, Ă  Rouen, dĂ©bute la "semaine rouge". RĂ©cit. Par Thierry Chion PubliĂ© le 18 Mai 14 Ă  739 Au cours de la nuit du 18 au 19 avril 1944, un bombardier alliĂ© a bombardĂ© le centre de Rouen suite Ă  une erreur de marqueur. Ici, le palais de justice. Photo Part.Il y a 70 ans, deux gros bombardements ont secouĂ© Rouen et son agglomĂ©ration Ă  la veille du DĂ©barquement, Ă  commencer par celui du 30 mai 1944 qui marquait le dĂ©but de la semaine rouge ». Jusqu’au 4 juin 1944, les appareils alliĂ©s allaient faire de frĂ©quentes incursions dans le ciel de Rouen afin de bombarder les ponts qui enjambaient la ce 30 mai 1944, les victimes sont nombreuses. Des bombardiers moyens amĂ©ricains lĂąchent leurs bombes sur Rouen. C’est ainsi que toute la partie occidentale de l’HĂŽtel des Douanes se trouve dĂ©truite. De nombreuses personnes qui avaient trouvĂ© refuge dans l’abri situĂ© sous ce bĂątiment se trouvent bloquĂ©es, ensevelies sous les dĂ©combres. Elles ne savaient pas qu’elles allaient ĂȘtre condamnĂ©es Ă  une mort atroce. Le lendemain, lors de nouveaux bombardements, les conduites d’eau qui passent Ă  proximitĂ© de l’HĂŽtel des Douanes cĂšdent. Les rĂ©fugiĂ©s se trouvant dans l’abri y pĂ©rissent finalement noyĂ©es. Ce bĂątiment avait Ă©tĂ© construit en 1836, entre les rues Haranguerie disparue aujourd’hui et de la VicomtĂ©. La porte de l’HĂŽtel des Douanes sera dĂ©montĂ©e et replacĂ©e, en 1948, sur le pignon ouest de la Halle aux Toiles. L'HĂŽtel des douanes, aprĂšs le 30 mai 1944. Photo Part.Au cours de la nuit du 18 au 19 avril 1944, l’agglomĂ©ration de Rouen avait Ă©galement connu un important nuit du 19 avril 1944Le 18 avril 1944 au soir, 273 bombardiers de type Lancaster dĂ©collent d’Angleterre Ă  destination de l’agglomĂ©ration rouennaise. Objectif la gare de triage de Sotteville-lĂšs-Rouen. Chaque avion transportait 16 bombes reprĂ©sentant un poids total de 7 tonnes, organisĂ© de la sorte 12 bombes de 500 kilos et quatre de 250 kilos par appareil. Ainsi, de 0h10 Ă  0h58, ce sont 1911 tonnes d’explosifs rĂ©partis en 4368 bombes qui doivent s’abattre sur le nƓud ferroviaire de trĂšs touchĂ©eLa majeure partie de cette charge tombe sur Sotteville, ruinant une partie de la ville, mais n’endommageant pas autant qu’il l’aurait fallu les installations au sol pouvant servir aux troupes allemandes. Le but des raids menĂ©s dans le nord-ouest de la France Ă©tait de dĂ©truire les gares de triage afin de retarder l’arrivĂ©e des renforts allemands lorsque le dĂ©barquement aura lieu. Toutes les bombes ne se dĂ©tachaient pas au premier coup. Les bombardiers volaient ensuite soutes ouvertes afin que les projectiles encore accrochĂ©s puissent tomber quand le systĂšme d’attache cĂšdera. C’est ainsi que plusieurs bombes sont tombĂ©es sur le centre de Rouen car le chemin du retour faisait ensuite passer les avions au-dessus de la ville. Des bombes isolĂ©es s’abattent rue Eau de Robec, rue du Vieux palais, d’autres plus groupĂ©es dĂ©truisent le quartier des des CarmesLa rue des Carmes semble avoir Ă©tĂ© dĂ©truite par les bombes tombant d’un appareil appartenant vraisemblablement Ă  un escadron australien de la RAF. L’avion en question ne parvient pas Ă  dĂ©crocher ses bombes lors de son passage au-dessus de l’objectif. Le pilote fait alors un tour au-dessus d’Oissel, Saint-Étienne-du-Rouvray et revient vers sa cible, se fiant aux marqueurs verts et rouges devant baliser la zone de bombardement. Suite Ă  une erreur de largage, des marqueurs verts et rouges, le bombardier a lĂąchĂ© la charge qu’il transportait sur Rouen, Ă  0h58. La ruine du quartier des Carmes serait donc due Ă  une double erreur matĂ©rielle dans un premier temps et de marquage dans un second de propagande prononcĂ© par Philippe Henriot au lendemain des bombardements en ce moment sur ActuLe risque Ă©tait connuLe risque de dĂ©bordements et de dĂ©gĂąts occasionnĂ©s autour de l’objectif Ă©tait connu. En tĂ©moigne l’ordre de mission, signĂ© de la main de l’Air commodore commandant le 3e groupe de est particuliĂšrement stressant pour les Ă©quipages de savoir que la portion de voie ferrĂ©e qui est la cible de ce soir est petite et est entourĂ©e de zone construite. Le bombardement le plus prĂ©cis est donc requis ».Selon un exemplaire du Journal de Rouen paru dans la foulĂ©e de ces Ă©vĂ©nements, les premiĂšres estimations faisaient Ă©tat de 250 morts Ă  Rouen et de plus de 500 Ă  lireDe Daniel Rose, avec le concours de Paul Le TrĂ©vier, Ce qui s’est vraiment passĂ© le 19 avril 1944, Ă©ditions Comever. 176 pages. 22 euros Cet article vous a Ă©tĂ© utile ? Sachez que vous pouvez suivre 76actu dans l’espace Mon Actu . En un clic, aprĂšs inscription, vous y retrouverez toute l’actualitĂ© de vos villes et marques favorites. wGbdEj.